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Équipe de France : cela ne peut plus durer

Publié le 11 novembre 2023 par Francky
Équipe de France : cela ne peut plus durerÉliminée de la phase finale de la Billie Jean King Cup dès les matches de poules et absente de la même compétition en catégorie Junior, la France a surtout montré, au-delà de ses incurables lacunes, qu'elle avait atteint la fin d'un cycle exploité jusqu'à l'usure. Maintenant que la maison s'est effondrée vient le temps de la remise en question, ainsi que la nécessité de faire des choix radicaux qui passent obligatoirement par un changement de capitanat et une rénovation complète de l'effectif, autrement dit, le remplacement de toutes les joueuses actuelles qui n'ont plus rien à apporter à l'équipe.
En battant une vieillissante Allemagne dans une série qui comptait pour du beurre, la France a évité de justesse le zéro pointé en repartant de Séville, théâtre de la phase finale de la Billie Jean King Cup 2023. Auparavant, la défaite contre l'Italie, qui condamnait déjà les françaises à attendre un miracle, avait, comme on s'y attendait, révélé les faiblesses que l'on connaissait déjà chez chacune. Entre une Caroline Garcia incapable de retrouver la constance, la confiance et la sérénité qui avaient fait sa force en 2022, une Alizé Cornet physiquement inapte à tenir la distance et dont la tâche était rendue encore plus infaisable face au foudre de guerre qu'est l'italienne Martina Trevisan, une Clara Burel intermittente du tennis et une Kristina Mladenovic au fond du gouffre depuis un certain temps, il n'y avait pas grand chose à espérer dans ce tournoi, même pour les plus optimistes d'entre nous qui pensions qu'une victoire contre l'Italie était possible, les françaises ayant souvent su se transcender quand l'honneur du drapeau tricolore en dépendait. Mais, il n'en a rien été. Les sourires avaient beau être de circonstance lors d'une Marseillaise reprise en chœur avec la nouvelle arrivante Varvara Gracheva, qui enregistrait sa première sélection depuis qu'elle avait obtenu la nationalité française, c'était pour mieux cacher le désarroi d'une équipe en proie aux difficultés rencontrées lorsque l'édifice se fissure de partout et que les dites fissures ne sont que grossièrement colmatées pour faire bonne impression. L'équipe de France est arrivée au bout de son voyage. L'euphorie de 2019, année de la dernière victoire contre l'invincible Australie d'Ashleigh Barty, Ajla Tomljanovic et Sam Stosur, est déjà loin, rangée au rayon des vieux souvenirs qui prennent la poussière. Quatre ans plus tard, c'est quasiment la même équipe victorieuse à Perth qui se présentait à Séville. En 2019, Julien Benneteau, qui commençait alors son capitanat, avait su insuffler une âme à cette belle équipe. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, si bien que, c'est une équipe sans âme, sans véritable objectif, sans même quelque chose à quoi se raccrocher, qui est arrivée en Andalousie. Le cuisant échec sévillan a mis en évidence les problèmes qui existaient déjà. Mais, il a surtout confirmé que les choses ne pouvaient pas continuer ainsi et que des changements profonds s'imposaient si la France voulait de nouveau s'élever vers un défi qui soit à la mesure de ses ambitions. Il est évident que Benneteau ne pourra plus rien apporter à l'équipe en tant que capitaine tant l'impasse dans laquelle il se trouve est devenue insurmontable. Il faudrait alors un nouveau commandant à bord du navire, un homme ou une femme qui fasse preuve de suffisamment d'audace pour bâtir un nouvel effectif qui remplacerait l'actuel. Si ce futur ou cette future capitaine existe, un long travail de reconstruction, sans doute éreintant mais nécessaire, débuterait. Mais alors, qui pourrait intégrer l'équipe ?Pour cela, partons d'une solution radicale et absolue qui consisterait à remplacer toutes les joueuses cadres de la formation tricolore. Puisque la relève tarde à éclore chez nos juniors, bien que certaines d'entre elles aient du potentiel, il faut aller chercher du côté du circuit ITF où nous avons des françaises aguerries, forgées à la dureté du circuit secondaire et même capables de gagner des tournois. Revenue sur le devant de la scène après une année 2022 sans titre, Océane