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Un télescope géant de 100 mètres de diamètre bientôt construit sur la Lune ?

Publié le 10 octobre 2008 par Benjamin Tolman
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Une équipe d'astronomes et d'opticiens de renommée internationale travaillant pour la Nasa, pense avoir découvert un moyen de construire des télescopes à miroir liquide "incroyablement grands" sur la Lune.

"C'est très simple, explique Ermanno F. Borra, professeur de physique au laboratoire d'optique de l'université de Laval au Québec, Isaac Newton savait déjà que n'importe quel liquide, placé dans un récipient peu profond et soumis à une rotation, prend naturellement une forme parabolique - la même forme que celle d'un miroir de télescope. Ceci pourrait être la clé permettant de construire un télescope lunaire géant".

Le professeur Borra, qui étudie les miroirs liquides pour télescopes depuis 1992, et Simon P. Worden, directeur du centre de recherches de la Nasa basé à Ames, font partie de l'équipe travaillant sur le projet d'un futur télescope lunaire géant à miroir liquide. "Nous avons commencé nos recherches quand j'étais encore professeur d'astronomie à l'université d'Arizona, avant que je rejoigne la Nasa en 2006", explique le Pr. Worden. "Ce qu'il y a de plus séduisant dans cette approche, c'est qu'avec elle, nous pourrions construire un télescope incroyablement grand sur la Lune."

La plupart des télescopes à miroir liquide terrestres utilisent du mercure : liquide à température ambiante, il réfléchit près de 75 % de la lumière qu'il reçoit, soit presque autant que l'argent. De plus, le coût de construction de ce genre de télescopes ne représente que quelques pourcents du budget nécessaire à la construction d'un télescope à miroir solide traditionnel. Selon les chercheurs, le mercure, inutilisable sur la Lune, pourrait être remplacé par des liquides ioniques (des sels organiques, liquides à basse température, ndlr) : "Leur taux d'évaporation est proche de zéro et ils restent liquides à de très basses températures. Ils pourraient donc être utilisés dans les conditions de vide lunaire", explique le Pr. Borra. Peu réfléchissants, ces sels devraient être recouverts d'une couche d'argent ultrafine (50 à 100 nanomètres), permettant de les transformer en miroirs liquides à haut potentiel.

Pour le Pr. Borra, tout le matériel nécessaire à la construction d'un télescope lunaire de 20 mètres de diamètre pourrait "peser seulement quelques tonnes, transportables sur la Lune en une seule mission Ares 5 dans les années 2020". Des télescopes encore plus grands, mesurant une centaine de mètres de diamètre, pourraient ensuite voir le jour.

"Installer un télescope géant sur la Lune a toujours relevé de la science-fiction, mais pourrait bientôt devenir réalité", conclut le Pr. Worden.
  


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