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Les Français l’avaient bien dit : “ca va mal finir”

Publié le 08 octobre 2008 par Delits

Les Français n’ont-ils pas toujours raison ? Maigre consolation en temps de crise, et qui exposera encore une fois à la critique de l’arrogance. Pourtant, après le fiasco irakien, c’est au tour de la crise économique de donner quelques raisons à la défiance toute franchouillarde.

Cela fait quelques  mois déjà que les attaques contre la lâcheté des Français se sont tues outre-atlantique, à mesure que les certitudes des citoyens américains vacillaient. En septembre, ils n’étaient plus que 39% à soutenir encore la guerre en Irak. Avec la crise économique, c’est une seconde certitude, celle d’un marché s’autorégulant, qui est battue en brèche aux Etats-Unis. Le 24 septembre, alors que le congrès était en pleine négociation sur le plan Paulson, 74% des américains (sondage Gallup) jugeaient que le rejet de ce dernier ferait empirer l’économie. Une véritable remise en cause dans un pays qui voyait jusqu’ici l’intervention de l’État comme une menace pour l’économie.

La méfiance des français pour l’économie de marché n’a pas attendu la crise

Les Français n’ont pas attendu la tempête financière pour pointer du doigt les excès perçus du libéralisme. Dans un sondage TNS Sofres publié en juillet 2001 dans le Monde, les Français fustigeaient déjà les carences de ce système. 76% des personnes interrogées estimaient ainsi qu’il n’y avait pas assez de règles dans l’économie.

Thermomètre encore plus révélateur du rapport épidermique des Français à l’économie de marché, le terme de « mondialisation ». Ce dernier a depuis des années catalysé les craintes de nos concitoyens envers un système accusé tout à la fois de détruire les emplois et de mettre en péril le « modèle français ».

Pour autant, des progrès sont notables. Ainsi TNS Sofres a demandé en 2004 puis en 2008 aux Français de donner leur avis sur la mondialisation. En 2004, ils n’étaient que 30% à estimer que la mondialisation était une bonne chose pour la France. Quatre ans plus tard, ils sont certes encore minoritaires (41%) à s’exprimer dans ce sens, mais l’augmentation de 11 points relève l’amélioration notable de perception. Une évolution que risque de stopper brutalement la crise.

Force est de constater que la crise économique qui s’abat aujourd’hui légitime les craintes françaises. En 2001, nos concitoyens estimaient à 37% que le risque majeur de la mondialisation résidait dans la domination de la bourse et des marchés financiers.  De même, les Français critiquaient à 66% le manque de règles sur les marché financiers,  devant l’insuffisance de règles concernant le droit des salariés et la sécurité alimentaire. Un jugement assez fondé au regard de la crise actuelle : une fois n’est pas coutume, la prise de conscience citoyenne a précédé la volonté politique.

Une fenêtre de tir unique pour changer les règles de la planète finance

La conjonction de trois phénomènes inédits rend pour la première fois possible la mise en place d’un changement radical du système économique. En plus de la prise de conscience des citoyens que nous venons d’évoquer, deux autres paramètres permettent de penser que les conditions sont réunies pour la mise en place d’un nouveau Bretton Woods de la finance.

-Des institutions financières et des banques à genoux, dont la survie tient au bon vouloir des États, et qui ne sont pas en mesure de faire obstruction aux volontés étatiques.

-la dimension mondiale de la crise, qui rend impossible- comme l’Allemagne l’a pourtant cru un instant - des réponses étatiques non concertées.

Les économistes s’accordent à dire que seul un assainissement profond des règles économiques pourra permettre de retrouver la confiance et de sauver le système. Si les gouvernements ne le font pas pour sauver le système, qu’ils le fassent au moins pour l’honneur des Français.  Ces derniers jugent à 84%, selon un sondage BVA, que leur banque ne risque pas d’être mise en faillite dans les prochaines semaines.  Plus que les pertes financières, il serait mal venu de remettre en cause les certitudes de nos concitoyens.


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