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Mépris

Publié le 20 décembre 2008 par Hoplite

Montfermeil: Amara critique Besson

AFP
19/12/2008 |.

La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara a estimé aujourd'hui sur France Info que le cinéaste Luc Besson avait manqué de discrétion à Montfermeil (Seine-Saint-Denis) où il avait initialement choisi de tourner un film avec John Travolta avant de finalement tourner à Poissy (Yvelines).
En octobre, Luc Besson avait interrompu le tournage de "From Paris with love" produit par sa société Europacorp à Montfermeil après l'incendie volontaire de dix voitures de la production.
Selon la secrétaire d'Etat, si Luc Besson est parti dans une autre banlieue, "ce n'est pas qu'elle est plus calme, c'est surtout qu'il est pas arrivé en disant  "Voila j'ai des gros sous, j'arrive".
"Il faut faire attention à la manière dont on arrive dans certains quartiers, il y a des choses qu'il ne faut pas faire (...) il a bien fait de choisir la discrétion (à Poissy) et de faire (le tournage) tranquillement et sereinement et pas à grands coups de caméra comme il l'a fait à Montfermeil".

"C'est ça, la réalité et les jeunes de Montfermeil, une partie, ont vraiment voulu axer la discussion et le rapport de force avec Luc Besson sur les questions d'argent. Ca a donné le résultat que ça a donné, c'est à dire qu'au bout d'un moment, comme ils n'obtenaient pas ce qu'ils voulaient, ils ont cramé, ce qui est un scandale par ailleurs" a-t-elle dit.

Chère fadela,

Je vous ai écouté avec intérêt hier matin sur France info et ne puis qu’abonder dans votre sens.

J’ai été, comme vous, stupéfait par les propos de Luc Besson.

Comment ce monsieur, tout enflé de la suffisance habituelle des bobos parvenus, s’arroge-t-il le droit de tourner un film dans notre quartier tranquille de Montfermeil, chantre de la diversité heureuse, au mépris de tous les usages. J’ai ainsi appris que lui et son équipe n’avaient pas daigné demander une autorisation de tournage aux autorités compétentes c’est-à-dire l’assemblée des grands frères dirigée par le grand caïd et l’imam I***, autorité spirituelle incontestée de notre communauté.

Il semblerait également que ce grossier personnage n’ai accordé à la jeunesse studieuse de Montfermeil qu’un dédommagement risible eu égard à la gène occasionnée part ce tournage, qui plus est, d’un film impie.

Comment s’étonner alors de la réaction un peu vive mais bien naturelle de ces jeunes méritants et bien souvent objet de pareilles discriminations ?

La moindre des choses eut été de se présenter de façon modeste aux chefs de notre communauté en apportant les présents d’usage. Mais non, ce Mr Besson ne porte manifestement aucune considération aux usages habituels d’un visiteur. Serait-ce un manque de respect, voire du racisme ? Je pose la question simplement, sans animosité.

Plus encore, il m’eut paru naturel que ce film fut tourné entièrement par des hommes et des femmes de notre communauté, tout au moins issus de la diversité. Comment ce kafir de Besson peut-il imaginer une seconde saisir l’atmosphère de tolérance chaleureuse intercommunautaire qui règne ici ?

Comment s’étonner alors du ressentiment légitime de notre jeunesse déjà stigmatisée et victime d’une violence symbolique omniprésente dans nos quartiers. Quelques voitures endommagées ne sont rien au regard du mépris teinté de colonialisme arrogant que ressentirent mes coreligionnaires lors de l’irruption grossière de ces messieurs au sein de notre communauté paisible.

Chère Fadela, vous avez bien raison de reprendre ce monsieur arrogant et indélicat.

Merci également pour ce langage fleuri et direct qui fait tant pour régénérer une langue archaïque et sclérosée, oppressive à bien des égards envers la diversité, comme le soulignait récemment Mr Alain Rey.

Je reste à votre entière disposition pour toute démarche utile vis-à-vis de la HALDE qui pourrait bien débrouiller dans cette affaire une discrimination supplémentaire à l’égard de nos frères et sœurs de Montfermeil. Ou tout au moins pour obtenir de ce grossier personnage qui porte si mal la barbe de notre prophète, de plates excuses et la promesse d’un dédommagement substantiel.

Croyez, Fadela, à mes meilleurs sentiments.

S*** R***.

Médiatrice sociale.


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