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Il y a 20 ans : la Megadrive

Publié le 30 octobre 2008 par Onigiri
Au début du mois, je vous disais que j’allais lancer une nouvelle rubrique sur ce blog. Je vous ai expliqué qu’on allait parler, ensemble, tous les mercredis, de ce qu’il se passait il y a exactement 20 ans, à la même date, dans le petit monde merveilleux du jeu vidéo. Et vous, comme vous êtes des gens polis et bien élevés, vous ne me ferez pas remarquer que je n’ai pas posté un seul putain de billet pendant près de trois semaines. Mais je le sais déjà. Faut dire que le mois d’octobre n’ayant que deux mercredis, ça n’aide pas beaucoup, hein ? Ajoutez à ça un voyage au Japon, et vous obtenez un mois désastreux en terme de productivité sur ce blog.

Reprenons donc les choses sérieuses, car heureusement (ou malheureusement, en fait), je ne voyage pas tous les mois au Japon. Alors, que se passait-il il y a exactement 20 ans ? Et bien, je dois avouer, mes chers amis, que ce mercredi 29 octobre 2008 tombe de manière aussi juste qu’impromptue, puisqu’il célèbre les 20 ans (au jour près, je vous laisse vérifier) de notre très chère Megadrive, qui est sortie le 29 octobre 1988 au Japon.

À l’époque, SEGA voulait absolument mettre sur le marché, le plus vite possible, une console capable de surpasser la Famicom en terme de popularité. Parce que déjà à ce moment-là, Nintendo détenait des parts de marché écrasantes avec sa petite console (92% du marché japonais, en l’occurrence), pourtant complètement dépassée techniquement, mais qui ne laissait que peu de place pour la concurrence. Et face au monstre de popularité qu’était la Famicom, la Master System (mieux connue au Japon sous le nom de SG-1000 Mark III), sortie en 1985 dans l’archipel, ne peut pas faire grand chose.

SEGA doit contre-attaquer, et développe alors en vitesse une nouvelle machine. Le but : créer un monstre de puissance pour l’époque : processeur Motorola 68000 (un des plus célèbres de sa génération, qui équipe notamment le tout premier Mac, l’Amiga, l’Atari ST, la Neo Geo, la calculatrice TI-89, l’Airbus A320…) cadencé à 7,67 MHz (4,5 fois plus rapide que la Famicom), 72 Ko de mémoire vive (36 fois plus que la Famicom), processeur sonore fourni par Yamaha et processeur vidéo de chez Texas Instrument. Lors de sa sortie, cette console possède des capacités virtuellement illimitées pour l’époque.

Pour l’accompagner lors de sa sortie, deux jeux sont disponibles : Space Harrier II et Super Thunder Blade. La console s’exportera aux États-Unis le 14 août 1989 sous le nom Genesis (Megadrive étant déjà une marque déposée là-bas), et le 30 novembre 1990 en Europe. Au total, et tout au long de sa vie, la console va connaître près de 800 titres, mais ce n’est qu’en 1991 que la révolution Sonic va faire son apparition sur la console de SEGA. Du reste, la Megadrive est également la console qui aura connu le plus de déclinaisons : Megadrive II (plus petite, plus jolie, plus simple), Megadrive 3 (aux USA et au Brésil seulement), Multimega (qui regroupe Megadrive et Mega-CD sous la forme d’un baladeur portable qui marche à piles), Nomad (la version portable), Mega Jet (qui équipait les avions de Japan Airlines), MegaPC (un PC avec un port cartouches Megadrive, en fait), etc… Ce qui est vraiment dingue, d’ailleurs, c’est que plus le temps passe, et plus j’en découvre, notamment une version sortie uniquement au Japon, et en partenariat avec Aiwa, qui propose en fait une platine CD portable avec un port cartouche et un port manette Megadrive. La platine, qui se branche à une TV, est capable de lire les jeux Megadrive, mais aussi les jeux Mega-CD.

Mais parlons-en, au fait, du Mega-CD. Puisque les cartouches, c’est bien beau, mais dans les années 80 et surtout 90, le CD fait rêver tout le monde, et est déjà considéré comme le média du futur. Pour les constructeurs, ce n’était donc pas bien compliqué de proposer un appareil supplémentaire à ajouter à sa console pour qu’elle puisse lire les CD. Si Nintendo s’est complètement loupé sur ce coup, après avoir échoué ses négociations avec Sony (ce qui donnera naissance à la PlayStation, mais on y reviendra plus tard), SEGA a plutôt bien géré la chose. Le Mega-CD se présente donc sous la forme d’une platine, qui se branche sur la Megadrive grâce à une prise prévue à cet effet. Il voit le jour le 12 décembre 1991 au Japon, et sortira respectivement en 1992 et 1993 aux USA (où il s’appelle Sega-CD, cherchez pas à comprendre) et en Europe. Il était donc possible de jouer à des jeux qui n’auraient jamais tenu sur une cartouche (Night Trap, Monkey Island, la version originale de Dragon’s Lair… le support compte même une encyclopédie interactive), avec des vidéos et tout ce qui va bien, mais avec l’inconvénient d’introduire des temps de chargements plus ou moins longs, ne serait-ce que pour lancer le jeu.

En fin de vie de la console, en novembre 1994 pour être plus précis, est apparu le 32X. Cette fois, retour au support cartouches, mais bien, bien plus puissantes que celles de la simple Megadrive, d’autant que l’appareil embarque pour la première fois un processeur 32 bits. Il se présente sous la forme d’une espèce de soucoupe qui se branche sur le port cartouche de la Megadrive, et donne donc accès à des jeux… en 3D polygonale ! Ça semble révolutionnaire pour l’époque, mais le public ne prend finalement pas, ne sachant pas trop s’il doit se ruer sur cette énième extension pour une console déjà vieille, ou attendre la Saturn, sortie exactement au même moment.

C’est en 1998, après 10 ans de bons et loyaux services, près de 800 jeux et 29 millions d’exemplaires vendus, que SEGA décide de cesser la production et le support technique de sa Megadrive. Mais ça n’empêchera pas les joueurs et les fans de SEGA (et nous savons qu’ils sont encore nombreux) de considérer cette Megadrive comme une des plus belles réussites du constructeur, qui aura introduit des jeux inoubliables comme Sonic, The Story of Thor, Phantasy Star, Street of Rage et tant d’autres…


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