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La mort de Rémy Sarlat

Publié le 18 août 2008 par Amaury Watremez @AmauryWat

Un jeune homme, souffrant d'une maladie dégénérative incurable, s'est donné la mort il y a quelques jours ne pouvant supporter ses souffrances. Son cas ne se règle pas en quelques formules, deux ou trois phrases martiales contre l'un ou l'autre. C'est cependant symptômatique du fait que dans notre monde on ne supporte plus la souffrance, ou la mort, que d'ailleurs le système contribue à entretenir en favorisant l'égoïsme et l'hyper-individualisme, notre société ne pratique quotidiennement ni la compassion, ni la somains_moins_lourdes.giflidarité, ni l'entraide (à quelques exceptions). C'est également dû à l'infantilisation ahurissante des populations que l'on pousse à se comporter en adolescents tout au long de leur vie. Bien sûr, il ne s'agit pas de ne pas soulager la souffrance, de la contempler sans compassion ni pitié, en laissant faire. Il faut dire aussi es choses clairement alors pour les promoteurs d'une loi sur le suicide dit assisté ou l'euthanasie : quand on souffre trop, quand on monopolise trop d'énergie de notre entourage, on doit disparaître ? Un corps qui ne fonctionne plus, c'est comme une machine obsolète. Dans ce cas, pourquoi enterrer les morts voire même garder leurs cendres dans des vases si on ne croit en rien. Pourquoi autoriser les vieilles personnes de continuer à vivre dans ce cas ?

Ensuite, les promoteurs d'une telle loi s'en prennent encore et toujours aux catholiques qui représentent, je le rappelle, 3 ou 4% de la population pour ceux qui pratiquent et vivent selon les recommandations de l'Église, donc, en quoi ont-ils une influence ? Ce n'est pas grave, ils s'en prennent encore plein la figure pour pas un rond. Un incroyant ne peut pas comprendre le point de vue la foi sur la question de la mort, en effet, quand on ne croit pas en Dieu, après la mort il n'y a plus rien, même si d'aucuns, on ne sait jamais, demandent quand même une messe d'enterrement ou du moins une bénédiction. Quand on croit en Dieu, la mort n'est pas la fin. Depuis déjà plusieurs siècles en plus, les chrétiens, loin d'être indifférents à la souffrance, aident à la soulager et non à la contempler d'un "oeil mauvais". Bien sûr, il y a des progrès, comme l'accompagnement à la grossesse et à l'enfantement qui ne se fait plus obligatoirement "dans le douleur". Rappelons aussi que la société "de progrès" et positiviste du XIXème siècle ne prévoyait rien quant à soulager la douleur des malades ou des indigents. On sait aussi que depuis longtemps dans les hôpitaux, les médecins aident parfois un malade à partir de manière discrète ou pas. Parfois même les infirmières le font sans leur demander leur avis.

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Dans les cas médiatisés depuis quelques années, un médecin du centre de Berck où se trouvait Vincent Humbert l'a dit, peu avant le dernier moment il ne voulait pas mourir. Pour les deux autres cas, dont je respecte infiniment les souffrances physiques et morales, Chantal Sébire et Rémy Sarlat, je vais être plus provocateur que d'autres : leurs discours à tous les deux sur le fait que leurs morts devraient  servir d'exemples pour une loi à venir sur l'euthanasie m'apparaissent d'un narcissisme sans commune mesure. Je me tue mais le monde change après moi, comme d'autres pensent qu'à leur mort le monde s'arrêtera de tourner. Enfin, l'euthanasie est somme toute logique dans une société hyper-matérialiste, le corps étant marchandisé, réfié, on ne peut que le considèrer que comme une mécanique qui doit être performante. Dans les pays où l'euthanasie est légale, comme dans ceux où elle ne l'est pas, quand on "débranche" un malade, car on n'utilise pas de morphine (ça coûte cher !) la personne met trois jours à mourir de faim, de soif, et d'essouflement. Cela, c'est le réel.


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