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Jean-Luc Mélenchon aspire à former un front anti-traité de Lisbonne

Publié le 03 décembre 2008 par Hmoreigne

 La bataille des élections européennes a déjà commencé. En claquant la porte du Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon met ses actes en accord avec ses idées et souhaite apporter son eau au moulin de la clarification politique. Loin de vouloir contribuer à la balkanisation de la gauche, le sénateur de l’Essonne vise à constituer autour de sa nouvelle formation, le parti de gauche, un front de ceux qui s’opposent à une vision de la construction européenne incarnée par le Traité de Lisbonne.

« Je ne suis pas une marque de savonnette en concurrence avec une autre ». Jean-Luc Mélenchon a déployé ses talents oratoires imagés pour expliquer sur l’antenne de France Inter le 2 décembre les raisons de sa démarche. Le sénateur constate que 80% des lois adoptées sont des transpositions de directives européennes et que 100% doivent leur être conformes. C’est dire si la question de l’orientation politique de l’Union Européenne est à ses yeux centrale. Suffisamment pour nécessiter une clarification au sein de la gauche française.

Le parlementaire estime qu’il manque à gauche une voix qui incarne l’opposition à un Traité de Lisbonne accusé de tous les maux. Une voix, pour ne pas dire un visage, mais aussi une capacité à rassembler, dans une force cohérente, tous les opposants au Traité. Dans une démocratie, il ne doit pas y avoir selon Jean-Luc Mélenchon une absence de choix possible. Le sénateur veut être porteur d’une alternative et réfute la thèse selon laquelle « on ne peut pas faire autrement, on ne touche à rien et on continue à souffrir en silence ».

L’ex-socialiste le confie bien volontiers, le grand objectif du Parti de Gauche, ce sont les élections européennes. Il n’est pas question de fusionner avec les autres partis qui partagent le même objectif mais de constituer un arc anti-traité. Jean-Luc Mélenchon table sur sa capacité à réveiller la France du Non qui avait suscité un véritable séisme politique le 29 mai 2005.

Le responsable du PG estime que « la règle de constitution de l’Europe, ce n’est pas l’intérêt général résultant de délibérations collectives c’est, la main invisible du marché, la concurrence libre et non faussée ». Les réserves manifestées par l’UE au plan français de sauvetage des banques constituent selon lui « une démonstration caricaturale de la nocivité de la Commission, pas des individus qui la composent qui sont des gens intelligents mais respectables mais, ils appliquent ce pour quoi ils ont été créés ».

Le parlementaire a évoqué l’exception politique Française dans laquelle l’Etat a toujours joué un rôle central, « la tradition républicaine Française c’est que ce n’est pas la main invisible du marché qui règle tout car, nous sommes assez expérimentés pour savoir qu’elle conduit au désastre ». Une conception qui serait donc antagoniste avec « cette construction anglo-saxonne grotesque qui s’appelle la Commission européenne et le Traité de Lisbonne ».

Nicolas Sarkozy qui joue sur les deux tableaux n’a pas été épargné. « Il ne fera rien » a martelé Jean-Luc Mélenchon qui a pris un malin plaisir à rappeler en parlant du Président de la République et du Traité de Lisbonne « Il nous a assez dit que c’était lui qui avait écrit ce Traité ».

La clarification toujours, sauce Mélenchon, c’est de ne pas oublier la scène politique intérieure : « il ne faut pas rendre les choses confuses lorsqu’elles ne le sont pas (…) l’homme qui a rédigé le Traité de Lisbonne dans lequel est écrit en toutes lettres il est interdit d’harmoniser, interdit de subventionner les entreprises, c’est Nicolas Sarkozy ».

Crédit photo : Eric Prados


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