Dodin, victorieuse de quatre tournois sur l'année en cours (Monastir, Andrézieux-Bouthéon, Grenoble et Nantes), frappe de nouveau aux portes du top 100. Dotée d'une forte personnalité et ambitieuse dans les objectifs qu'elle se fixe, l'ex-46e mondiale, âgée de vingt-sept ans et déjà sélectionnée par le passé pour disputer la Fed Cup, constituerait une pièce maîtresse, un axe autour duquel s'articuler,  pour un ou une capitaine qui aurait la volonté de mettre en place une nouvelle équipe, la lilloise ayant en plus un solide bagage en WTA qui ne serait pas de trop pour porter ses coéquipières vers l'avant. À côté d'elle, une joueuse comme Jessika Ponchet serait le point d'encrage idéal, d'autant plus que la native de Bayonne est de la même génération que Dodin. Lauréate de deux titres en 2022, plus deux autres cette année, dont un acquis à Poitiers (80000 dollars) le mois dernier à l'issue d'une finale âprement disputée contre l'expérimentée allemande Anna-Lena Friedsam, dans ce qui est à ce jour son titre le plus important, Ponchet s'est mise dans un rythme qui lui permet d'entrevoir le top 100 pour la première fois de sa carrière. Elle aurait par conséquent de quoi s'exprimer en intégrant un cursus collectif. Le travail d'équipe pourrait aussi convenir à Carole Monnet. Bien qu'encore jeune (vingt-et-un ans), la française née en Ukraine est très active sur le circuit ITF, multipliant les déplacements aux quatre coins du monde afin de s'imprégner de la rudesse du World Tennis Tour. Elle a montré à maintes reprises qu'elle était capable d'aller loin dans les tournois les plus difficiles, comme à Santo Domingo, en République Dominicaine, où elle s'est brillamment imposée, ou à Figueira Da Foz (100000 dollars), au Portugal, où elle a atteint la finale l'été dernier. Pensionnaire du top 200 depuis peu, Alice Robbe est aussi de ces joueuses qui aiment se fixer des objectifs. La normande de vingt-trois ans n'a pas toujours été heureuse cette année, notamment dans sa région natale où elle était battue le mois dernier en finale du tournoi de Cherbourg-en-Cotentin. Mais justement, une intégration en équipe de France ne serait-elle pas une opportunité pour elle de trouver la sérénité dont elle est en quête ? Avec les qualités techniques qu'elle possède, elle aurait sans doute tout à y gagner. Enfin, il faudrait un cinquième élément pour compléter l'effectif. Le nom de Selena Janicijevic nous vient à l'esprit et semble somme toute logique au vu des avancées que la nogentaise a réalisées ces derniers mois. Sa percée remarquable à l'Open d'Australie cette année, où elle parvenue à sortir des qualifications, ses deux tournois remportés sur le circuit ITF, plus les cinq de 2022, tout ça à vingt-et-un ans, constituent des éléments à prendre en considération. Voici donc à quoi pourrait éventuellement ressembler la nouvelle équipe de France féminine. Alors oui, les débats sont ouverts. On pourra dire, à juste titre,  que cela a moins d'allure que l'équipe précédente, qu'il risque d'y avoir quelques roustes face aux grosses cylindrées européennes et mondiales avant que la sauce ne prenne, c'est certain. Cependant, la patience étant le maître mot quand il s'agit de repartir de zéro en bâtissant une nouvelle équipe, tout type de modèle doit trouver sa convenance. Si l'on considérait par exemple que l'expérience devait primer sur la jeunesse, Harmony Tan, Amadine Hesse ou Audrey Albie pourraient apporter leur petite touche personnelle. En revanche, si l'on optait pour une approche contraire qui consisterait à rajeunir l'effectif, comme le font déjà certaines nations comme la Suisse, la République Tchèque ou le Canada, on se tournerait alors vers Elsa Jacquemot, Margaux Rouvroy, Lois Boisson ou Manon Leonard. Pourquoi pas vers Sarah Iliev, Jenny Lim, Yaroslava Bartashevich, Daphnée Mpetshi Perricard ou Ksenia Efremova (née russe et naturalisée française en juin dernier) si l'on désirait vraiment bâtir quelque chose sur du long terme. Soyons réalistes, ce travail, comme énoncé plus haut, s'annonce pénible, douloureux et semé d'embûches. Mais, si nous voulons obtenir du concret, quitte à passer du temps dans les divisions inférieures, ces travaux colossaux doivent commencer dès maintenant. 

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