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PROCÈS EN DIFFAMATION : l'ex-première dame de Mauritanie réclame 200 millions Cfa à Baba Tandian

Publié le 16 janvier 2009 par Black2004

Le directeur du groupe Tandian Multimédia, Baba Tandian et Assane Samb, directeur de publication du journal « Le Matin », comparaissaient hier ŕ la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour les délits de diffamation et d’injures pour le premier et de complicité pour le second, ŕ l’endroit de l’ex-Premičre dame de la Mauritanie, Khattou Mint Et Boukhary. Le verdict est attendu le 19 février prochain.

L’allure du procčs en diffamation et d’injures en correctionnel d’hier laissait croire ŕ celui d’un rčglement de comptes. L’ex-Premičre dame de Mauritanie, Khattou Mint Et Boukhary, n’a pas aimé un article du journal « Le Matin » dans lequel Baba Tandian s’exprimait sur « les vraies raisons du mécontentement des militaires en Mauritanie », comme l’indique le surtitre. Le titre donne un avant-goűt du contenu de l’article : « la Premičre dame et les islamistes avaient usurpé ce pouvoir ».

Dans l’interview, parue dans « Le Matin » du 8 aoűt 2008, au lendemain du putsch, M. Tandian, par ailleurs patron du groupe éditant le journal incriminé, soutient que le coup d’Etat n’était pas prémédité, il a été provoqué par l’épouse de l’ex-président de la Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdoullahi. M. Tandian accuse l’ex-Premičre dame d’avoir menacé de démettre de son poste le général Abdoul Aziz, auteur du putsch. Pis, dit-il, Khattou Mint Et Boukhary aurait męme insulté des officiers dont le général Aziz. D’aprčs le patron de Tandian Multimédia, « c’est lŕ oů les choses ont dégénéré pour des militaires qui ont osé ŕ l’époque s’attaquer au tout puissant Ould Taya qui était considéré comme un demi-dieu ŕ Nouakchott ». Plus loin, il ajoute : « ...c’est la femme qui décidait au niveau de la Présidence. Et elle ne décide męme pas dans la discrétion, mais au vu et au su de tout le monde. Elle n’y met męme pas les formes. Elle dit que c’est elle qui était élue, que c’est elle le président, que Sidi n’est qu’une ombre. C’est elle qui créait le gouvernement en réalité. (...) Cette femme-lŕ conduit son mari ŕ sa perte. A Sidi, on ne peut rien lui reprocher. Sa femme était au centre, sa fille ŕ droite. Il ne faut pas oublier que cette derničre était pratiquement le numéro deux de la Présidence. Elle faisait office de directeur de Cabinet. C’est elle qui a le calendrier du président ». Autant de propos qui ont offusqué la Premičre dame qui a traîné ŕ la barre leur auteur et le directeur de publication du journal « Le Matin », Assane Samb. Au cours du procčs, l’un des avocats de la partie civile s’est opposé, avec succčs, au souhait de l’un des avocats de la défense qui voulait plaider en arabe. Le prévenu, selon la partie civile, a tenu des propos « graves », « indécents », « diffamatoires » et « injurieux » ŕ l’encontre de l’ex-Premičre dame. La plaignante, absente au procčs, a estimé, dans la citation directe que Baba Tandian a fait croire ŕ l’opinion qu’elle fréquentait un homosexuel et qu’elle n’avait ni le rang, ni la dignité de Premičre dame. De męme, celui-ci l’aurait taxée de « bergčre » voulant ériger le palais de la République en un enclos pour moutons et chameaux.

Taxée de « bergčre » ŕ la Présidence

A la barre, Baba Tandian a réitéré ses déclarations. Il voulait apporter un éclairage sur les raisons du coup d’Etat en Mauritanie qui sont, ŕ ses yeux, liées aux comportements de la femme de l’ex-président pour ses relations heurtées avec les militaires, notamment l’actuel chef de l’Etat, le général Abdoul Aziz. Le directeur de publication du journal « Le Matin », Assane Samb, a précisé, quant ŕ lui, qu’il n’a pas cherché ŕ vérifier les informations contenues dan l’entretien, se fiant ŕ la confiance en l’interviewé. Pour les trois avocats de la partie civile, les affirmations « non-fondées » de M. Tandian visent ŕ « destituer » et ŕ « salir » l’image de l’ex-président de la Mauritanie et de son épouse. La partie civile a invité le tribunal ŕ déclarer les prévenus coupables et ŕ payer ŕ l’ex-Premičre dame la somme de 200 millions de francs Cfa ŕ titre de dommages et intéręts.

Les avocats ont demandé au tribunal de déclarer « les Editions du Matin Sarl » civilement responsables et d’ordonner la publication du jugement ŕ intervenir aux frais du prévenu dans les colonnes de trois organes de presse du Sénégal et trois de la Mauritanie et ce, au choix de la plaignante. Le procureur de la République a réclamé l’application de la loi pénale. Les trois avocats de la défense ont indiqué que dans les affirmations de leur client, il n’y a aucune volonté de nuire ŕ la dignité de l’épouse de l’ex-président de la Mauritanie.

« Il n’y a aucune diffamation. Le rôle de la presse, c’est d’éclairer et fournir des informations aux populations », ont-ils souligné. Selon eux, Baba Tandian s’est exprimé sur ce en quoi l’ex-Premičre dame de la Mauritanie était responsable de la prise du pouvoir par les militaires. « Il ne s’agit pas de la vie privée de la plaignante mais sa vie publique », ont-ils estimé avant de solliciter la relaxe des prévenus. Le tribunal correctionnel a mis l’affaire en délibéré jusqu’au 19 février 2009.


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