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L'identité nationale, mon village et moi (chapitre 1 : le coq)

Publié le 17 janvier 2009 par Rendez-Vous Du Patrimoine

Coq à La Meignanne, Cliché I. Rambaud
Titre un peu exalté ? égocentrique ? réducteur ? Les qualificatifs sont acceptables. Que voulez-vous, avec tous ces projets qui se multiplient, le futur Musée d'histoire de France, le Ministère (de l'immigration, de l'intégration), de l'identité nationale (et du développement solidaire), les reconduites aux frontières, les "Vivre ensemble" qui tiennent lieu de slogan..., on perd un peu la tête.
J'en viens donc aux symboles qui ont la vie dure et aux images qui les résument, à commencer aujourd'hui par le coq qui représente la France. Une valeur sûre ? Une idée reçue ?
Celui que je vous présente, à titre très personnel, est d'une race que je ne connais pas spécialement (merci à ceux qui s'y connaissent pour mieux l'identifier !), mais il a trois caractéristiques à retenir pour notre sujet du jour.
1. C'est l'un des coqs de mon village.Là je dois dire que cette appropriation a déjà quelque chose d'usurpé sans doute : le village en question, je n'y suis pas née, j'y ai juste un attachement sentimental (ce qui n'est pas mince) pour y avoir passé une partie de ma jeunesse, et encore lors des vacances, et pour y revenir régulièrement, mais de manière épisodique, en "adoptée". Suis-je intégrée à ce village pour autant ? Comment d'ailleurs faire preuve de cette intégration d'une urbaine déplacée (moi) au sein d'un village lui-même en pleine évolution et passé en 20 ans du petit bourg rural à la banlieue d'une grande agglomération ce qui en bouleverse profondément l'identité : le village est devenu une petite ville dortoir de 2000 habitants.Tout est donc assez relatif et pour ce coq, il serait plus honnête de dire que, d'un point de vue objectif et quasi ethnographique, c'est un coq de village français photographié durant l'été 2008, août exactement, (en faisant un effort de mémoire on trouvera le jour et l'heure). Il restera SVP à préciser quand même l'origine du gallinacé sur sa carte d'identité agricole. J'ajoute que notre symbole national parle aux campagnards, aux rurbains mais aux autres ? Combien d'enfants de ville n'ont jamais vu de coq ? Et pas seulement vu, examiné de près, observé longuement ?Donc commencer par une éducation aux symboles et à ce qui se cache derrière... C'est justement le moment de passer au point 2.
2. Ce coq a une fierté naturelle.Je l'ai beaucoup observé lors des dernières vacances. Il dresse la tête, agite le cou, fait trembler ses plumes avec de petits mouvements saccadés, gratte le sol frénétiquement puis marche en levant haut ses pattes, comme à la parade, s'arrêtant parfois dans son mouvement, comme pour dire : "Vous me suivez toujours ?". On ne peut s'empêcher de l'admirer : il a de superbes plumes qui brillent au soleil, une crête bien rouge, une allure décidée, l'air de savoir ce qu'il veut, où il va. De temps en temps, il pousse son cocorico le bec ouvert et le cou tendu, d'autant plus fort qu'il est de petite taille. Le soleil s'arrête de tourner, il emplit l'air de sa présence... C'est l'esbrouffe du coq... ébouriffé !
Cette attitude bravache est-elle bien celle que la France souhaite adopter pour l'avenir ? Le petit coq gaulois est-il encore à juste titre le symbole glorieux de notre identité nationale ?3. Ce coq défend son territoire.Là aussi, scène vécue. Notre coq s'approche de la barrière du pré où il s'ébat, pensant (pense-t-il ?) trouver de notre côté de nouvelles graines ou du pain dur. Il s'éloigne donc de son troupeau de poules occupées à picorer du côté de l'étang. Tout à coup, affolement général, ces dames se prennent de bec, piaillent et s'étripent, pour un vers sans doute. Notre coq n'écoutant que son courage détale en direction de la bagarre, pour remettre de l'ordre sans doute. La distance est cependant telle qu'il arrive tout essoufflé au milieu d'une troupe qui vaque à nouveau, l'air de rien, à ses occupations. Le calme est revenu sans lui. L'idée que le coq sait intervenir au bon moment pour assurer police et gendarmerie est parfaitement démentie dans les faits. Mais j'ai pu constater qu'il en avait quand même donné l'impression (retour au paragraphe sur la fierté). J'ajoute ici que le coq ne défend que "son" territoire et "ses" poules. Il se trouve que la basse-cour qui m'a servie de lieu d'observation estivale est un immense terrain arboré où cohabitent poules, canards, oies et lapins, tout ce petit monde en liberté, un vrai paradis. Mais Monsieur Coq ne s'occupe évidemment ni des lapins, ni des oies, ni des canards. Chacun vit côte à côte, en bonne intelligence.Alors le prendre comme symbole d'une France diverse et multiple ? Est-ce bien raisonnable ?
Voilà comment avec des raccourcis hâtifs qui se sont imposés au fil des siècles, on utilise les symboles figés comme des points de vue partagés et durables : mon coq, mon village, ma France, mon identité nationale... Le reste en découle.Observons, ouvrons les yeux, la nature elle-même nous offre de quoi raisonner pour garder l'esprit libre. Merci pour votre lecture ! Thank you for reading !

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