Magazine Régions du monde

Voyage en Iran, avril 2008

Publié le 30 avril 2008 par Xlsv

Partis le 18 avril 2008, rentrés le 29, et déjà une envie irrépressible de faire découvrir ce magnifique pays et sa population attachante. Des paysages superbes, une architecture qui l'est tout autant, de multiples rencontres plus que sympathiques, un régime terrible qui, espérons le, sera bientôt balayé par un peuple qui ne le supporte plus, dans sa très grande majorité.

Arrivée le vendredi 18 avril 2008, le soir très tard, à Téhéran. Nous ne sommes restés que 24h dans cette ville, bruyante et polluée: samedi, visite du jardin du Palais des Roses, ou "Golestan"

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, et du musée des joyaux de la couronne (photos interdites). Au cours de la visite du Golestan, première (et heureusement unique) expérience un peu désagréable: un homme en civil m'a demandé de lui passer mon guide. Je lui indique quelle page consulter pour le Palais des Roses, il me fait comprendre de façon peu aimable qu'il n'en a rien à faire: il s'est contenté de regarder très rapidement le contenu de mon guide afin de vérifier (je suppose) qu'il ne contenait aucune image interdite, puis me l'a rendu et est reparti. Cela m'a semblé d'autant plus étonnant que je venais tout juste de noter, un peu surpris, qu'à l'intérieur du Palais subsistaient quatre peintures ayant échappé à la pudibonderie dévastatrice des mollahs, et montrant des femmes aux formes généreuses.
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L'après-midi nous sommes allés voir le musée des joyaux de la couronne: impressionnante succession de vitrines surchargées de pierres précieuses, de diamants, dont le plus gros, le "Mer de Lumière" fait 182 carats.

Départ le samedi soir en avion pour Shiraz. J'ai parlé un bon moment avec un iranien, durant le vol, des visions respectives Occident/Iran... C'était assez amusant de constater que la manipulation médiatique et les a priori grossiers existent de part et d'autre (d'après lui, nombreux sont les Iraniens qui croient que les femmes occidentales se promènent nues dès qu'il fait chaud; quant à moi, je n'ai pas osé lui dire tout ce que mes concitoyens pouvaient avoir emmagasiné comme clichés sur son pays...)

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Dimanche 20/04/08

Après le tumulte de Téhéran, Shiraz paraît bien provinciale et calme. La citadelle de Karim Khan, du XVIIIe siècle, est parfaitement conservée, et l'une de ses quatre tours crénelées fait immédiatement penser à une autre tour célèbre, tout aussi penchée. Son jardin intérieur, contrairement à ce qui est indiqué dans certains guides, vaut le détour. Parmi les autres sites intéressants à voir à Shiraz, ne pas manquer la moquée du Régent (Masjed-é Vakil), de la fin du XVIIIe siècle et sa superbe salle des colonnes, dans laquelle trône un imposant escalier monolithe d'albâtre.

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Juste à côté de la mosquée, le grand bazar du Régent vaut également son 

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pesant d'épices,
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et l'on y rencontre des gens sympathiques.
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Lundi 21/04

Le lendemain matin, à partir de Shiraz, nous avons loué un taxi pour nous rendre sur le site de Persépolis (65 km, en direction nord-est), érigée vers la fin du VIe siècle avant J.-C. par Darius Ier, qui en fit sa capitale. Des bas-reliefs sculptés sur une pierre extrêmement dure sont présents en grand nombre partout sur le site, et offrent une iconographie d'une qualité remarquable. Thème récurrent: le cortège des tribus soumises venant verser leur tribut aux souverains perses.

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Ici, comme en Syrie, dès que vous sortez un appareil photo et qu'un gosse vous demande de le photographier, l'ensemble de la classe arrive en trombe, et c'est à celui qui sera devant!
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Après Persépolis, nous nous rendons sur le site des tombeaux de Naqsh-e Rostam (Darius Ier, Artaxerxès Ier, Xerxès Ier et Darius II, enfin il semble que ce soit cela, mais tous les historiens ne sont pas d'accord): les tombes sont

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ouvertes car, dans le culte zoroastrien (religion avant la conquête arabe au VIIe siècle), les vautours devaient entièrement nettoyer les ossements.

