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Sabine avait raison

Publié le 14 janvier 2009 par Jean-Philippe Immarigeon

CHAPITRE II

CETTE PROMESSE D’UN MONDE PARFAIT

Un jour que j'offris à la dédicataire du premier essai de cette trilogie américaine (American parano), lors d’une de ces discussions où chaque minute volée aux imbéciles compte au centuple, ce petit opuscule de René Descartes intitulé Les Passions de l’âme (1649), je m’attirai non pas le remerciement attendu mais la réplique suivante : « Ah non, pas lui ! Si on en est là, c’est de sa faute ! » Affirmation péremptoire dont je n’avais pas souri, troublé qu’une habituée des intuitions fulgurantes se permette un tel blasphème. On parlait bien du même Descartes, non ? Oui bien sûr, continua celle qui reste mon ange gardien, d’ailleurs toi qui brocarde les Américains à longueur d’articles, tu devrais déjà avoir fait le lien. Euh… non, pas exactement.

Et voilà qu’à quelque temps de là, je trouve dans Robert Aron et Arnaud Dandieu, grâce au site de Philippe Grasset (55), la même idée d’une maladie américaine du cartésianisme : « Descartes est à l’origine d’une épopée humaine dont nous voyons l’aboutissement gigantesque mais dégradé. L’esprit de conquête, la volonté révolutionnaire qui permit et légitima la naissance des règles méthodiques, a complètement disparu chez ceux qui en font maintenant une application intensive et routinière. Descartes a préparé lui-même cette dégradation de son oeuvre, le jour où, formulant en règles abstraites et impersonnelles le résultat de ses angoisses et de ses efforts, il montra qu’on pouvait en faire un outil, une méthode, séparés de tout pouvoir d’émotion et de toute faculté créatrice. […] Ses successeurs ont achevé cette trahison sentimentale le jour où ils appliquèrent cette méthode, désormais abstraite, aux domaines inhumains des sciences expérimentales, puis des sciences économiques. Ainsi par un lent avilissement, la méthode cartésienne, perdant de plus en plus sa valeur individuelle et sa force révolutionnaire, séparée de tout germe vivant, a pris un nom particulier. Elle s’appelle États-Unis (56). »

Sabine avait raison.

(55). www.dedefensa.org.
(56). Robert Aron et Arnaud Dandieu, Décadence de la nation française, Éditions Rieder, 1931.


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