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L'affaire Kouchner : les sales coulisses de la République

Publié le 14 janvier 2009 par Juan

Pierre Péan travaillerait sur un ouvrage sur Bernard Kouchner. Marianne2 en a livré quelques extraits. Le ministre des Affaires Etrangères a fait répondre qu'il n'avait rien fait de mal et pris un avocat. Bakchich.info publie à son tour une rafale de documents. Voici l'affaire Kouchner qui démarre !
Bref rappel de l'affaire :
Pierre Péant s'interroge de savoir si Bernard Kouchner aurait facturé, "via une société créée par deux proches collaborateurs, plusieurs rapports à certains Etats, dont le Gabon". Cette société, IMEDA, réclame encore 817 000 euros d'impayés à l'Etat gabonais, sur quelques 2,6 millions d'euros facturés globalement pour des missions de conseil. Bernard Kouchner a travaillé pour IMEDA à partir de 2004, en tant que consultant, 'pour aider le Gabon à se doter d'un système d'assurance maladie".
Ce que l'on sait :
1. Bernard Kouchner a été rémunéré par une société qui conseillait richement le dictateur gabonais.
Cette information est en soi un choc. Omar Bongo est l'un des dictateurs les plus tenaces de l'Afrique, accusé plusieurs fois de détournements de fonds, richissime dans un pays réputé pauvre, soutien de la Françafrique.
2. Bernard Kouchner sait remercier ses proches.
Il confirme avoir été consultant pour une société créée et gérée par deux de ses proches collaborateurs, Éric Danon et Jacques Baudouin. Quand il a été nommé, il a confié aux deux de belles responsabilités, l'une honorifique (ambassadeur à Monaco, puis ambassadeur auprès de la conférence pour le désarmement à Genève), l'autre sans rapport avec le métier de conseil antérieur (la communication de son ministère).
3. Kouchner confirme avoir discuté avec Omar Bongo du sujet précis objet de l'étude impayée, quelques jours après avoir été nommé au Quai d'Orsay.
Le gérant, devenu ambassadeur, a confirmé au Monde avoir relancé un mois plus tard l'Etat Gabon en ces termes: "« Cher Blaise, comme vous le savez, les deux sociétés accomplissent de nombreuses missions au Gabon pour le compte du gouvernement. Nous avons reçu le mois dernier, de S.E. le chef de l’Etat, l’assurance que notre dernière facture serait rapidement honorée. En conséquence, celle-ci a été transmise au ministre d’Etat Paul Toungui, je vous l’adresse de même ci-joint ».
4. Kouchner ferme l'une de ses sociétés, mais pas l'autre.
Comme , Bernard Kouchner a fermé l'une de ses sociétés le 18 mai 2007, mais il reste actionnaire de sa société BK Consultants, mis en sommeil à la même époque, comme il l'a justifié lundi. Philippe Cohen, pour Marianne2, s'interroge : pourquoi ?
5. Etrangement, Kouchner annonce, dans son communiqué de défense, qu'il a pris Maître Kiejman comme avocat.
On se doute bien qu'une personnalité ainsi interpellé par l'enquête d'un journaliste va prendre un avocat, si elle n'en a pas déjà un. Afficher publiquement ainsi le concours de Me Kiejman est une forme de menace à l'égard des curieux.
6. Quand il exerçait ses conseils payants, Kouchner travaillait bénévolement pour un programme public de conseil sur le même sujet. Sans souci ?
Ce programme, ESTHER (""Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique Hospitalière En Réseau"), a été créé par le gouvernement français en 2001 "afin de favoriser l'accès aux soins des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays en développement." L'Organisation Mondiale de la Santé, l'ONUSIDA et d'autres pays européens (Espagne, Italie, Luxembourg) y sont associées.
Un peu d'éthique ne nuit pas à la conduite des affaires publiques, non ?&alt;=rss

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