L'après-midi, après une sieste à notre hôtel (nous avons eu très chaud sur le site de Persépolis), visite d'un lieu où les Iraniens viennent encore nombreux, plus de six siècles après sa mort, se recueillir: il s'agit du tombeau du grand poète persan Hafez; amoureux de la poésie, ils caressent religieusement de la main sa pierre tombale, le plus souvent en récitant ses vers.

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On voit ici Hamid, jeune Téhéranais rencontré dans la salle de billard de notre hôtel la veille. Lui ayant dit que je souhaitais acheter un dico français/persan, il s'est proposé de m'accompagner dans une librairie le lendemain, après son travail (il passait une semaine, en mission, à Shiraz et devait ensuite se rendre dans le sud du pays, dans le golfe persique): nous nous y sommes rendus, et à ma grande surprise, une fois trouvés les dicos en question (il faut en acheter deux, un français/persan, l'autre persan/ français!) il les prend et les paie. Je refuse naturellement, mais rien à faire, je me heurte à cette tradition persane du Taqof (prononcer Tarof, avec ce "r" guttural équivalent au "ch" allemand de achtung) qui veut que les invités ne déboursent pas un toman... Je l'invite le soir au resto.

Mardi 22/04

Ce matin, visite du magnifique jardin Bagh-e Eram (jardin du Paradis) dans lequel se dresse un beau palais Qadjar du XIXe siècle.

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Le parc est beau et tranquille, l'entrée est néanmoins assez chère pour l'Iran (40.000 Rials, soit 3 euros, pour une fois le Lonely PLanet ne s'est pas trompé et a indiqué le bon prix, mais la plupart du temps toutes les visites indiquées à 40.000 rials coûtaient en réalité entre 2000 et 5000 rials). Certes, elle est chère, mais on y rencontre des princesses...
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Après ce jardin, nous en visitons un second, le Bagh-e Naranjestan: là encore, joli pavillon Qadjar de la fin du XIXe siècle, mais malheureusement les jeux d'eau sont en réparation ce jour-là: il fait chaud, nous aurions bien apprécié un peu de fraîcheur. Laurent s'assoit près d'un palmier pour lire tranquillement son guide, à l'ombre; surviennent deux jeunes filles qui engagent la conversation: nous observons la scène, Arnaud et moi, assis un peu plus loin à l'ombre d'un autre palmier: bientôt Laurent disparaît derrière une nuée de tchadors tout émoustillés de parler à un allochtone

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(la seule tête sans voile, c'est Laurent qui s'est vite relevé pour ne pas mourir piétiné!). Bientôt, quelques-unes s'aperçoivent que nous sommes esseulés, Arnaud et moi, et la nuée se déplace vers nous, précédée d'éclats de rire et de regards coquins. Quel étonnement pour nous qui pensions que les iraniennes étaient terrorisées à l'idée d'aborder un homme... (enfin, ne vous emballez pas trop tout de même, cela ne va pas très loin!). L'art des jardins est une tradition séculaire en Perse, et bien que l'on se trouve sur des plateaux désertiques, aussi bien à Shiraz qu'à Ispahan, l'eau est omniprésente.

L'après-midi, nous visitons la mosquée Nasir-ol-Molk. Là encore, le terme de raffinement vient immédiatement à l'esprit, au risque de finir par paraître un peu galvaudé tant il s'applique à chacune des mosquées visitées jusqu'alors (il en sera de même pour la suite): la mosquée date de la fin du XIXe siècle, la faïence bleue, l'iwan finement ciselé, les vitraux de la salle de prière

