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Satyam mouton noir ou pris au jeu

Publié le 14 janvier 2009 par Tkos

Satyam mouton noir ou pris au jeu

Du scandale Satyam, ce fer de lance de l'industrie IT indienne, il faudra tirer beaucoup de leçons.

Le 23 décembre 2008 par une annonce presque banale cette société de services était proscrite de la liste des fournisseurs de la Banque Mondiale. Ce qui aurait pu rester un simple accident explicable par des exigences très strictes d'un organisme mondial du secteur financier, secteur qui est lui même dans la tourmente et la défiance, est rapidement devenu le révélateur d'une fraude gigantesque de 750 millions d'euros d'actifs fictifs.

Dans cette affaire, son déroulement et ses conséquences on découvre à la fois des particularités indiennes et l'illustration, malheureuse cette fois, d'un business mené comme n'importe où dans le monde.

Les choses sont allées très vite pour aboutir à la démission et même la mise en examen du Président de Satyam, Ramalinga Raju. Cela montre que la crise financière de l'automne dernier fragilise davantage ceux qui s'exposent par leur comportement tablant sur la mansuétude qu'on leur a souvent accordée. La question se pose maintenant de savoir quels étaient les vrais mobiles qui conduisaient Ramalinga Raju à falsifier lescomptes, d'autant plus que dans un secteur aussi dynamique avec des résultats souvent insolents cela parait presque naïf quand on est à la tête d'une société reconnue internationalement pour sa qualité et son efficacité. C'est donc probablement autour de ce coeur de métier que pourront émerger les réponses, car la compagnie Satyam est aux mains d'une famille puissante et les premiers éléments laissent à penser que les manipulations auraient pu servir à masquer des opérations sans aucun lien avec les services informatiques. On comprend mieux la ferme volonté des autorités indiennes à livrer la vérité, car il y va de la crédibilité du secteur informatique, vital pour l'économie.

C'est d'autant plus flagrant que même les concurrents, Infosys en tête, se gardent bien de tirer sur l'ambulance, et vont même jusqu'à assurer qu'ils ne démarcheront pas les clients et même n'examineront pas les candidatures des employés de Satyam. Pourtant il n'est pas encore certain que la paye des 53000 salariés soit réalisée. Cette solidarité, surprenante dans un univers très prédateur, n'a probablement pas d'autre raison d'être que d'éviter un naufrage qui cette fois refroidirait les clients et prospects occidentaux.

Posted by Frédéric DONNETTE at 10:57 AM
Categories: Analyses

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