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Novecento : pianiste mise en scène Laurent Orry

Publié le 17 juillet 2021 par Mlascene
Au Théâtre du Grand Pavois, Laurent Orry livre une interprétation brûlante dans " Novecento : pianiste ", le texte d'Alessandro Baricco. Le comédien, animé par une énergie vitale, captive de bout en bout.

" Novecento " est le nom abrégé du personnage central du récit. Son histoire est unique. Le XXe siècle débute. Un flamboyant paquebot de croisière, le Virginian, effectue la traversée transatlantique régulière entre Southampton et New York. Un jour, sur le piano de la grande salle de réception, un nourrisson est trouvé. Ses parents, des migrants dont on ignore tout, si ce n'est leur pauvreté, l'ont abandonné avant leur arrivée au port. L'enfant n'a pas de nom, pas d'identité. Un homme d'équipage le trouve. Persuadé que l'enfant lui est destiné, David Boodmann le prend sous son aile protectrice et lui donne un nom : " Danny Boodmann T.D. Lemon, Novecento " Novecento, en l'honneur de " la première année de ce foutu nouveau siècle " .

Novecento ne peut quitter le navire. A l'extérieur, il n'a pas d'existence officielle. Et, la peur du dehors le tétanise au point de ne pas pouvoir descendre la passerelle pour atteindre la terre ferme. Sur le navire, en revanche, il devient un fabuleux pianiste, dont la dextérité et le talent ne peuvent être égalés. Il jongle avec les quatre-vingt-huit touches de l'instrument sans " Tim Tooney, jamais un regard pour ses mains ". Relevant le duel que lui impose l'inventeur du Jazz, Jerry Roll Morton, Novecento le ridiculise par l'explosive virtuosité de son interprétation. Novecento est une légende. Et le restera jusqu'à sa mort à l'âge de trente quatre ans. Cette histoire gardienne d'espoir, qui aurait pu être ouverte à d'autres possibles, c'est son meilleur ami, qui nous la transmet.

ncarne Tim Tooney, ce passeur d'histoire. Témoin du génie de son meilleur ami, il ne se remet pas de sa mort et de la perte de sa musique qui n'a pu franchir l'enceinte du paquebot. Musicien lui-même, trompettiste, cet homme désabusé, raconte dans un monologue passionné et fiévreux ce que fut son ami. Il y a dans ce récit une énergie tragique, celle du désespoir. . Le comédien n'a eu de cesse d'attendre qu' Laurent Orry i Laurent Orry dit " avoir été touché au coeur " et " avoir été traversé par les émotions, le rire, les larmes " , quand il a lu spontanément à voix haute le texte d' Alessandro BariccoAndré Dussolier en débloque les droits pour pouvoir le porter sur scène. Le porter sur scène, sans adaptation, dans sa version originale, nue et magnifique.

Seul sur scène, pendant heure quinze, sans autre accessoire qu'une caisse en bois, Tim Tooney, musicien désillusionné mais conteur prodigieux dès qu'il s'agit de de raconter l'histoire de Novecento. Laurent Orry animé par une énergie vitale, captive. Une vitalité féroce irrigue son jeu. Il s'empare du texte et ne le lâche à aucun moment. Le comédien incarne avec flamme, humour, désespoir et joie, le personnage de Laurent Orry dit être à chaque fois surpris par la nécessité de jouer le texte sur le plateau. L'énergie de vie et de survie est telle que le spectateur, tout entier absorbé par le miroir qui lui est tendu, plonge avec le comédien dans ce qui semble avoir été réellement vécu.

Bouleversant et puissant, le jeu de Laurent Orry dans Novecento : pianiste est à découvrir au Théâtre du Grand Pavois.

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