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sont un enchantement pour les yeux (cela dit, c'est un peu le but, Dieu est grand, il faut que ça se voit!).
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Dans cette salle de prière, peu fréquentée comme on peut le voir sur la photo, nous rencontrons un jeune couple (franco-suisse) qui effectue un périple étonnant, à vélo, en 14 mois: Tchad, Soudan, Somalie, Jordanie, Iran (j'ai dû en oublier!) et qui se délassent quelques instants dans cette ambiance propice au recueillement. Leur périple s'achevera en Inde, après qu'ils auront traversé l'Afghanistan et le Pakistan. Leur récit fourmille d'anecdotes plus étonnantes les unes que les autres, il n'y a pas de doute qu'ils rapporteront de leur épopée, outre des mollets d'acier, une quantité de souvenirs épiques rarement égalée (quand je pense que certains de nos amis nous ont qualifié d'aventuriers lorsque nous leur avons parlé de notre projet de visiter l'Iran, je me sens bien humble). Après leur avoir souhaité bon vent (quand ils l'ont dans le dos ils peuvent parcourir jusqu'à 130 km/jour, sinon cela tombe à 40), nous ressortons de la mosquée, après avoir également salué les charmants caissiers
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(qui mériteraient bien de prendre leur retraite, même si la vente de tickets n'est pas des plus épuisante vu le nombre de touristes!). 50 m plus loin, sur la droite au bas de quelques marches se trouve l'entrée d'une maison, non indiquée dans le Lonely Planet mais que ces charmantes personnes nous ont dit de voir (car faisant partie de la visite, c'est le même ensemble) à la décoration tout aussi somptueuse (style qadjar).
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En fin de journée, nous avons eu tellement chaud que nous nous mettons en quête de trouver une piscine. Le réceptionniste de notre hôtel nous recommande celle d'un autre hôtel situé à 10 mn à pied, et nous assure que nous pouvons y aller car c'est le jour pour les hommes. Trente-cinq minutes de marche sous le soleil plus tard nous arrivons audit hôtel, et l'on nous annonce qu'il faut attendre deux heures car, pour le moment, c'est l'heure des femmes... à moins que nous demandions la piscine pour une séance privée, au prix d'environ 60 € (j'ignore si, au cas où nous aurions accepté, ils auraient fait sortir ces dames du bassin, ou bien si la piscine était vide, quoi qu'il en soit nous les remercions et quittons le lieu). A peine sortis, un jeune homme nous aborde pour s'exercer un peu à l'anglais et, après lui avoir avoué que nous étions marris de ne pas avoir pu nager, il nous propose de nous emmener dans la piscine où il doit aller s'entraîner: coup de chance, nous n'aurions jamais trouvé cette piscine olympique où nous pouvons nager de façon plus sportive que dans la pataugeoire de l'hôtel. Ceci dit, l'eau avait à peu près la même t° qu'un bain de bébé, si bien qu'après trois longueurs nous nous sommes contentés de barboter.

Mercredi 23/04

Nous quittons Shiraz pour Ispahan. Nous avions réservé une voiture avec chauffeur pour nous y rendre (près de 500 km), et avions effectué la réservation en France: grosse erreur, elle nous a coûté 160€, alors que si nous nous en étions occupés sur place cela nous aurait coûté environ 60€! (de plus nous aurions pu choisir la voiture afin de pas devoir rouler le coffre ouvert: une seule valise de taille standard ne rentrait pas, or trois touristes= trois valises... il faut dire, à la décharge du chauffeur, que les stations service n'étant pas légion sur cette route, il avait installé un double réservoir qui prenait beaucoup de place dans son coffre).

Arrivés plus rapidement que prévu à Ispahan,  nous nous sommes immédiatement rendus sur la place de l'Imam (ou "place royale" pour les Isfahanis peu favorables au régime actuel) afin d'admirer les somptueuses mosquées aux dômes bleu turquoise. Cette place immense (la 2e plus grande au monde) fut conçue à l'origine pour que puissent s'y dérouler les tournois de polos: elle date de 1611, tout comme la grande mosquée de l'Imam (ou du Roi!) dotée d'un imposant portique d'entrée de près de trente mètres de haut, encadrée de deux minarets de 42 m:

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Sur la place nous avons rencontré quelques jeunes étudiants fort sympathiques que nous avons revus régulièrement au cours de nos quatre journées passées à Ispahan, et qui nous ont servis de guides: Mehrdad, Rachid, Mohamed. Ils nous ont emmenés dans un petit resto le soir même, déguster de la cuisine du cru pour un prix défiant toute concurrence (envion 12 € pour six personnes!),
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puis nous nous sommes rendus au "Si-o-se pol", le magnifique"pont 33" càd aux 33 arches, pour boire un thé au bord de l'eau (fraîcheur garantie, ne pas oublier de prendre sa petite laine!).
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Jeudi 24/04

A l'aube du second jour, impossible de dormir à partir de 05h. Je décide de me lever et d'aller sur la place de l'imam regarder le lever de soleil et prendre quelques photos. Voici les plus belles:

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La place était quasi déserte, à l'exception de quelques jeunes qui jouaient au foot (une passion là-bas, dès que vous dites que vous êtes français on vous parle de Zidane, Henri et Bartez!) et de quelques femmes vêtues de noir.

