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La loi et l'ordre

Par Rob Gordon

Il fallait être sacrément candide pour croire une seule seconde aux retrouvailles d'Alfredo James Pacino et Robert Mario de Niro Jr., et ce pour plusieurs raisons fort simples. Primo : Jon Avnet, réalisateur de 88 minutes, Beignets de tomates vertes ou encore Red corner. Un yes man de première bourre, pas foutu de faire un bon film. Deuzio : Al et Bob sont tout de même deux des pires cabotins de l'histoire du cinéma, sauf lorsqu'ils sont dirigés par des metteurs en scène de grande qualité (et ce fut le cas une paire de fois par le passé). Mais, dès qu'ils se trouvent abandonnés aux mains d'un tâcheron quelconque, les voilà qui se redeviennent soudainement les deux tocards bourrés de frime venus de Little Italy. Leurs filmographies des années 90-2000 sont édifiantes, chacun cherchant vraisemblablement à faire pire que son concurrent.
Mais parce qu'il faut une âme d'enfant pour aimer le cinéma, on s'installe devant La loi et l'ordre avec un semblant d'excitation et une envie de croire au miracle. Au bout de deux minutes trente, on comprend que c'est râpé. Ça commence par une marmelade d'images mal torchées et mal montées, qui réduisent tous les espoirs en cendres. Difficile de faire pire côté narration, un milliard d'informations sans doute capitales nous étant livrées au gré de petites scènes juxtaposées et incompréhensibles. Il faudra ensuite une bonne demi-heure pour parvenir à se raccrocher à un film dont l'intrigue est loin d'être aussi complexe que voudrait nous le faire croire le scénariste Russell Gewirtz (honteusement désigné comme un grand espoir pour son piteux scénario d'Inside man). Derrière un ennuyeux blabla sur les forces conjuguées de l'insigne et de l'arme (se référer à l'affiche) se cache une toute petite histoire de vilain serial killer, qui tue les pires pourritures pour rendre la planète plus propre. Les enquêteurs ne tarderont pas à se rendre à l'évidence, au terme d'une série de déductions foireuses : le coupable ne peut être qu'un flic. Et c'est parti pour un long embrouillamini auquel on a tout compris depuis la scène d'exposition la plus téléphonée de l'année. Un bandeau "ce film contient un twist final" serait apposé au bas de l'écran que ça ne serait pas plus voyant.
Quand l'intrigue est moisie et la réalisation quelconque, il reste à se tourner vers l'interprétation. Et comment sont-ils, nos vieux briscards ? La réponse est dans la question : ils sont vieux. Même plus assez cabotins pour nous faire rire, ils semblent surtout usés jusqu'à la moëlle par les ribambelles de navets qui leur ont récemment permis de payer leurs impôts. Pire : comme dans l'infâme 88 minutes (première collaboration Avnet - Pacino, qui font moins atroce ici, quand même), on ricane devant cette relation entre un flic de soixante balais et une jeunette très très très canon (ici, Carla Gugino, qui vaut mieux que tous ses rôles de Miss Nichons). Voir De Niro la prendre par derrière sur un canapé n'apporte pas grand chose à la matière du film, et sonne définitivement le glas d'un acteur qui ferait bien de prendre sa retraite. À la fin du film, les deux hommes se retrouvent allongés l'un sur l'autre, dévastés par l'abracadabrantesque révélation qui vient d'être faite, et on a soudainement très envie de sortir une arme et de les achever tous les deux afin qu'ils n'entachent pas plus leurs carrières passées.


2/10


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