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Crise financière : de contradiction en contradiction ...

Publié le 22 octobre 2008 par Christophe Laurent

Depuis le début de la crise financière, les annonces de plan de sauvetage du système bancaire et donc du fondement même du système économique dans lequel nous évoluons se multiplient. Et pourtant, de part et d'autre de l'Atlantique, de l'Asie aux Etats-Unis en passant par l'Europe, ces annonces ne permettent pas de rétablir la confiance. De fait, nos responsables politiques, notamment en France, nous l'ont annoncé cette crise sans précédent aura des conséquences sur l'économie réelle, sur le fameux pouvoir d'achat, sur l'emploi et donc sur le nombre de personnes astreintes au chômage. Des indicateurs nous confirment dès à présent cette tendance qui était peut-être inscrite dans un cycle économique mais qui s'en trouvera forcément accentuer : les professionnels du bâtiment annoncent un ralentissement de leurs commandes, l'euro dont on vantait jusqu'à présent la valeur face au dollar est aujourd'hui au plus bas ... C'est dans ce contexte que le ministre français du budget, Eric Woerth, a prévenu qu'il était prêt à revoir ses prévisions budgétaires à l'aune de la crise actuelle, cette révision bien sûr impliquerait moins de dépenses publiques. Et voilà la contradiction - que dis-je ? - le camouflet lancé au visage de tous les citoyens. Non seulement, nous constatons la faillite d'un système capitaliste fondé sur la spéculation outrancière, système qui ne profite qu'à une poignée d'individus à travers le monde ! Mais en plus, il nous faut entendre que l'Etat, donc nous citoyens, devrons renflouer ce système par l'injection de milliards d'euros ou de dollars dont l'origine reste mystérieuse à beaucoup ! N'en doutons pas, sur ce dernier point expliquons bien aux citoyens que l'Etat français - je me limite à ce que j'ai entendu - devra emprunter sur le marché international. Or pour pouvoir le faire dans le contexte actuel, il devra donner de solides garanties qui coûtent cher en terme de crédit. Or si l'Etat emprunte, c'est qu'il devra rembourser, donc vous et moi ! Et voilà la boucle des contradictions : pour continuer à sauver le système, on préconise le recours au mal qui est à l'origine de nos difficultés actuelles !!!

Ce n'est pas la seule contradiction sur laquelle je souhaitais revenir ce jour. Vous avez peut-être entendu parler des propositions de Nicolas Sarkozy, dont on ne peut nier l'activisme politique, consistant à vouloir « moraliser » le système capitaliste et financier. A tel point que José Bové était presque prêt à lui envoyer une carte d'adhésion estampillée ATTAC, à tel point que Nicolas Sarkozy est considéré par certains députés européens comme socialiste. Quelle gageure ! C'est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy s'est adressé au premier ministre luxembourgeois et aux autres pays du continent européen, la Suisse, l'Autriche, et le Lichtenstein  pour dénoncer les paradis fiscaux.

Dans cette perspective, Eric Woerth a dit que « nous ne pouvons plus accepter que des Etats prospèrent sur la fraude. Nous ne pouvons plus tolérer que l'image du système financier international soit vérolée par des poches d'opacité, de secret excessif, d'absence de régulation».  Ne faudrait-il pas conseiller à nos ministres et à notre président de la République plus de prudence dans les propos. En effet, la semaine dernière, Denis Robert dont on se souviendra de la charge contre le système bancaire luxembourgeois, au travers de l'histoire et de l'affaire Clearstream, s'est vu condamné en diffamation. Pour quel motif ? parce que le journaliste avait prétendu dans son livre « La boîte noire » que la société luxembourgeoise était une banque de blanchiment de l'argent sale ! N'est-ce pas ce que sous-entend de manière à peine voilée aujourd'hui Eric Woerth et Nicolas Sarkozy en tête ?


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