Ensuite, avec mes deux comparses cette fois, nous avons visité la splendide mosquée de l'imam (celle en photo juste au dessus des deux femmes en noir).

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Ses mosaïques de faïence bleue en font l'une des plus belles au monde d'après notre guide; nous n'avons pas à notre palmarès suffisamment de mosquées de cet acabit pour confirmer, mais assurément c'est une des plus belles que nous ayons vues, avec celle des Omeyades de Damas. Elle fut construite sous Shah Abbas Ier (dynastie séfévide) à partir de 1611, en seulement quatre années. L'on y remarque, même si ce n'est pas flagrant, une discrète asymétrie architecturale, sensée refléter l'humilité de l'homme devant Allah. La coupole est décorée de motifs floraux, de roses dorées, une pure merveille: on peut rester des heures à admirer la finesse des détails et la beauté du lieu (avec une exception notable toutefois, les poubelles pur style "XXIe siècle dérivés pétroliers" disséminées au quatre coins de la cour et qui jurent un peu sur les photos!)
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L'après-midi, l'étudiant rencontré la veille, Merhdad, me sert de guide pour une visite des lieux. Nous croisons quelques mollahs aux turbans de teintes différentes: les enturbanés de noir seraient les descendants de Mahomet, rien de moins. Quoi qu'il en soit de leur héritage génétique, ils ne sont pas plus sympathiques que ceux en blancs, hautains et fiers, conscients de leur rang et ne se mêlant pas à la plèbe.

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Ils ne sont pas vraiment appréciés de la population, du moins c'est ce qui ressortait des discussions que nous avons pu avoir avec nos amis. Je suis allé les voir et leur ai demandé, dans un persan plus qu'approximatif, si je pouvais les prendre en photo. L'un d'eux m'a répondu avec le sourire que je ferais mieux de parler anglais, ce que j'ai fait. Aucun problème pour les photos. Il m'a ensuite demandé d'où je venais, et lorsqu'il a su que j'étais français, m'a dit que notre président leur posait des problèmes. Ce à quoi j'ai répondu que c'était surtout le leur qui en posait au monde et que s'il arrêtait de menacer de rayer Israël de la carte l'Iran serait moins souvent pointé du doigt. Ca l'a visiblement agacé que quelqu'un lui parle avec franchise... Il faudrait pourtant qu'ils commencent à s'y habituer, car vu le peu d'attachement que leur porte la population aujourd'hui, cela risque, du moins je l'espère vivement, de chauffer pour leur matricule d'ici peu...
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(descendre de Mahomet, ça vous donne de l'importance, et un beau turban noir!).

Un peu plus loin, Arnaud croise une jeune fille qui semble s'intéresser de près à son chapeau (enfin, même si elle s'intéressait à autre chose, la pauvre n'aurait pas grand marge de manoeuvre...) Elle est ravissante, la rencontre se limite à quelques photos, avec le chapeau.

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Vendredi 25/04

Matinée consacrée à la visite de la magnifique mosquée du vendredi (Masjed-e djomé)

