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L'HYPOTHESE CONCERNANT LE PSY (03/fin)

Publié le 11 octobre 2008 par Osmose

Si on se trouve devant une ou l’autre de ces situations, il est bien évident que les données vont indiquer une performance qui dépasse les probabilités et justifier un transfert d’informations quand en fait rien de tel ne s’est produit. Il est aussi possible qu’un échange d’informations se soit produit, non pas par télépathie, mais plutôt par un "filtrage sensoriel".


Ou, encore, on peut supposer que certaines personnes jouissent d’une capacité subconsciente d’identifier des modèles sousjacents.


En effet, il existe d’autres approches applicables à l’étude de ce genre de phénomènes ; approches qui ne présument pas qu’une déviation par rapport aux probabilités implique nécessairement que quelque chose de paranormal se produise. Par exemple, la recherche de Peter Brugger et Kirsten Taylor (2003) qui étudient ces phénomènes dans une perspective neuroscientifique. Brugger, qui est neuropsychologue à l’hôpital universitaire de Zurich, et Taylor, qui poursuit des études post-doctorales à l’Université de Cambridge, ont développé l’argumentation suivante.


Les données de plusieurs études sur la perception extrasensorielle qui indiquent que certaines personnes obtiennent des résultats qui dépassent les probabilités lors de tentatives de deviner des cartes ou des dés tirés au hasard peuvent tout simplement démontrer que certaines personnes jouissent d’une capacité subsonsciente d’identifier des séquences ou des modèles sousjacents. 
Il n’est pas nécessaire de faire appel au paranormal pour expliquer ce genre de capacité. Brugger a reçu une subvention lui permettant d’étudier ‘’l’apprentissage de séquences implicites’’ ; ce qui est une autre façon de désigner cette habileté subconsciente.


La Cogito Foundation
, qui finance cette étude, a exigé qu’un parapsychologue y participe. John Palmer, qui agit actuellement comme directeur du Rhine Research Center, passera une année à Zurich pour réaliser cette recherche avec Brugger. (Source : correspondance personnelle.)


Brugger et Taylor n’ont pas exploré ce sujet, mais il est possible que l’apprentissage de séquences implicites puisse expliquer pourquoi Rupert Sheldrake pouvait obtenir des résultats statistiquement significatifs dans son étude sur le ‘’staring’’ (le fait de fixer quelqu’un du regard, intensément et à son insu) ; étude qui semblait démontrer que certaines personnes peuvent sentir que quelqu’un les observe.


Selon Marks et Colwell (2000), cette étude était déficiente parce qu’on y utilisait une façon ‘’aléatoire’’ de procéder qui reposait sur une fréquence particulière. Les résultats obtenus par le sujet ne se reproduisaient que lorsque l’on utilisait cette démarche aléatoire particulière.


Mais Marks et Colwell ne pouvaient pas amener Sheldrake à performer aussi bien lorsque le processus était vraiment aléatoire.


Brugger et Taylor ont suggéré (2003) que les lettres PES correspondaient mieux à une Perception Extrêmement Subjective plutôt qu’à une Perception Extra-Sensorielle. 

En d’autres mots, ils suggèrent que ces études peuvent vraiment indiquer que certaines personnes sont vraiment dotées d’une capacité qui n’est pas donnée à tout le monde, mais que cette capacité implique des façons de faire qui sont explicables par les connaissances et les théories scientifiques actuelles.


Des chercheurs, comme Peter Brugger, tentent de découvrir des fondements physiologiques pouvant expliquer ces soi-disant expériences paranormales. Par exemple, lui et ses associés ont publié des études où ils recherchent ce qui pourrait expliquer physiquement des expériences comme les maisons hantées, les voyages astraux, l’impression d’une présence, le "doppelganger experience" ainsi que la perception d’un membre amputé. 
Une des expériences, que lui et
Palmer envisagent de réaliser, impliquerait que l’on donne du L-Dopa à un groupe expérimental afin d’accroître le niveau de dopamine dans le cerveau de ces sujets.


Ils veulent examiner l’influence de la dopamine sur l’apprentissage de séquences aléatoires, la capacité de deviner ou d’identifier des cibles cachées et les réactions de feed-back. Les recherches de Brugger indiquent que : ‘’ la dopamine semble induire certaines personnes à percevoir des séquences’’ (2002 : New Scientist).


Les personnes dont le niveau de dopamine est élevé sont plus susceptibles de découvrir diverses connotations dans ce que l’on qualifie de coincidences ou encore de découvrir des éléments pertinents ou des séquences là où il n’y en a pas. Il pense que la chimie du cerveau pourrait expliquer plusieurs phénomènes paranormaux, même en l’absence d’un stimulus extérieur.


On peut tout aussi bien suggérer d’autres explications, bien que certaines d’entre elles semblent farfelues. Par exemple, il se pourrait bien que les déviations que révèlent certaines expériences portant sur le psi soient provoquées par Zeus, les extra-terrestres, les anges, les fantômes, Jehova, jinni, ou par une ou plusieurs de ces entités qui existeraient dans d’autres dimensions.


