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Lois et Code de Gouvernance

Publié le 14 octobre 2008 par Jfa

Entendons-nous bien, ce ne sont pas les parachutes dorés qui sont responsables de la crise financière. Les règlementer ne fait pas partie des choses qui atténueront cette même crise.

Ceci dit, c’est un scandale qui dure depuis trop longtemps et N. Sarkozy, en les désignant comme boucs émissaires d’une crise qui, en réalité est dûe au laxisme des politiques libéraux, sociaux ou non, ne fait que reprendre une revendication de la gauche dont le seul défaut aura été de ne pas les règlementer du temps où elle était au pouvoir.

Ceci dit, je m’interroge sur l’efficacité du Code de Gouvernance que nous propose le Medef car il s’adresse à des gens dont une partie au moins a spéculé sur des créances pourries en connaissance de cause pour “faire du fric” en sachant qu’il en récupèreraient toujours une partie.  Il s’adresse à des responsables de banques qui, corsetés par une règlementation stricte, ont créé des structures hors-bilan pour ces spéculations osées. Avec les résultats que l’on a vu, la mise à contribution de l’état et une récession économique qui va durer plusieurs années.

S’il ne faut pas mettre tous les dirigeants d’entreprise dans le même sac, il est plus que vraisemblable que leur distribution statistique sur un axe d’éthique s’inscrit, comme pour tout autre population, sur une courbe de Gauss. Je me demande ce que donnerait une charte de ce type, enjoignant de respecter le bien d’autrui, proposée à tout groupe de gens comprenant des délinquants réels ou potentiels ?

Et puis, au delà des gens, c’est le système qui est en cause depuis le consensus de Washington, c’est ce dogme du marché remplaçant la démocratie, ce sont les discours de tous les idéologues rejetant avec mépris toute réfutation, pourtant de bon sens, sur l’équilibre spontané des marchés. Ceux qui occupent nos écrans de télévision sans interruption depuis près de 30 ans pour nous expliquer que le libéralisme financier est bon pour nous et que de toute manière il n’y a rien d’autre à faire, … Tous ces domestiques des goinfrés de capitaux, et plus généralement, tous ceux qui se sont couchés devant l’ultra-libéralisme mis en place par la Commission Européenne.

Lorsqu’on sait comment fonctionnent les conseils d’administration des grandes entreprises, celles où les administrateurs ont l’habitude de se renvoyer les ascenseurs et quels sont les pouvoirs réels des assemblées générales d’actionnaires, on peut s’interroger sur l’écart entre les mines sévères et les propos définitifs de notre Président avec l’abandon d’une loi sur les “parachutes dorés” au bénéfice d’un “Code de Gouvernance”

Mais n’avais-je pas écrit dans un billet précédent: Au passage, il menace les patrons du CAC 40, s’ils ne se mettent pas d’accord pour camoufler un peu mieux l’énormité de leurs rénumérations, d’une loi d’ici la fin de l’année. On verra la souris qui sera accouchée par cette montagneuse déclaration”.

En attendant, qu’en est-il de la “dépénalisation du droit des affaires” qu’il nous avait annoncé en début de mandat ?

- F. Fillon fait maintenant du Sarkozy: il entend supprimer les paradis fiscaux..! Voir aussi la réponse d’A. Montebourg.


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