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dont la construction s'étale sur environ un millier d'années, du VIIIe au XVIIIe siècle. Ne surtout pas rater la petite salle de prière dans laquelle vous verrez un des plus beaux mihrab de tout le monde musulman, chef-d'œuvre de la sculpture en stuc (1310).
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Les coupoles sont impressionnantes, particulièrement pour ce qui est du génie architectural déployé pour passer d'un plan carré, au sol, à un dôme.
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Comme dans toute mosquée, des croyants font leur prière, mais aussi viennent à la rencontre des touristes pour leur raconter des anecdotes, probablement intéressantes pour qui maîtrise bien le persan.
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Un jeune papa se promène avec son fiston,
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et de jeunes appelés, chargés de la surveillance du lieu viennent également tuer le temps en venant nous parler. Fort heureusement, leur anglais est assez bon ce qui nous permet de deviser un moment. Deux ans de service militaire, c'est long, mais heureusement, dans un cadre comme celui-ci, où défilent touristes et, surtout, croyants, la tâche n'est pas trop éreintante.
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Nous traversons ensuite le bazar, pour rejoindre la place de l'imam: tout est fermé, à de rares échoppes près, car nous sommes vendredi.
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Dans l'après-midi, visite du quartier arménien de Jolfa, pour aller voir la cathédrale Vank, datant de la première moitié du XVIIe siècle. Manque de chance, nous avons dû nous contenter d'admirer sa façade, sobre, car le vendredi après-midi elle est fermée (encore une coquille dans le Lonely Planet qui ne le signale pas).

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Nous déambulons dans les rues de ce charmant quartier et croisons cinq jeunes 'branchés' qui viennent nous saluer: après quelques propos récurrents (bienvenue en Iran, que pensez-vous de l'Iran, avons-nous l'air de terroristes...?), ils nous disent que le soir même ils fêtent l'anniversaire de l'un d'eux et que ce serait un honneur pour eux de nous avoir à leur party. Nous leur fixons donc un rdv à notre hôtel une heure et demie plus tard (ils doivent venir nous chercher en voiture car la petite fête doit avoir lieu à une quinzaine de km d'Ispahan). A l'heure convenue, nous les attendons dans le hall, ils arrivent avec environ 1/4 d'heure de retard en se confondant d'excuses, la circulation intense à cette heure leur ayant fait perdre bcp de temps. Puis commence notre périple: première étape, il faut retourner chez le conducteur, qui a oublié de débrancher son fer à repasser; au milieu d'une 4 voies bien encombrée il descend du véhicule et laisse le volant à son voisin qui doit le récupérer un peu plus loin. A ce moment le téléphone sonne, et le second conducteur nous informe qu'ils ont oublié de laisser les clés à leurs amis, qui attendent devant la porte de l'appartement où doit se dérouler la soirée. Nous faisons demi-tour au rond point suivant et récupérons le repasseur étourdi, puis nous rendons à une station service toute proche afin de faire le plein. Là, nous apprenons que si l'essence est étonnament peu chère (quinze fois moins qu'en France), chaque conducteur dispose d'une carte mensuelle délivrant une quantité limitée (150 l) au delà de laquelle l'essence n'est plus subventionnée et coûte quatre fois plus cher. Notre conducteur se sert donc de sa carte, fait le plein et nous repartons; deux minutes plus tard surgit en trombe un motard hirsute et, après quelques échanges avec notre chauffeur, nous comprenons qu'il a oublié sa carte dans la pompe à essence: nouveau demi-tour, nouveaux embouteillages pour retourner à la station (on se demande bien pourquoi le motard n'a pas pensé à prendre ladite carte au lieu de se contenter de nous avertir de l'oubli, mais néanmoins c'est déjà sympa de sa part d'avoir pris la peine de nous courser...), nouvelles minutes perdues, nouvel appel des amis qui attendent devant la porte, en s'impatientant. Nous récupérons la carte, effectuons un énième demi-tour et, après environ trois quart d'heure de bouchons, nous arrivons dans une banlieue plutôt chic et calme. Là, nous sommes accueillis par une bande d'étudiants (chargés de victuailles, gateaux et boissons et arpentant le trottoir depuis un bon moment) nous inondant d'un flot de salutations sympathiques et de paroles de bienvenue. La soirée peut commencer: en quelques secondes, les tchadors disparaissent et laissent apparaître coiffures branchées et visages radieux, et enfin libres pour quelques heures...

