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Elliott Smith - Figure 8 (2000)

Publié le 14 octobre 2008 par Oreilles
Plongez-vous dans vos discothèques, et vous verrez que l'année inaugurale des 00's fut assez terne, et que peu de disques méritent de rester au panthéon de nos anthologies persos. C'est la raison pour laquelle ce 5ème et ultime album d'Elliott Smith de son vivant constitue véritablement l'une des rares oasis de l'année 2000 à laquelle venir s'abreuver a posteriori. Trop jeune, trop doué, trop tourmenté, les qualificatifs n'ont pas manqué pour décrire l'univers sombre et sans issue de l'auteur-compositeur révélé par la bande-son de Will Hunting, laquelle piochait entre autres dans l'excellent Either/Or (1997). Une chose est sûre : entre autres balladins indécrottables de la culture pop/folk US, tous les Adam Green ou autres Ron Sexmith, l'homme au visage taillé à la serpe figurait indubitablement parmi les plus cruciaux de son époque ; il n'en est que plus regretter aujourd'hui ! Qui d'autre que lui a su à ce point reprendre l'étendard lennonien -cette voix, ces inflexions déchirées, toujours à la limite de la rupture - que Smith ? Sur Figure 8, dont le titre est un clin d'oeil à une figure prisée des skaters, cet art de la rupture est poussé à son comble. Même sur "Son Of Sam", pourtant peu avare d'accords majeurs, la fêlure est au rendez-vous, ne serait-ce qu'au son de cet orgue triste qui sert d'ouverture. Le même constat vaut pour le superbe"Happiness", faussement apaisé, enchaîné à la mandoline mélancolique de "The Gondola Man". L'artiste ne se complait pas donc dans des mid-tempos larmoyants, mais au contraire, sait envoyer la sauce sur les très entraînants "Junk Boy Trader" et "L.A" et ses scratchs de 6 cordes !Mais il est vrai que dans l'ensemble, l'album suit une linéarité descendante dans l'humeur. Plus les morceaux défilent, plus les pianos et orgues émergent en de poignantes mélodies ("Cold Bars", "Pretty Mary K."), jusqu'à au souffle du final hanté de ce "Bye" prémonitoire. Ce qui retera cepandant à mes yeux, la quintessence de l'art d'Elliott, c'est cette voix en apparence distante et déjà "ailleurs" sur ce qui constitue la plus belle réalisation Smithienne, à savoir l'affolante et alambiquée mélodie de "Everything Means Nothing To Me". A elle seule, elle résume tout le nihilisme ainsi que la sourde beauté de ce disque. " en bref : aucune avant-garde, aucune expérimentation ici ; simplement des chansons, des refrains à pleurer, et dont la beauté évidente remuent longtemps après écoute. Un classique.
Le site off d'Elliott , un très bon site français de l'artiste ainsi que le Myspace à la gloire de New Moon
"Stupidity Tries"

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