Le scénario budgétaire français de 2026 ne tient plus. Le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a abaissé la prévision de croissance à 0,5 %, contre 0,7 % auparavant, et reconnu que l’objectif de ramener le déficit public à 5 % du PIB n’était désormais plus atteignable.
Le gouvernement invoque quatre chocs principaux : l’incertitude politique intérieure, la hausse des prix de l’énergie liée aux tensions internationales, les conséquences de l’été marqué par les chaleurs et la sécheresse, et l’augmentation rapide des taux auxquels la France se finance.
La hausse du coût de la dette devient particulièrement préoccupante. Paris prévoit désormais environ 65 milliards d’euros de charge d’intérêts cette année, soit 4,5 milliards de plus qu’attendu. Ce poste devient la première dépense du budget, avant même plusieurs grandes politiques publiques.
La correction complique immédiatement la préparation du budget 2027. Le gouvernement doit présenter son texte au Parlement à la fin du mois, mais aucune nouvelle cible de déficit n’a encore été annoncée. Dans une Assemblée profondément divisée et à quelques mois de la présidentielle, chaque nouvelle économie ou hausse d’impôt devient politiquement explosive.
Le problème dépasse donc la seule année 2026. Une croissance plus faible, des taux plus élevés et une dette coûteuse réduisent fortement la marge de manœuvre du prochain gouvernement. La présidentielle de 2027 se déroulera dans un contexte où les promesses économiques seront presque immédiatement confrontées à la réaction des marchés et aux contraintes budgétaires.
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