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"Ce que je sais de toi" d'Eric Chacour

Par Cassiopea
sais toi

Ce que je sais de toi
Auteur : Éric Chacour
Éditions ‏ : ‎ Philippe Rey (24 août 2023)
ISBN : 978-2384820344
306 pages

Quatrième de couverture

Le Caire, années 1980. La vie bien rangée de Tarek est devenue un carcan. Jeune médecin ayant repris le cabinet médical de son père, il partage son existence entre un métier prenant et le quotidien familial où se côtoient une discrète femme aimante, une matriarche autoritaire follement éprise de la France, une sœur confidente et la domestique, gardienne des secrets familiaux. L'ouverture par Tarek d'un dispensaire dans le quartier défavorisé du Moqattam est une bouffée d'oxygène, une reconnexion nécessaire au sens de son travail. Jusqu'au jour où une surprenante amitié naît entre lui et un habitant du lieu, Ali, qu'il va prendre sous son aile.

Mon avis

Quand il était adolescent, Tarek a répondu « Docteur » à son père qui lui demandait le métier qu’il aimerait exercer plus tard. Mais à cet âge-là, sait-on vraiment ce qu’on veut faire de sa vie ? Tarek avait déjà compris que certaines questions ne sont pas aussi simples qu’on l’imagine. Sa réponse, c’est celle qu’attendait son paternel et après ses études, il a repris le cabinet familial, plus par convention que par décision personnelle sans doute. Il s’est marié, il est rentré « dans le moule » voulu par sa famille : sa mère, sa femme, sa sœur. Il a « obéi »….

Pour donner du sens à sa vie, il a ouvert un dispensaire dans un quartier défavorisé. Il rencontre une femme malade et son fils adulte, une relation se tisse entre eux trois. Cela ne plaît pas à ceux qui pensent que le docteur doit se contenter de soigner. C’est difficile à vivre pour lui qui a besoin d’autre chose.

Il est tiraillé entre ce qui doit être en lien avec la norme familiale ou sociétale, et probablement ce qu’il voudrait être au fond de lui. Il y a un gouffre entre les deux. Les conventions l’étouffent, sa famille également. Quant au regard des autres, il lui est, de temps à autre, insupportable.

Un mystérieux narrateur l’interpelle en disant « tu » et raconte les différentes périodes de la vie de Tarek. Quelques fois, c’est simplement un flash sur plusieurs pages mais c’est suffisant pour comprendre les grandes étapes de son parcours. On découvre les non-dits, les secrets d’une famille (et de la bonne qui les a toujours aidés), alors c’est forcément douloureux quand la vérité apparaît.

L’écriture est délicate, précise. C’est une dentelle, une musique qui nous envoûte, nous emporte dans un univers où l’amour est présent, sous toutes ses formes. Les émotions de Tarek et de ceux qui l’entourent sont palpables, c’est parfaitement exprimé.

C’est un premier roman très réussi, bouleversant, fin, sans jugement. Il expose les choix que l’on fait, sous la pression ou librement, il parle de filiation, de tumulte amoureux, de la vie ….



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