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Bienvenue dans la poubelle des mondes

Publié le 13 octobre 2008 par Claire Et Greg

On vous retranscrit ici une affiche collée sur presque tout le trajet menant à la Biennale de l’Environnement qui a eu lieu à Bobigny fin septembre. Assez radical sur la forme et sans doute un poil anarchiste sur le fond, ça fait quand même plaisir  de voir ce genre de texte affiché de façon sauvage sous les yeux de tout le monde. Le texte n’a pas été signé et on n’a rien trouvé sur le Net.

Bienvenue dans la poubelle des mondes

Deux siècles de développement industriel auront réussi à tout gangrener : la Terre, l’eau, l’air, rien n’y échappe. Plus personne ne peut ignorer dans quelle poubelle des mondes nous sommes contraints de vivre : fuite radioactive au Tricastin, PCB dans le Rhône, lait à la dioxine en Bretagne et ailleurs… “Accidents” industriels ? C’est plutôt la routine du désastre qui suit son cours.

Les États, les industriels, les experts et contre-experts sont donc obligés de reconnaître que la planète est à bout de souffle. Au nom de la soumission durable, ils célèbrent en collaboration avec les ONG, de grandes messes écologistes. Les appels à l’Union sacrée comme le Grenelle de l’environnement ne serviront cependant jamais qu’à canaliser les inquiétudes et à neutraliser les possibilités de refuser ce monde mortifère. “Citoyen” ! On t’ordonne de devenir “écoresponsable”, de faire du vélo, de trier tes déchets… pour sauver la planète.

Les enfants sont les premières cibles de ces injonctions et prescriptions. Ce sont eux qui doivent faire la leçon à leurs parents et exiger le respect des consignes. Petit flic bio en culotte courte deviendra grand pourvu que Monsanto TM lui prête vie.

Les “mesures pour sauver la planète” ne remettent rien d’essentiel en cause : les éoliennes comme pis-allers technologiques et “alternatifs”, les pastilles vertes comme mesures fiscales, le traçage des bestiaux comme la multiplication des obsessions hygiénistes et sanitaires, le développement des biocarburants comme l’essor d’une industrie “écologique”, les ampoules basse consommation comme les appels obsessionnels au rationnement… Tout cela est utilisé pour faire accepter comme des impératifs absolus, les efforts et sacrifices indispensables à la survie de ce monde tel qu’il est. D’un monde de la production forcenée où tout et tous ne sont que des marchandises. D’un monde où grosso modo ce seront toujours les mêmes en haut et les autres en bas. D’un monde toujours plus quadrillé où toute mesure étatique n’est jamais qu’une coercition de plus, et gare à la matraque qui vient redresser ceux qui “désécobéissent” !

Refusons la mise aux normes des gestionnaires et bénéficiaires du désastre annoncé : refusons l’embrigadement consenti, le rationnement volontaire ; refusons la domestication équitable et l’écologisme de caserne.

PARCE QU’IL N’Y A PAS DE LIBERTÉ DANS LES DÉCOMBRES INDUSTRIELS, PARCE QUE MANGER UN YAOURT BIO DANS UNE DÉCHARGE MONDIALISÉE N’EST PAS LA LIBERTÉ, PARCE QUE LA LIBERTÉ COMMENCE PAR LE SABOTAGE DE CE MONDE QUI NOUS DÉTRUIT.

Mais bon, alors après le sabotage, la décroissance ?


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