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Désinformation

Publié le 15 janvier 2009 par Malesherbes
Les politiques, experts en communication, comme ils disent, tentent, et trop souvent avec succès, de nous gruger avec des formules trompeuses telle « la croissance négative ». Cette subversion du langage se propage comme une épidémie et contamine désormais les médias. Ce jeudi 15 janvier, j’ai pu lire sur la page d’accueil de Yahoo qu’il y allait avoir une revalorisation du Livret A. Je conçois fort bien que l’on ne puisse accorder à l’écriture de textes mis en ligne au plus vite autant de soin que celui que l’on apporte à la rédaction des articles de journal mais, malgré tout, il n’est pas interdit, à qui fait profession d’écrire, de connaître le sens des mots. Revaloriser n’a jamais signifié changer la valeur mais bien augmenter la valeur. Or, ce qui est en cause, c’est une forte diminution du taux de rémunération du Livret A, qui va se trouver presque diminué de moitié, passant de 4% à 2,5%.
Sur la même page d’accueil de Yahoo, mais également sur le point d’actualité de Libération, j’ai trouvé aussi l’expression « coup de pouce au Livret A », auquel notre premier ministre était opposé tandis que Notre Prince Lumineux s’y trouvait favorable. Comment peut-on se laisser aller à commettre de tels lapsus ? En fait, rassemblant leurs souvenirs d’histoire antique de la classe de 6°, la plupart d’entre nous savent que le pouce dressé vers le haut est signe de salut tandis qu’il n’est pas de bon augure de le voir pointé vers le bas. Plus près de nous, en cas de progression de l’indice des prix, un calcul permet de déterminer l’augmentation à apporter au SMIC. Le gouvernement peut alors décider de donner un coup de pouce au SMIC et accorder une augmentation plus importante que celle résultant du calcul. Mais, ce dont il était question dans ce débat entre les deux têtes de l’exécutif, cela n’a jamais été d’augmenter le taux du Livret A mais plutôt de limiter éventuellement sa diminution.
Tout ceci me conduit à poser la question suivante : ces auteurs-là sont-ils incompétents, distraits, vendus au pouvoir ou, à leur insu, pervertis par l’insidieuse destruction du langage que pratiquent notre gouvernement et Notre Sacré Leader ?
Sur ce même thème, ce que Notre Foudroyant Monarque a rapporté de son étourdissante escapade au Moyen-Orient, c’est semble-t-il la technique pour tenir les journalistes à distance du théâtre de ses exploits. Il s’est rendu aujourd’hui à Vesoul pour présenter ses vœux aux forces économiques et sociales. Sur le journal de France 2, j’ai juste pu l’apercevoir dix-neuf secondes délivrant une harangue derrière un pupitre. Aucun plan de coupe montrant les réactions d’un auditoire subjugué par sa verve, aucun aperçu de foule en délire l’acclamant, de quidams se précipitant pour baiser l’auguste main, quelle tristesse !
Note : je me suis permis dans ce billet, et j’y succomberai sans doute encore à l’avenir, d’emprunter au talentueux Patrick Rambaud quelques épithètes que je trouve fort seyantes.

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