Magazine Poésie

Proposition

Par Deathpoe

Des photos qui ne sont pas les miennes défilent sur les pages qui se déchargent de tout magnétisme. Ils boivent de la bière et ne savourent pas l'instant déjà enfui, pelliculé en tant que souvenir sanguin. Maigre consolation. Vraiment, je suis sûr qu'ils sont persuadés que le Numéro 7 est le meilleur whisky qui soit. Il se laisse boire, et je ne lèverai mon verre pour rien au monde. S'il y avait lieu, je proposerai un toast à la bombe H qui me débarrasserait de pas mal de monde. Bien sûr, ce whisky n'est certainement pas le meilleur, mais c'est un cadeau de Maman, alors ça ne se refuse pas. C'est ça, j'ai besoin qu'on m'encourage, pour voie de faits.
Ce soir j'évite le shoot à la codéine. C'est pourtant un merveilleux promontoire aux rêves immobiliers. Ils se veulent bizarres, distordus et révélateurs d'angoisses, embryons de la souche principale qui m'empêche de dormir depuis des années. Le médecin me dit "Fais gaffe, on en prend vite l'habitude". Je réponds par un soupir moqueur et le regarde remplir l'ordonnance. Mon énergie vitale se régénère à chaque orgasme, et les touches du clavier souffrent. En échange, je boude mon paquet de tabac brun qui sèche trop vite et gratte affreusement la gorge. Je me roule une clope et ouvre à nouveau la fenêtre en pensant à celles et ceux qui baisent gratos en se prenant pour de véritables machines à séduire, quitte à tromper l'énormité de leurs sentiments réels. Dans les grandes lignes des petites lèvres, ils ne valent pas mieux que des putes et n'ont qu'un orgasme mécanique en guise de paiement. Ils n'offrent rien d'autres que leur corps et l'on perdra d'eux jusqu'à leur prénom. Dans le meilleur des cas, l'on gardera leur numéro en même temps que le souvenir d'un coup fabuleux. J'espère qu'ils en sont malheureux parce que je me suis privé de ces occasions en chair depuis toutes ces années de gaspillage, consacrées à ma petite souffrance, à la chérir et la développer. Je ne regrette pas, je constate.
Je balance mon mégot par la fenêtre comme un bâton de dynamite. Après cela, je songe à la maladie, aux petits rhumes et aux cancers désertés, au temps qui nous est immanquablement compté. Alors j'oublie que demain est encore là, pour escroquer chaque seconde.
The Doors "Celebration Of The Lizard"
"I am the Lizard King
I can do anything
I can make the earth stop in its tracks
I made the blue cars go away
For seven years I dwelt
In the loose palace of exile
Playing strange games
With the girls of the island
Now I have come again
To the land of the fair, and the strong, and the wise
Brothers and sisters of the pale forest
O Children of Night
Who among you will run with the hunt?
Now Night arrives with her purple legion
Retire now to your tents and to your dreams
Tomorrow we enter the town of my birth
I want to be ready'"


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Deathpoe 179 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines