Magazine Environnement

Faisons confiance au progrès pour résoudre les problèmes écologiques

Publié le 09 octobre 2008 par Ecosapiens

Henry David ThoreauPas un journal qui ne vante les voitures propres, vertes ou écologiques du salon de l’automobile… cela devient suspect. On nous somme d’y croire. D’un autre côté, je me souviens qu’on en parlait déjà il y a 10 ans, même si c’était moins à la mode.

Je me souviens même que dans un vieux film comme Retour vers le futur, Doc faisait le plein avec les détritus trouvés à la va vite dans une poubelle. Utopie ? Science-Fiction ?

Après tout ce temps, il est encore de valeureux optimistes pour professer le nouveau credo: “laissons la science trouver la solution“. Le mythe des biocarburants (que l’on fait bien de renommer agro-carburants puisque le terme bio prête à confusion) n’a tenu qu’un an. Celui de la pile à hydrogène ou de la voiture solaire perdure depuis si longtemps…

Je suis en train de lire la réponse de Heny David Thoreau à John Etzler. Thoreau, c’est le créateur du concept de désobéissance civile; dans les années 1846, il refusait effectivement de payer la part des impôts dédiée à la guerre contre le Mexique. Il est célèbre (ou gagne à être connu !) pour son récit “Walden” où il teste avec succès la vie dans les bois.

John Etzler, quant à lui, est tombé dans l’oubli. Dans une période emplie de positivisme, il annonce “Mes amis! Je promets de vous montrer comment créer en dix ans un paradis où chaque être humain pourra obtenir en surabondance tout ce qu’il désire dans la vie, sans travailler et sans payer; où toute la nature sera transformée et prendra les formes les plus belles“.

Son utopie technologique, très appréciée à l’époque aux Etats Unis et en Europe, consiste en une installation en série de centrales utilisant le vent, la marée etc. Calculs à l’appui, équivalences en travail humain pour montrer le prodige peut effectivement séduire. Et on ne cesse de se demander: “puisque c’est si simple, pourquoi 150 ans plus tard, ne voit-on rien venir ?

Doc et sa doloréane
Thoreau répond d’abord sur le plan technique en ridiculisant la comparaison vent/travail du cheval. Peut-on faire avancer un bateau avec des chevauxs qui pousseraient de leurs sabots.  Peut-on faire avancer un chariot avec une voile captant la force équivalent à celle d’un cheval ?

Mais surtout, il reproche que cette utopie soit une utopie “matérielle”.

Tout cela pour rappeler que l’utopie scientifique est… dépassée. Bien sûr la science à un rôle à jouer dans le soulagement de la pénibilté par exemple. Mais elle n’est qu’un fragment dans une utopie à construire. Bref, les constructeurs automobiles feraient bien de relire “Le paradis à reconquérir” de Thoreau. Ils réaliseraient peut-être que l’automobile est une belle invention, mais que sa généralisation et son expansion ne mène pas au bonheur !


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