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Brel tane et la Polynésie

Publié le 13 octobre 2008 par Argoul

Jego arrive avec Miche, la veuve de Jacques Brel pour inaugurer l’aéroport des Marquises qui portera son nom et le petit avion du club de pilotage.

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Tandis que se déroulaient les cérémonies aux Marquises, « La défiance en marche - 4.000 fonctionnaires dans les rues de Papeete », titre les Nouvelles de Tahiti du vendredi 10 octobre 2008.

La journée avait commencé par l’inauguration solennelle de la plaque rebaptisant l’aéroport de Hiva Oa, « aéroport Jacques Brel ». Recueillement et dépôt des gerbes sur la tombe tandis qu’une chorale de jeunes Marquisiens chantaient : « Quand on a que l’amour… » Puis dans l’espace Jacques Brel, M. Jego et Mme Brel ont dévoilé un buste du chanteur juste en-dessous de « Jojo », son petit avion !

Pour moi, Brel ce sont des souvenirs précis et personnels.

1966 : Paris. Dernier concert de Brel dans le vieil Olympia. Mes amis ont déniché quelques places pour cet ultime concert. Je dois trouver une bonne âme pour garder mon Batave de quelques mois qui hurle jour et nuit. La Basque de Bidarray se propose. Elle s’offre même à  préparer un tourin, soupe à l’ail pour notre retour. Marché conclu.
L’Olympia est plein à craquer, les spectateurs sont debout, applaudissent à tout rompre, frappent des pieds, sifflent. Un, deux, trois rappels, on ne les compte plus. Monsieur Brel finit par revenir sur scène en peignoir. La salle délire ; la salle hurle, refuse de partir. Cela dure, le chanteur, épuisé revient une dernière fois saluer la salle…
Il faut s’y résoudre, il ne reviendra plus malgré les rappels. La foule des spectateurs s’écoule lentement comme à regret et se déverse sur le boulevard. C’est fini.

Je rentre avec ma petite bande d’amis. Nous avons mal aux mains tellement nous avons applaudi. Un petit coup de sonnette pour prévenir la Basque de notre retour…Pas d’écho ! Une autre tentative, je glisse la clé dans la serrure, chut, chut. Quel spectacle ! Le tourin  n’est pas prêt, le Frison est endormi entre les bras de Bidarray et tous deux ronflent profondément.

Avec précaution nous sortons mon amie de son sommeil.
« Ah ! C’est déjà fini ? Vous êtes déjà rentrés ? Il est quelle heure ? »
Tandis qu’elle concocte le tourin, nous lui racontons le concert, les rappels, Brel caracolant comme un cheval, etc.

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1980 : Brussels. Le Batave qui mesure désormais plus d’1m80 a rejoint l’école internationale. Il continue de grandir et me sert de garde du corps quand nous croisons le soir, en sortant le chien, des êtres à la mine patibulaire.
Nous prendrons le tram pour rejoindre Schaerbeek. La maison natale de Jacques Brel est là, au milieu d’autres maisons cossues de ce quartier  flamand. Les maisons paraissent grises, ternes, sévères, tristes. L’opulence est manifeste si on les compare à celles de Wallonie ou des provinces rédimées.

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2005 : Hiva Oa Iles Marquises. L’Aranui III est au mouillage dans la baie d’Atuona. Dans le petit cimetière du Calvaire, perché sur la colline, qu’on atteint par une petite route en lacets, la tombe de Monsieur Brel voisine avec celle du peintre Gauguin sous un tipanier (franchipanier). Les locataires de ce lieu jouissent d’une vue admirable sur la baie de Paaoa et l’immense océan. Le mana nous envahit.

2008 : Voilà 30 ans que Monsieur Brel est parti. Les Marquises lui ont offert ce bout de paradis très loin de son plat pays et ont changé la Mer du Nord en Océan Pacifique.

Mauruuru Brel Tane pour tous tes textes magnifiques, pour tes chansons, pour tout. Les Marquisiens te sont éternellement reconnaissants.

Sabine, à Papeete 10 octobre 2008


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