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Viens là que je te tue ma belle : journal imaginaire

Publié le 14 janvier 2009 par Iti1801

Inaugurons le cru 2009 de la catégorie lecture avec le bouquin reçu grâce à l'Opération Masse Critique, dont j'avais déjà parlée.

Viens là que je te tue ma belleLa première fois que j'en ai entendu parler c'était dans le Grand Journal pour la promotion de « l'auteur le plus jeune de la rentrée littéraire ». C'est ainsi qu'on a voulu vendre le produit (que voulez-vous, plus les années passent, plus j'ai l'impression que le livre est un banal bien de consommation courante comme un paquet de céréales ou de la lessive ; d'autant plus que Boris BERGMANN est un des protégés de l'ancien pubeux BEIGBEDER...).

Pour être honnête, j'ai pas été du tout convaincu, mais je suis resté curieux. Heureusement, le prix m'a alors dissuadé, car j'aurai sans nul doute regretté un tel achat. Car j'ai été déçu.

Je ne sais plus ce que j'écrivais à 15 ans ni si je pouvais émailler à ce point mes textes de citations (de GAINSBOURG à JOYCE...) ou de textes de chansons, mais là, on sent quand même que c'est brouillon et, parfois, aussi plat que le trottoir des rues.

Ça m'a fait penser à Kiffe kiffe demain de Faïza GUENE et à tout le tintamare qu'on a fait autour. Quoiqu'on en dise, l'absence d'imagination est criante, et on cède à la facilité du « JE » (on me rétorquera que tout (premier) roman est en partie autobiographique. Soit.). De plus, ici aussi, les chapitres sont courts et le livre guère épais[1] (on hésite entre la longue nouvelle et le court roman, voire le devoir d'un élève particulièrement prolixe...).

Ce qui est pénible, surtout à la longue, ce sont les répétitions (la bande, les boots, l'alcool...). Y'en a à toutes les pages ou presque. On dirait presqu'un exercice de variation sur le même thème.

Sans compter les passages pas crédibles mais alors pas crédibles du tout (en particulier l'épisode du racket du trench ou encore lire Le Monde à 15 ans...)

Mais tout est-il à jeter ? Non, hélas ai-je envie de dire... On a parfois quelques fulgurances comme :

J'ai toujours détesté les trains. Il y a toujours une odeur de beauf, ou pire, de famille. Ça sent le saucisson, le papier jauni d'un magazine sportif, la transpiration et >les joggings.

On dirait presque du BEIGBEDER en un peu mieux. Ou encore :

Ma grand-mère vient juste de définir les droites parallèles qui se croisent dans mon cerveau, les cercles carrés que je vois dans le ciel et les triangles à quatre côté >sur lesquels je marche.

Ça ressemblerait à du LAUTREAMONT (même si en exergue on nous prévient : Tu sais, y'a pas que Lautréamon dans la vie... Direct, on voit qu'on s'adresse à un certain public quand même. Enfin, on essaye de le faire croire... ou alors est-ce pour se donner une stature, allez savoir).

Mais j'en oublie presque l'histoire. En gros c'est le journal imaginaire (comme l'indique le sous-titre) d'Isidore, qui connaît les turpitudes de l'adolescence. Le tout matiné de rock et de première expériences (alcool, sexe, drogue...). Faudra se faire une raison un jour, depuis The Catcher in the Rye, rien de bien nouveau, et tout n'est que pâle ersatz...
En somme donc, beaucoup de bruit pour rien, car qu'on se le dise : n'est pas RIMBAUD ni RADIGUET qui veut, et le génie ne démarre pas toujours tôt. Mais dans mon infini magnanimité (oui, je sais : ma bonté me perdra), je lui accorderai une seconde chance et lirai Nous sommes cernés par les cibles. Sait-on jamais, on pourrait être surpris.
Sinon, je me demandais aussi si c'est normal que ce soit le seul bouquin à avoir jamais été récompensé par un Prix de Flore lycéen... Si on pouvait m'éclairer...

Notes

[1] humour inconscient. Sorry


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