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Complications du diabète

Publié le 28 décembre 2008 par Marieclaude

Les complications associées au diabète à long terme touchent environ 40 % des diabétiques, indépendamment du type de diabète. Ainsi, toutes les personnes n'en seront pas nécessairement atteintes et, chez celles qui le seront, les symptômes seront plus ou moins graves. Il s'agit, dans tous les cas, des conséquences physiologiques d'un taux de glucose sanguin élevé sur une longue période. Pratiquement toutes les parties du corps peuvent subir les contrecoups d'un diabète mal contrôlé : le coeur, les vaisseaux sanguins, les reins, les yeux, le système nerveux, etc.

Auparavant, les personnes atteintes de diabète avaient une espérance de vie réduite en raison des complications aiguës de la maladie (par exemple, un coma diabétique causé par l'hyperglycémie). Maintenant que la médecine dispose de nombreux outils pour mieux contrôler la maladie à court terme, les complications à long terme deviennent plus fréquentes. Mais il est possible de retarder ou de prévenir la majorité de ces complications.

Types de complications

Maladies cardiovasculaires. Le diabète contribue à l'émergence des maladies cardiovasculaires. Avec le temps, un taux élevé de glucose dans le sang cause la coagulation sanguine et augmente le risque d'obstruction de vaisseaux sanguins près du coeur (infarctus), au cerveau (ACV) ou aux pieds (gangrène). L'âge, l'hérédité, l'hypertension, l'embonpoint et le tabagisme influencent aussi leur apparition. Les diabétiques de type 2 ont souvent un profil qui les rend au départ plus à risque de ce genre de maladie. Les maladies cardiovasculaires sont deux à quatre fois plus fréquentes chez les diabétiques que chez les autres.

Néphropathie. Le terme néphropathie provient du grec nephros = rein. Le tissu des reins est constitué d'une multitude de minuscules vaisseaux sanguins qui forment un filtre dont le rôle est d'éliminer les toxines et déchets du sang. Comme le diabète cause des troubles vasculaires, ces petits vaisseaux peuvent en être affectés au point d'entraîner une détérioration progressive des reins qui se manifestera par divers troubles, allant de l'insuffisance rénale à la maladie rénale irréversible. Notons que l'hypertension contribue grandement aux troubles rénaux.

Neuropathie. La neuropathie est le nom générique donné aux affections qui touchent les nerfs et qui peuvent être passablement douloureuses, quelle qu'en soit la cause. Les troubles du système nerveux se développent dans les dix premières années du diabète chez 40 % à 50 % des personnes diabétiques de type 1 ou 2. Cela en raison d'une mauvaise circulation sanguine (donc d'un apport en oxygène insuffisant pour les nerfs) et du taux élevé de glucose, qui altère la structure des nerfs. Le plus souvent, le sujet ressent des picotements, des pertes de sensibilité et des douleurs qui se manifestent d'abord au bout des orteils ou des doigts, puis remontent progressivement le long des membres atteints. La neuropathie peut aussi toucher les nerfs qui contrôlent la digestion, la pression sanguine, le rythme cardiaque et les organes sexuels.

Rétinopathie. Le diabète peut conduire à une détérioration progressive de la vision. Il s'agit de la complication la plus fréquente : pratiquement toutes les personnes souffrant du diabète de type 1 développent des troubles oculaires, tandis qu'elle touche 60 % des diabétiques de type 2. On appelle « rétinopathies » ces troubles aux yeux, même si d'autres parties de l'oeil que la rétine peuvent être touchées (comme le nerf optique, par exemple). Cette détérioration peut mener à la formation de cataractes et au glaucome, voire à la perte de la vue.

Sensibilité aux infections. L'élévation de la glycémie et la fatigue parfois engendrée par la maladie, rendent les diabétiques plus à risque d'infections épisodiques parfois difficiles à guérir, notamment des infections de la peau, des gencives, des voies respiratoires, du vagin ou de la vessie. En outre, les troubles de la circulation sanguine peuvent avoir pour effet de ralentir le processus de cicatrisation après une blessure, ce qui peut causer des infections récalcitrantes dans les plaies.

Symptômes

Maladies cardiovasculaires

  • Une cicatrisation lente.
  • Des douleurs à la poitrine durant un effort.
  • Des douleurs aux mollets qui gênent la marche (claudication intermittente).

Néphropathie

  • La présence d'albumine dans l'urine, détectée par un test en laboratoire (normalement, l'urine est exempte d'albumine).
  • De l'hypertension annonce parfois le début de l'atteinte aux reins.

Neuropathie

  • Une diminution de la sensibilité à la douleur, à la chaleur et au froid dans les extrémités.
  • Des picotements et une sensation de brûlure.
  • Une dysfonction érectile.
  • Un ralentissement de la vidange de l'estomac, provoquant des ballonnements et des régurgitations après un repas.
  • Une alternance de diarrhée et de constipation si les nerfs de l'intestin sont affectés.

Rétinopathie

  • Des taches dans le champ de vision.
  • Une sécheresse des yeux.
  • Une vue embrouillée.
    N.B.
    Parfois, il y a absence de symptômes. Consulter un ophtalmologiste régulièrement.

Sensibilité aux infections

  • Infections diverses : de la peau, des gencives, des voies respiratoires, du vagin, de la vessie, de la vulve ou du prépuce.

Personnes à risque

  • Toutes les personnes diabétiques sont à risque de complications à long terme.
  • Le bagage génétique influence le niveau de risque.