Ces entités pourraient fort bien se jouer des parapsychologues, comme le suggère James Alcock dans son hypothèse concernant Zeus. Ou bien il s’agirait de circuits de transmission insoupçonnés. Il est possible que des dauphins reçoivent des messages transmis par les extra-terrestres et transmettent ceux-ci aux sujets qui sont soumis à des expériences sur le psi. Comme je l’ai mentionné, certaines de ces explications sont plutôt farfelues, mais elles sont possibles et, à mon sens, elles sont aussi valables que l’hypothèse du psi.


On devrait aussi tenir compte du fait que la notion de significativité statistique reste une notion arbitraire et qu’elle n’a rien à voir avec ce que l’on désigne dans la vie courante comme quelque chose d’important.


Cette notion nous indique tout simplement que la probabilité qu’un événement se produise n’est pas factice ou causée par un accident statistique.


Les statisticiens mesurent l’éventualité qu’un résultat soit l’effet du hasard par sa valeur P. Par exemple, P<0,01 signifie qu’il y a une chance sur cent que l’événement soit fortuit. Dans les études en sciences sociales et en médecine, la valeur de P la plus fréquemment utilisée correspond à P<0.05, signifiant que l’on aurait une chance sur vingt que le résultat soit fortuit. Cette norme a été adoptée dans les années trente, notamment par R. A. Fisher
À cette époque, les statistiques que pouvait produire une étude scientifique impliquaient des centaines, des milliers ou des dizaines de milliers de données.


De nos jours, certaines études sur le psi développent plus de dix millions de données. Devrions-nous prendre pour acquis qu’une méthode statistique qui a été développée, de façon plus ou moins arbitraire, pour des études impliquant un nombre relativement limité de données puisse être utilisée, sans modification, à des études impliquant des millions d’informations ?


La parapsychologie n’est pas la seule discipline à porter aux nues la règle du P<0,05, mais c’est cette discipline qui nous importe ici. 
Un bon exemple de cette erreur qui consiste à confondre pertinence statistique et réalité est bien documentée par Dean Radin et Roger Nelson dans leur évaluation des données produites par Robert Jahn, Nelson et Brenda Dunne dans leurs expériences PEAR sur la psychokinésie.

Ces expériences impliquaient des sujets qui tentaient d’utiliser leurs capacités mentales pour influencer des machines. Pour 14 millions d’essais réalisés par 33 sujets sur une période de sept ans, ils ont constaté que leurs sujets obtenaient des résultats de 50.02% par rapport à 50.00% si on avait laissé jouer le hasard.


Avec un nombre aussi important d’essais, ces données, en se fondant sur un protocole de validité statistique, indiquent que la possibilité qu’un tel résultat ne résulte pas du hasard est de un sur un "trillion". 
Pourquoi ne suis-je pas impressionné ?


Conclusion


Ainsi, quand on se trouve devant des données qui indiquent que des sujets soumis à des expérience sur le psi obtiennent des résultats qui dépassent ce à quoi on pourrait s’attendre en laissant jouer le hasard, pourquoi devrions-nous conclure en la réalité d’un effet psi ?


On ne devrait pas, à moins de pouvoir exclure tout autre possibilité. Évidemment, on ne saurait y parvenir avec une certitude absolue. Mais, à moins de pouvoir démontrer qu’il est tout à fait probable que toutes les autres possibilités s’avèrent fausses, nul ne peut s’autoriser de conclure que le psy constitue une explication pouvant justifier de tels résultats. 


On peut exclure quelques-unes de ces possibilités en invoquant le fait qu’elles sont trop farfelues pour être prises en considération. 


Par exemple, je peux considérer comme incroyables des interventions comme celles de Zeus, de Jehova, des dauphins, des anges, des fantômes, de jinni ou des extra-terrestres. Il reste toutefois que ce que je considère comme incroyable devrait être évalué. 
Il s’ensuit donc que ces idées saugrenues devraient être prises en considération par tout parapsychologue qui voudrait réaliser une recherche satisfaisante.


D’autres possibilités ne m’apparaissent pas aussi farfelues, simplement parce que nous sommes certains qu’elles se produisent à diverses occasions.


On connaît de nombreux exemples de tromperies par les candidats, de fraudes par les opérateurs scientifiques, de contrôles insuffisants, de protocoles inadéquats, de compilations erronnées, de "file-drawer effects", de grandes conclusions obtenues à partir d’études trop restreintes, de distortions statistiques, et ainsi de suite. 
Et, encore, ces exemples ne concernent pas seulement les parapsychologues ; on les trouve dans tous les domaines scientifiques.


On peut s’interroger sur le nombre d’habilités psychiques dont nous sommes dotées ? 
Aucune, jusqu’à maintenant.


Dès lors, il semble que, dans les expériences portant sur le psi, des déviations dépassant des résultats attribuables au hasard ne puissent justifier que peu ou pas du tout l’idée que l’on ait affaire à des phénomènes inusités ou paranormaux.


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