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Diana Evans et Arundhati Roy

Publié le 08 août 2008 par Babs
Diana Evans et Arundhati Roy

"26a" m'a transporté, petit bonheur de tenir entre mes mains cette pépite, une de celles qu'on détecte par les palpitations qu'elle provoque; plaisir de lire une écriture nouvelle, fraîche, singulière, dénuée d'artifices.

C'est un premier roman, en partie autobiographique.
L'histoire de deux jeunes jumelles qui grandissent ensemble dans une famille métissée à Londres dans les années 80, celles de Mickael Jackson, Lady Di et de l'indestructible Thatcher. Au 26 a Waifer Avenue, la vie n'est pas simple, la mère nigérienne a un mal de pays inconsolable, passe ses journées à déambuler dans la maison et a atténuer son mal-être en s'inventant une discussion imaginaire avec sa propre mère...Le père anglais, dépassé par les événements et sa petite tribu de filles, sombre peu à peu dans l'alcoolisme...Pas facile pour les deux jumelles d'affronter le dehors, ses injustices sociales, et le chaos familial ambiant. La solution, Bessi et Georgia la trouvent en se refugiant au grenier qu'elles rebaptisent "26a", leur cocon imaginaire où elles acceptent de temps à autre leur grande soeur et leur plus petite soeur. "De là-haut", elles peuvent imaginer une autre vie, discuter, fumer leurs premières cigarettes et humer un soupçon de liberté et d'égalité. Mais le passage de l'enfance à l'adolescence puis à l'âge adulte n'est pas évident, il est peuplé de peurs, d'inquiétudes...et la perte de l'innocence a parfois un lourd prix...

Diana Evans a insufflé un vent d'onirisme, de poésie et de légèreté pour réemprunter la langue de l'enfance et décrire cette vie quotidienne avec ces soeurs, ces petits moments de bonheur ou les moments plus durs de grand désarroi...Loin des clichés, elle m'a fait rire et m'a prise à la gorge par l'émotion et l'intensité de certains passages.La fin est peut-être surprenante par son caractère fantastique mais la perfection n'existe pas, n'est-ce pas...?

La lecture de "26a" m'a spontanément fait penser à l'ouvrage d'Arundhaty Roy "Le dieu des petits riens".
L'histoire de Rachel et Estha, deux jumeaux de huit ans dont un drame va ébranler leur existence et les séparer. Mais c'est surtout le style d'écriture enivrant de "26a" qui m'a rappelé cette magnifique et tragique histoire indienne tout aussi onirique.
Deux premiers romans récompensés à plus de dix ans d'écart, deux jeunes femmes engagées, deux univers foisonnants de poésie...irrésistibles, je vous dis!

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