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Greco, ou la peinture d’un désastre

Publié le 26 mai 2007 par Brunoh
Les lecteurs réguliers de TOP TV, qui suivent avec attention ma chronique quinzomadaire, le savent : je regarde très peu la télé.
Ce qui ne m’empêche en rien d’en parler, bien au contraire.
À ceux qui trouveraient cet argument illogique, voire fallacieux, j’invite à parcourir l’excellent ouvrage de Pierre Bayard « Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ». De quoi décomplexer les non-lecteurs, ce qui n’est pas mon cas.
Par contre, en transposant son argumentation au monde de la télévision, je puis désormais affirmer sans sourciller que lorsqu’on a compris certaines règles immuables, identifié les « personnalités profondes » des principales chaînes et intégré le rôle incontournable de ce couperet que constitue l’Audimat, on est en mesure de décrypter n’importe quel programme.
Et d’en parler, même sans l’avoir vu.
Pourtant, il est, comme pour toute règle, des exceptions.
En l’occurrence, le vendredi soir, après une dure semaine de labeur, je n’aspire à rien d’autre qu’à me poser devant mon téléviseur afin de me laisser bercer par les séries policières de France 2.
Mois après mois, les héros de la trilogie PJ, Avocats et Associés et Central Nuit sont un peu devenus des amis, même si le commandant Franklin – brillamment interprété par Michel Creton - a souvent dû finir ses enquêtes tout seul, tant j’étais passé depuis longtemps entre les bras de Morphée.
Et puis, soudainement, il y a 15 jours de cela, est arrivé un intrus surnommé Greco.
Un type louche, dont le diminutif rappelle le surnom d’un peintre de la renaissance (je ne pense pas que ce soit fait exprès : France 2 n’est quand même pas ARTE !).
Au lieu de faire des enquêtes normales dans un commissariat ordinaire, Greco commence le premier épisode par un accident grave, à la suite duquel il se retrouve dans le coma. Sympa comme concept : le flic incompétent qui meurt dès le début de la série, il n’y a qu’en France que l’on peut voir des idées pareilles portées à l’écran ! Mais les absurdités ne s’arrêtent pas là.
Vous vous en doutez : le type ne meurt pas vraiment. Il ressuscite, in extremis.
Sauf qu’il est passé tellement près de la mort qu’il en garde de fâcheuses séquelles.
Parmi celles-ci, notons cette désagréable habitude de voir apparaître régulièrement dans son champ de vision des personnes déjà trépassées, parfois depuis fort longtemps. Bon, là on sent que le réalisateur a été tenu de respecter un cahier des charges budgétaire relativement strict. Les effets spéciaux, c’est pas du Spielberg, loin s’en faut. On pourrait plutôt les apparenter au travail besogneux d’un stagiaire en vidéo montage, qui aurait tenté de réaliser des effets de transparence sous Photoshop afin de nous faire croire en l’existence des revenants.
Moi, je ne sais pas si les esprits frappeurs existent, mais pour ce qui est des esprits frappés, je n’ai plus aucun doute sur le sujet : ils se trouvent chez France 2, au service achat des séries ! Pour qu’un truc aussi mal fichu ait pu arriver à l’antenne en prime time un vendredi soir, il faut forcément qu’à un moment ou un autre, un fantôme se soit glissé dans la peau du programmateur. Espérons qu’avec un peu de chance, Greco saura le repérer et l’éliminer rapidement. Sinon, j’appelle le commandant Franklin !

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