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The 4400 - 4.03 - Audrey Parker's Come and Gone

Publié le 05 juillet 2007 par Heather

Un épisode moyen, donc finalement classique, qui malheureusement continue de dériver vers la mystique pseudo-religieuse, présentant son twist final comme "le commencement" de cette ère religieuse. J'ignore si je suis un cas isolé, mais j'ai une terrible envie de zapper dès lors que les mots "salvation" et "god" sont prononcés... Finalement, je m'interroge : est-ce que ce ne sera pas cet aspect qui réussira à me faire abandonner la série, au-delà des sauts chroniques dans la qualité. 

Commençons par le "freak of the week", dont l'intrigue en elle-même apparaît convenue, mais c'est le personnage d'Audrey qui surprend. Dame âgée, vivant seule, elle s'est injectée une dose de promicine. Depuis, elle peut se déplacer en ville grâce à une sorte de projection astrale, tandis que son corps reste chez elle, endormi. Le NTAC commence à enquêter sur elle en recherchant une mystérieuse blogueuse qui raconte son expérience et ses pouvoirs issus de la promicine. Remontant peu à peu la piste informatique, Diana et Tom identifient Audrey. Mais lorsqu'ils viennent l'arrêter (prendre de la promicine est illégale), cette dernière vient de mourir d'une overdose. Suicide, accident ou meurtre ? Cependant, sa projection astrale était en dehors de son corps lors du décès, par conséquent, elle continue de se promener parmi nous, même si le signal va en s'affaiblissant. Dans la droite ligne des histoires de fantômes, Audrey guide les inspecteurs sur la piste de son meurtrier. L'enquête en elle-même est très classique, et la première scène de l'épisode, présentant le fils de l'infirmière râlant tandis que sa mère met le collier à Audrey, ne contribue pas à rendre plus subtile l'ensemble. Mais en revanche, là où cette storyline surprend agréable, c'est en nous faisant nous attacher en un cours épisode au personnage d'Audrey. Cette rafraîchissante vieille femme, qui a passé les époques "sans se compromettre", apparaît toujours dans l'air du temps, rafraîchissante. Grâce à sa personnalité, elle provoque les bonnes questions sur la politique menée par le gouvernement à l'égard de la promicine. Les mesures liberticide prises au nom de la sécurité. "Celui qui sacrifie la liberté au nom de la sécurité n'aura ni l'un ni l'autre", c'est une phrase qui a une consonance très actuelle. On pense à un Patriot Act renforcé quand Diana et Tom se rendent à la bibliothèque. Audrey se révèle plus qu'un habituel "freak of the week" qui retomberait immédiatement dans l'anonymat. Cela est illustré également par la façon dont elle touche Diana, qui, inconsciemment, s'identifie quelque peu à elle. Même si elle n'a pas sa solitude, puisque son compagnon et Maia rentrent d'Espagne, se languissant de sa compagnie.

Dans le même temps, Shawn prouve qu'il s'est désormais complètement émancipé des diverses influences de ces dernières saisons. Il prend des initiatives seul, et apparaît décidé : il souhaite ré-ouvrir le Centre des 4400 pour pouvoir guérir à nouveau. Alors qu'utiliser ses pouvoirs, même pour un 4400, est interdit par la loi. Pour lui, il s'agit de rappeler aux gens que les pouvoirs ne sont pas tous mauvais. Qu'aux drames qu'ils peuvent entendre aux informations répondent également des choses positives. C'est très idéaliste, mais Shawn semble ne pas vouloir se compromettre à nouveau en politique, voulant rester neutre et se concentrer sur son pouvoir de guérir. Mais est-ce réellement tenable dans le contexte passionnel et tendu du moment ? C'est aussi la question de la place des 4400 dans un monde de promicine qui est posée. Cependant, pour cet épisode, Shawn réussit son épreuve de force. Les forces d'intervention tentent bien d'empêcher l'ouverture, et même de l'arrêter, mais sous la pression d'une foule qui pense avant tout à la guérison et ne voit rien de mal dans les pouvoirs de Shawn, ils doivent reculer. Ils sont aidés par Tom, en ce moment régulièrement en accord avec Shawn, qui intervient en faveur de son neveu. Et surtout, paradoxalement, ce qu'on avait deviné à l'épisode précédent a lieu : Megan conduit son père à Shawn à la fin de l'épisode. Ses supérieurs lui avaient strictement interdit, car la directrice du NTAC est supposée donner l'exemple...

Parallèlement, Kyle poursuit son "initiation" avec l'émanation de son pouvoir. Mon problème avec cette storyline a déjà été évoqué plus haut : je n'apprécie pas le fait que les scénaristes délaissent les plans machiavéliques des hommes du futur -traditionnellement à blamer- pour nous imposer un pseudo culte religieux, où toutes les phrases prononcées sont parsemées de "destinée", "god", "salvation" ou "shaman". Je n'aime pas du tout ce pan du scénario. Le caractère ultra convenu de la storyline de Kyle ne facilite pas les choses. Or, tout est supposé commencer à la fin de cet épisode, marquant le début des prédictions du fameux livre. Kyle se rend, comme l'émanation lui a indiqué, à un carrefour où soudain la voiture de deux jeunes passablement éméchés vient provoquer un accident. Un fourgon de transport est notamment englouti. A l'intérieur, tout le monde apparaît K-O, sauf une prisonnière en tenue orange qui se défait prestement de ses chaînes : Isabelle... Chic (sic).

Bilan : L'ensemble est moyen. Cela manque de rythme. La trame principale amène à s'interroger sur la politique actuelle du gouvernement, les "persécutions" en quelque sorte de tous ceux qui ont des habilités... Ce n'est pas une mauvaise idée, j'aime bien qu'on s'arrête sur cet aspect. Mais il faudrait savoir être plus subtile et moins prévisible dans l'écriture des scénarios -même si je sais que c'est une carence constante de la série, donc ce reproche est sans doute un peu facile.


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