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L’origine du monde (la vraie)

Publié le 25 septembre 2008 par Marc Lenot

milner_french-1.1222273336.jpg2008-09-23-mep003.1222273250.JPGLes photos d’astronomie, photos de galaxies éloignées, de nébuleuses tourbillonnantes, de taches à la surface du soleil, ou de planètes en implosion ont toujours des  couleurs milner_french-2.1222273354.jpgfascinantes, plus ou moins irréelles puisque ce sont les résultats des calculs d’ordinateurs associés aux téléscopes électroniques et non pas des visions réelles, des impressions rétiniennes directes. La première photo numérique de l’histoire fut faite par le télescope Hubble en 1990. Ce sont certaines de ces images astronomiques que l’artiste russe Julia Milner a 2008-09-23-mep004.1222273268.JPGsélectionnées (Univers); les a-t-elle manipulées, arrangées, améliorées ? milner_french-3.1222273374.jpgJe ne sais. Mais chacune des photos qu’elle projette ici (à la Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 26 octobre) a été choisie pour son évocation du sexe féminin : féminité totemique de l’univers ? C’est une autre origine du monde qui se déroule ici. A bien lire (cliquez sur ples photos de droite), les textes scientifiques d’explication sont empreints d’une poésie quasi sensuelle, parlant de processus mystérieux, d’activité même les jours de grand calme, d’éléments très chauds mais très fins.

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Jouant toujours avec la technologie, Julia Milner présente aussi des autoportraits faits avec un téléphone portable (Mobilographie actuelle). Sur les tirages de grand format affichés au mur, les traits sont grossiers, l’image est pixellisée : jouant de ces défauts, Milner a retravaillé les photos, les a “améliorées” avec une palette graphique. Même si ce n’est pas une intervention de la main même de l’artiste tenant un crayon et rectifiant la photo (comme ici), c’est toujours une retouche, une négation du caractère mécanique de la reproductibilité photographique. C’est ironique et ludique, bien sûr, mais c’est aussi un déplacement de la technique, une appropriation, un élargissement des frontières.

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Enfin, cette installation Click I Hope qu’elle avait déjà montrée à la dernière Biennale de Venise au pavillon russe, un défilement des mots ‘J’espère’ en une cinquantaine de langues. Tout ici évoque Internet, le design rudimentaire, la taille des expressions liée à leur fréquence, l’interactivité, le comptage. C’est à la fois naïf et hypermoderne. Il y a un site associé qui vous dira tout (avec une intéressante critique par Boris Groys).

Photos de gauche par l’auteur. Photos de droite courtoisie de l’artiste.


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