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Blindness – L’homme est un loup aveugle pour l’homme

Par Bebealien

Fernando Meirelles, c’est le réalisateur du génial La Cité de Dieu. Il a depuis tourné The Constant Gardener, un thriller médical traitant des essais pharmaceutiques en Afrique, sujet ambitieux, sorti quasiment en même temps que Lord of War et Blood Diamonds, afin de conclure une trilogie étrange sur le sale business en Afrique. Du coup, les attentes étaient élevées sur son nouveau film. Le résultat est décevant car étonnamment trop simple.

Blindness – Aveuglement général

Un homme, dans sa voiture en plein trafic, s’arrête. Il vient de devenir soudain aveugle, ne voyant plus qu’une lumière blanche. Très vite, les personnes qui s’intéressent à son cas se trouvent à leurs tours contaminées et deviennent aveugle. Tous ces cas sont mis en quarantaine dans un hôpital désaffecté. Laissés à l’abandon, ils devront survivre, avec de la nourriture raréfiée et une misère qui fait resurgir les pires pulsions humaines. Mais heureusement une des personnes internées à miraculeusement conservé la vue…

Une belle affiche, avec une jolie lumière blanche, comme celle qui baigne le film.

Ce sujet est clairement un vecteur permettant de fouiller les tréfonds de l’âme humaine. Que se passerait-il si l’homme, ramené à un stade inférieur (puisque privé d’un sens primordial) devait survivre sans assistance ? Il faut supposer, que comme il est indiqué dans le bouquin dont Blindness est tiré, il laisserait ses plus bas instincts ressurgir.

Quelque part, Meirelles réussit son cahier des charges car en effet le film propose de suivre un petit groupe de contaminés véhiculant des valeurs positives s’opposant à un autre groupe prônant un certain avilissement et exploitant son prochain. Le problème est que le traitement a déjà été vu cent fois dans d’autres films, et qu’en plus certaines pirouettes scénaristiques étonnent. La principale étant l’introduction d’une arme à feu dans l’enceinte close, paralysant soudain de grands et forts gaillards préférant envoyer leur femme au turbin que de réagir…

Julianne Moore habillée en blanc, emmène
sa troupe d’aveugles habillés en noir. Ouahhhh quel subtilité !

Mais à la rigueur, ces petits écarts par rapport à une certaine réalité son pardonnables. Ce qui est beaucoup plus ennuyant est le personnage quasi messianique incarné par Julianne Moore, l’internée ayant gardé la vue. A la fois chaperon, guide et lueur d’espoir, elle se donne tellement pour son prochain que ça devient vraiment too much. L’opposition par rapport au clan de Gael Garcia Bernael en devient caricaturale au possible.

Gael Garcia Bernal avec le fameux flingue magique qui apparait d’on ne sait où. Il est mal rasé car il est kré kré méchant

Ensuite, certains personnages sont totalement inutiles. En faisant vampiriser la situation par le personnage de Moore, il ne laisse pas la place aux autres pour évoluer. Ils restent donc esquissés grossièrement et soit très gentils soit très méchants. Mouaip… Franchement ca en devient vite gonflant. Et c’est bien dommage car Danny Glover est franchement un acteur génial et que Mark Ruffalo mérite lui aussi mieux.

Danny Glover. Quel dommage que son personnage ne soit jamais vraiment exploité… Franchement du gachis..

Mais tout n’est pas à jeter. Car en effet, si l’on met de côté ces gros défauts, il reste quand même des points sympathiques. A commencer par les décors hallucinants d’une ville laissée à l’abandon par une population revenue à l’état de clochards. Ou encore quelques scènes d’affrontement dont les enjeux sont intéressantes. Il y a également quelques touches poétiques, souvent dépressives particulièrement jolies et régulières. Et à chacune de ces séquence, on n’a un aperçu de ce qu’aurai pu et du être le film.

Finalement, dans le registre de la SF contemporaine dépressive, autant regarder de nouveau Les Fils de L’homme qui a le mérite de ne pas tomber dans un manichéisme de bas étage. Fernando, pour ton prochain film, s’il te plaît refait nous un film de la trempe de La Cité de Dieu !


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