Facteurs de risque

  • Avoir un taux de glucose souvent au-dessus de la normale.
  • Souffrir d'hypertension.
  • Avoir un taux de cholestérol élevé.
  • Fumer la cigarette.

Prévention

Les personnes diabétiques peuvent prévenir ou du moins ralentir le développement des complications du diabète en surveillant et en contrôlant trois facteurs : la glycémie, la pression sanguine et le taux de cholestérol.

Contrôle de la glycémie. Atteindre et maintenir le plus souvent possible un taux de glucose sanguin optimal en respectant le protocole de traitement mis en place avec l'équipe médicale. Voir la fiche Diabète - vue d'ensemble.
Contrôle de la pression sanguine
. Viser une pression sanguine la plus proche de la normale possible et contrôler l'hypertension. Une pression sanguine normale prévient les dommages aux yeux, aux reins et au système cardiovasculaire. Vérifier la tension artérielle régulièrement. Voir la fiche Hypertension.
Contrôle du cholestérol
. Au besoin, veiller à maintenir un taux de cholestérol sanguin le plus proche de la normale. Cela prévient les maladies cardiovasculaires, un problème important chez les diabétiques. Il est recommandé de faire un bilan lipidique à un intervalle variant de un à trois ans. Voir la fiche Hypercholestérolémie.

Au quotidien, quelques conseils pour prévenir ou retarder les complications

  • Respecter le plan d'alimentation établi avec le médecin ou le spécialiste de la nutrition.
  • Éliminer le tabagisme. Les diabétiques qui fument courent plus de risque de souffrir de troubles rénaux, de troubles cardiaques et d'autres problèmes liés au diabète.
  • Pratiquer une activité physique d'au moins 30 minutes, tous les jours idéalement.
  • Boire beaucoup d'eau en cas de maladie, par exemple, si on souffre d'une grippe. On remplace ainsi les liquides perdus et on peut prévenir le coma diabétique.
  • Avoir une bonne hygiène des pieds et les examiner tous les jours. Étant donné que le diabète affecte sérieusement les nerfs, il peut causer de l'insensibilité dans les pieds. De petits problèmes mal soignés peuvent alors dégénérer en graves infections.
  • Passer divers examens chaque année. Un examen général annuel est impératif tout comme d'ailleurs un examen des yeux. Il est important aussi d'aller voir régulièrement le dentiste, car les diabétiques ont tendance à faire des infections des gencives.

Études sur le contrôle intensif de la glycémie

Si un contrôle « normal » de la glycémie aide à réduire les risques de complications liées au diabète, un contrôle intensif serait encore plus bénéfique. Deux études d'envergure fournissent des preuves intéressantes et encourageantes pour les diabétiques.

Diabète de type 1 : le DCCT (Diabetes Control and Complications Trial)
La plus importante étude menée jusqu'à présent est le DCCT, pour Diabetes Control and Complications Trial, dont les observations ont été publiées dans diverses revues scientifiques. Elle comprenait la participation de 1 441 personnes atteintes du diabète de type 1 (des Américains et des Canadiens), toutes âgées de 13 à 39 ans. Les participants étaient suivis durant 6 ans et demi.
Le traitement intensif comprenait :
- un contrôle fréquent de la glycémie, au moins quatre fois par jour;
- au moins quatre injections quotidiennes d'insuline ou l'utilisation d'une pompe à insuline (l'approche classique consiste à administrer deux à trois injections d'insuline par jour);
- l'ajustement de la médication en fonction de l'alimentation et de l'exercice;
- le suivi strict du plan d'alimentation et d'exercice;
- des visites mensuelles chez une équipe de professionnels de la santé.
Les chercheurs ont démontré les bienfaits de cette approche sur la fréquence et la gravité des cas de rétinopathie, de neuropathie et de néphropathie, autant chez les adultes que chez les adolescents. Ainsi, l'apparition et la progression de la rétinopathie ont diminué respectivement de 27 % et 76 %, l'apparition et la progression de la néphropathie ont diminué de 35 % et 56 %, tandis que la sévérité de la neuropathie a été réduite de près de 60 %. Dans un suivi à plus long terme, il a aussi été démontré qu'en contrôlant rigoureusement la glycémie, les risques de durcissement progressif des artères et, par conséquent, d'athérosclérose, diminuaient sensiblement.

Diabète de type 2 : la UKPDS (United Kingdom Prospective Diabetes Study)
La UKPDS, pour United Kingdom Prospective Diabetes Study, est la seconde étude d'envergure à laquelle les spécialistes du diabète se réfèrent3. Cette étude s'attardait principalement sur les effets du contrôle serré de la glycémie et de l'hypertension sur les dommages aux vaisseaux sanguins. Impressionnante dans sa durée (20 ans) et son ampleur (5 102 personnes ayant un diagnostic récent de diabète de type 2), cette étude confirme l'importance d'un traitement rigoureux. Les efforts pour contrôler la glycémie et l'hypertension ont permis de réduire les risques de complications dans les microvaisseaux (aux yeux, par exemple) de 25 % à 32 %. Les chercheurs ont également noté que la baisse de tension artérielle n'a pas besoin d'être énorme pour être bénéfique : une diminution de 10 mm de Hg permettait déjà de réduire les complications.
Des analystes de l'étude observent qu'il est fréquent que la glycémie augmente avec les années chez les personnes atteintes de diabète de type 2, comme leur pancréas perd peu à peu de sa capacité à produire de l'insuline. Par conséquent, il est important d'ajuster la médication en fonction de l'évolution de la maladie pour réduire l'impact du diabète à long terme.

Bonne journée,

Marie-Claude

ref: Passeport.santé


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