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Les tubes iraniens se succèdent, repris en coeur et à tue-tête par l'assemblée qui sait s'amuser. Tout au long de la soirée, les fêtards n'ont cessé de regarder à travers les rideaux si aucune voiture suspecte ne s'approchait du bâtiment, et lorsque la sonnette d'entrée a retenti avec insistance vers onze heures, une vague d'inquiétude subite a rapidement balayé les sourires et mines réjouies... Ouf, fausse alerte, ce n'était qu'un retardataire qui venait profiter des derniers moments de la soirée. A minuit moins cinq l'on avertit que ce sera le dernier morceau, et effectivement à minuit la musique s'éteint... Les jeunes filles saluent l'assemblée en serrant la main des garçons, tandis que ceux-ci se quittent avec force d'embrassades chaleureuses: même dans les milieux émancipés et modernes, les rapports entre filles et garçons sont loin d'être aussi aisés qu'en Occident. Nous rentrons en taxi (trois devant, trois derrière, ce qui est classique là-bas) et une fois déposés devant notre hôtel, sommes à nouveau confrontés au Taqof: les deux étudiants refusent catégoriquement que nous payions la course, même le chauffeur refuse de prendre les billets que je lui tends...

Samedi 26/04

Le lendemain au réveil j'ai un peu mal au crâne, je ne sais pas trop pourquoi car je n'ai bu qu'un seul verre de boisson bannie par les mollahs (enfin, bannie dans leurs discours officiels, car à en croire nos amis, qui n'ont fait que confirmer ce que j'avais déjà lu à plusieurs reprises dans des articles de Courrier International, il y a chez nombre de mollahs un fossé entre le prêche et la réalité, celle-ci étant plus fréquemment caractérisée par la consommation d'alcool et les abus sexuels dans les écoles coraniques que par de pieuses prières...), peut-être était-elle de fabrication artisanale?

Nous nous rendons au Palais des Quarante colonnes (le Chehel Sotun), magnifique palais du début XVIIIe siècle qui doit son nom au porche à vingt colonnes se reflétant dans un miroir d'eau. L'on y voit de splendides fresques retraçant des scènes de vie à la cour, des batailles, magnifiquement peintes.

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L'une des peintures représentant un homme embrassant le pied d'une danseuse partiellement nue a échappé au terrorisme moralisateur des mollahs: les gardiens du musée se sont opposés aux fondamentalistes venus la détruire.
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Après cette visite, nous avons rdv avec nos amis rencontrés le premier jour, et avons décidé de les inviter au resto: arrivés au lieu du rdv, sur la place de l'imam, nous retrouvons Mehrdad paré d'un gros sac chargé de nourriture, sa maman nous ayant préparé une spécialité isfahanaise: nous cherchons un coin d'ombre tout près du Palais Hasht Behesht (huit paradis) et, à l'instar de nombreux habitants de ce pays pour qui le pique-nique est une tradition, nous nous asseyons dans l'herbe et dégustons cette délicieuse recette, avec des tomates, cornichons... (on apprécierait une bonne bière fraîche, mais pour cela il faudra encore patienter quelques jours!)

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Peu après le pique-nique, nous retombons sur la jeune fille au chapeau, accompagnée d'une de ses amies.
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Mehrdad semble gêné, il finit par me dire qu'il a tenté, quelques temps auparavant, de séduire l'amie en question, mais qu'il a dû se contenter d'un refus poli, la différence d'âge (près de quatre ans) ayant semblé trop importante à la demoiselle. Je lui demande si, lorsqu'un jeune homme a une petite amie, cela débouche inéluctablement sur un mariage peu après. Ma question semble le surprendre, les temps ont changé m'assure-t-il, et si des jeunes gens sortent ensemble, surtout à leur âge, ce n'est pas le moins du monde dans la perspective de se passer la bague au doigt, mais plutôt de se sentir moins seul, au plan affectif.

L'après-midi est ensuite consacré à une ultime visite du bazar, au cours de laquelle je me fais peindre, sur l'ongle, une miniature par un marchand assez talentueux.

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Elle représente un vieil homme regardant une jolie jeune femme et se remémorant son premier amour.

Après le bazar, nous allons photographier l'autre splendide pont, que nous n'avons pas encore vu, le pont Khaju, datant du milieu du XVIIe siècle. Il reste quelques peintures et faïences, trop rares témoignages d'une décoration qui dut être somptueuse. Soudain, alors que nous nous approchons, il s'illumine.

