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101. Truffaut : La nuit américaine

Publié le 14 octobre 2008 par Mouflon
1001 films : La nuit américaine
Palmarès des meilleurs films du 20ème siècle :
Absent de ce palmarès
Film français réalisé en 1973 par François Truffaut (1932-1984)
Avec François Truffaut, Jean-Pierre Léaud, Jacqueline Bisset, Valentina Cortese, Jean-Pierre Aumond, Alexandra Stewart, Nathalie Baye, Bernard Menez
Pourquoi j'aime tant ce film qui, apparemment, laisse froid les spécialistes du cinéma (absent de la plupart des palmarès de films) et qui a suscité à sa sortie un tollé de la part des cinéphiles de gauche (marquant, entre autre, la rupture définitive entre Truffaut et Godard)?
Pourquoi, à chacun des visionnements, c'est un direct au coeur que je reçois, comme une ancienne histoire d'amour qui revient nous hanter?
Dans le désordre, les raisons de cette passion.
1. D'abord pour cette réplique de Ferrand (Truffaut) s'adressant à Alphonse (Léaud) qui m'émeut à chaque fois :
"Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, pas de temps mort. Les films avancent comme des trains, tu comprends, comme des trains dans la nuit. Des gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail, dans notre travail de cinéma."
2. Aussi pour toutes ces références à l'histoire du cinéma (photos volées dans un cinéma, bouquins de cinéma, le jeu questionnaire de Monsieur Cinéma, la rue Jean-Vigo, la surdité de William Wyler, etc.). Un vrai régal pour cinéphile. D'ailleurs, c'est un film que Truffaut adresse aux cinéphiles. Le film n'est-il pas dédié aux soeurs Lilian et Dorothy Gish? Qui, en 1973, pouvaient connaître ces actrices de l'époque du muet à part les fous de cinéma?
3. Pour cette séquence accompagnée du merveilleux Grand Choral de Georges Delerue. À ce moment du film, habituellement, je craque.


4. Pour la performance bouleversante de Valentina Cortese, en comédienne alcoolique incapable de jouer son personnage dans Je vous présente Pamela (film dans le film) mais qui défonce l'écran dans La nuit américaine. En nomination pour l'oscar de la meilleure actrice de soutien en 1975. Il a été remporté par Ingrid Bergman qui lors de son speech d'acceptation dit que la statuette aurait dû être donnée à Valentina Cortese.
5. Parce que le visionnement de La noche americana, seul à Madrid en 1973, a eu lieu à une période marquante de ma vie; conséquemment, ce film est devenu ma "madeleine de Proust".
6. Pour cette Nathalie Baye à lunettes qui commence sa carrière au cinéma, pour mon plus grand bonheur et dont le personnage dit : "Je laisserais un mec pour un film mais jamais un film pour un mec".
7. Pour cette comparaison qui nous renvoie à la passion pour l'Amérique de Truffaut : "Un tournage de film ça ressemble exactement au trajet d'une diligence au Far West. D'abord, on espère faire un bon voyage et puis, très vite, on en vient à se demander si on arrivera à destination."
Le titre : On nous dit toujours que le titre "la nuit américaine" renvoie à une technique utilisée au cinéma consistant à filmer, de jour, des scènes de nuit en utilisant un système de filtres adéquat. Technique initiée et popularisée par le cinéma américain des années 30 sous le nom de Day for Night.
Par contre, en lisant la biographie de François Truffaut, écrite par Antoine de Baecque et Serge Toubiana, on découvre que Truffaut, pour des soucis de publicité dans les cinémas de province, a donné une autre explication à son titre. Croyant que les Français de la province risquaient de se détourner de son film, le croyant trop intellectuel avec un tel titre pour cinéphile, (toujours douloureux cette condescendance toute parisienne) a décidé de dire aux journalistes que le titre provenait, en fait, de la séquence dans laquelle Alphonse (Léaud) passait la nuit avec Julie (Bisset), la belle américaine. Un peu tordu, le Truffaut.
Lecture cinéphilique en cours :
Zanuck, le dernier grand nabab par Leonard Mosley.
Pour une plongée infernale au coeur de l'ogre hollywoodien. Mais surtout une pléthore de potins style "Zanuck a une liaison orageuse avec Juliette Gréco" eh bien! les bras m'en tombent. Comment peut-on imaginer Hollywood couchant avec St-Germain-des-Prés dans les années 50!
Biographie fascinante quand même. Un début de vie à la Jack London dans le L.A. du début du 20ème siècle. Bon, je n'en suis qu'au début. D'autres potins croustillants suivront.
Oscar 1974 pour le meilleur film étranger
Évaluation IMDB : 8 sur 10 par 4 563 votants
Toutes les informations sur le film du IMDB
Visionné, la première fois, au cinéma à Madrid en septembre 1973
À Madrid pour quelques jours, avant de descendre en Andalousie à la découverte du flamenco à Sévilla et Cordoba. Puis, une petite incursion au nord du Maroc, à Tanger, ville passablement mal famée à l'époque.
Mon 101ème film des 1001 films à voir avant de mourir

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LES COMMENTAIRES (2)

Par Xavier Le Garrec
posté le 21 novembre à 00:52
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laisser tomber la première citation que je marque que tu as mieux retranscrit (je l'avais marqué de mémoire. Merci !

Par Xavier Le Garrec
posté le 21 novembre à 00:47
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j'adore ce film, merci de ces citations !!

je retiens aussi les deux suivantes :

“Ca je ne comprends pas. Moi je pourrais quitter un homme pour (tourner) un film, mais je ne pourrais jamais quitter un film pour un homme.”

“- Est ce que les femmes sont magiques ? - Mais non les femmes ne sont pas magiques. Et quand elles disent : “oh dans ma vie j’ai rencontré plein de gens exceptionnels, ça veut juste dire qu’elles ont couché avec un tas de type, c’est tout.”

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