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Ensuite, nous sommes curieux de découvrir une vieille tradition iranienne, ancêtre de nos salles de sport: les maisons de force. Nous avions vu un reportage en France sur le sujet peu de temps avant de partir. Après avoir un peu erré dans des ruelles étroites, avec nos amis avouant humblement ne pas savoir où cela se trouvait, nous finissons par en découvrir une: nous y pénétrons pile à l'heure de l'entraînement. L'ambiance est surprenante pour des occidentaux habitués à soulever de la fonte ou à pédaler sans autre but que de perdre quelques bourrelets, dans des salles modernes emplies de musique rythmée: ici, comme dans beaucoup d'endroits en Iran, la spiritualité prévaut. Chacun pénètre dans la fosse d'entraînenement en touchant le sol de sa main droite, que l'on porte ensuite à sa bouche pour la baiser, puis sur son front. Ce geste accompli, l'entraînement peut commencer. Il consiste en une série de contorsions effectuées sur le sol, au rythme du tambour frappé par un vénérable ancien, entonnant des psaumes et faisant tinter des clochettes, du haut de son estrade.

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Après l'échauffement, le jeu consiste à lancer au dessus de l'épaule de grosse masse de bois, de la forme de quille de bowling, mais gros, très gros modèle...
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Après cette séance sportive, nous invitons une dernière fois nos amis au restaurant, puis après avoir échangé nos adresses e-mail (en espérant que la censure laissera passer les messages), nous nous séparons sur la place de l'imam...

Dimanche 27/04

Nous quittons Ispahan pour nous rendre à Kashan. Le chauffeur, arrivé deux heures plus tôt que prévu, doit attendre que nous soyons prêts, ce qu'il fait de bonne grâce. Non seulement l'agence ne lui a pas transmis le bon horaire, mais pas le bon parcours non plus, et il apprend qu'il doit nous emmener dès le soir à Kashan, et y dormir car il nous emmène le lendemain à Téhéran. Quoi qu'il en soit, il garde le sourire! Nous effectuons quelques ultimes achats (des minitatures peintes sur des os de chameaux, la spécialité d'Ispahan)

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puis quittons cette splendide oasis au milieu du désert.

Après trois bonnes heures de route, nous arrivons à Abyaneh, village accroché à la montagne et classé au patrimoine mondial de l'Unesco. C'est beau, mais peut être un chouilla trop touristique, les mamies chargées de vendre leurs babioles et qui trônent tous les quinze mètres, avec leurs tchadors fleuris et

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leurs souvenirs "très anciens made in Abyaneh" (!) ont beau être réellement sympathiques, cela donne une impression étrange par rapport à tout ce que nous avons pu voir jusque là, plus authentique. Néanmoins je me prête au jeu et achète un jus de pomme du cru, comprenant, un peu tard, qu'il s'agit d'un liquide aigre, à la bonne odeur de cidre brut, mais à la saveur toute autre, servant à la confection d'un plat traditionnel...  Bref il finit à la poubelle. Les pommes séchées quant à elles sont délicieuses.

Après Abyaneh, direction Kashan et son fameux souk. Il est intéressant, mais finalement ressemble à ceux vus jusqu'à présent. Notre nuit, dans un hôtel cher et pas transcendant, sera des plus reposante, tant le calme de la campagne nous fait du bien après le bruit des villes visitées jusqu'alors.

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Ultime visite: le jardin Fin, à Kashan. De très beaux jeus d'eau, des arbres, pas de fleurs. C'est reposant, nous commencons à ressentir la fatigue (villes, chaleur, de nombreuses visites et des heures de marche, des nuits trop courtes, bref vacances intéressantes mais pas de tout repos) et cela nous fait donc du bien de flâner entre les rangées d'arbres et les ruisseaux.

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Un groupe de petites filles visite le parc accompagnées de leurs instituteurs, qui viennent échanger quelques paroles avec nous, et nous offrent de partager les friandises distribuées aux gamines, de bons esquimaux au chocolat (de nombreux tchadors roses ne ressortiront pas indemnes de l'expérience!)
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Nous avons droit à quelques chants scolaires, dirigés avec beaucoup d'entrain par un instit qui semble faire l'unanimité parmi les petites filles, pleines de joie de vivre, pourvu que cela dure.

Nous quittons Kashan, et après deux heures de route particulièrement pénible tant il a fait chaud (le chauffeur répugnait à mettre la clim, peut-être par conviction écolo?), nous nous arrêtons dans un assez bon resto sur l'autoroute. Le garçon demande à notre chauffeur de quelle nationalité nous sommes, puis rapporte deux drapeaux, pour sceller l'amitié entre nos deux peuples. 

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Après un excellent repas, je m'achète un chapeau identique à celui d'Arnaud, et décide de faire une promenade à cheval, avec Laurent.
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Sots que nous sommes, après tant de bienveillance de la part de tout le monde, nous finirions par oublier que nous sommes dans un pays sérieux où chacun a sa place et doit la tenir: nous nous faisons vite rappeler à l'ordre par un jeune policier zélé au sifflet strident! Deux heures de fournaise plus tard, nous retrouvons Téhéran, et notre hôtel de la première nuit. Le chauffeur nous y emmène directement, alors qu'il n'a pas le droit d'entrer dans la ville (en raison de la pollution, seules les voitures immatriculées à Téhéran peuvent y pénétrer nous explique-t-il). Après l'avoir dûment remercié, nous pénétrons avec bonheur dans le hall climatisé de l'hôtel et dégustons, en attendant notre chambre, de délicieux milke-shake à la fraise, et une glace à la pistache pour Laurent. Manque de chance pour lui, elle est parfumée, sans modération, à la rose et il a horreur de la rose (après sa promenade contrariée à cheval, il joue de malchance).

La veille de notre retour à Téhéran j'avais reçu un sms de notre ami Hamid (celui des dictionnaires): contrairement à ce qui était prévu initialement, il n'est pas allé travailler dans le sud du pays et est rentré plus tôt chez lui. Nous décidons de boire un verre ensemble à l'hôtel. Nous nous couchons très tôt, car nous devons être à l'aéroport à six heures le lendemain matin.

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Voilà, ce magnifique voyage s'achève. Nos impressions sont globalement unanimes, tant nous avons été séduits, comme nous l'avions été deux ans auparavant en Syrie, par la gentillesse et le sens de l'hospitalité des habitants. Dans l'ensemble, même si certains s'expriment avec plus de véhémence que d'autres, il nous a semblé que tous détestaient ce régime, non pas parce-que religieux (ils sont dans l'ensemble croyants et pratiquants, du moins beaucoup plus que dans nos sociétés occidentales), mais parce que corrompu et hypocrite. Les mieux lotis, au plan financier et matériel, sont ceux qui, proches du pouvoir et donc du gâteau, prêchent hypocritement une vie simple et ascétique, respectueuse des préceptes de l'islam. Ce que j'ai entendu à maintes reprises m'a rappelé ce que j'avais déjà lu sur les moeurs scandaleuses des religieux, en Afghanistan surtout, mais également en Iran, dans les écoles coraniques. Quoi qu'il en soit, si vous hésitez à visiter ce pays uniquement pour des raisons de sécurité, oubliez vite tous vos a priori et prenez le premier avion, vous ne pourrez être que très agréablement surpris. Le fait de rencontrer des étrangers, de parler avec eux ne peut qu'ouvrir les yeux aux jeunes de ce pays et leur faire prendre, encore plus, conscience que leur gouvernement les mène dans une impasse totale, les marginalise, les empêche de vivre comme ils le souhaiteraient. Quant aux femmes, même si le machisme ambiant ne leur a pas enlevé leur sourire et leur envie de communiquer, il n'en demeure pas moins que beaucoup aimeraient aller beaucoup plus loin dans les réformes de ces dernières années, et notamment pouvoir se libérer de ce tissu noir et chaud qu'elles portent, le plus souvent contraintes. Malheureusement, ces réformes sont de surcroît minées par l'élection, en 2005 du populiste Ahmadinejad (qui fut élu par une très faible partie de l'électorat car, les candidatures des réformateurs ayant été invalidées par le guide suprême, seuls des candidats "conformes" avaient pu se présenter: résultat, peu de votants se sont déplacés car ils savaient que leur vote ne changerait rien!). Mais les femmes ne baissent pas les bras et continuent de se battre pour sauvegarder leurs acquis. Il reste à espérer qu'une nouvelle révolution survienne pour balayer tout ce conservatisme religieux désolant et contrefait; peut-être viendra-t-elle des femmes, apparemment moins résignées...

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