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APE - La société civile fait le point des négociations

Publié le 17 janvier 2009 par Black2004

La Commission européenne veut aller vers les Ape ŕ marche forcée, alors que l’Afrique de l’Ouest n’est pas encore pręte, et que les points de divergence sont nombreux. Mais, la signature définitive de la Côte d’Ivoire va contraindre la zone ŕ se déterminer rapidement, car, elle risque de se retrouver ŕ partir de juin prochain, avec un minimum de trois régimes commerciaux différents. Un véritable scénario catastrophe.

La négociation des Accords de partenariat économique semble porteuse de nombreux pičges pour les pays Acp, en particulier ceux d’Afrique de l’Ouest. Dans une région dont deux des membres ont paraphé les accords provisoires, que l’un, la Côte d’Ivoire vient d’ailleurs de parapher, un accord précipité pourrait bloquer le processus de développement. Tout comme un manque d’accord peut casser l’élan ŕ l’intégration économique.
Si la région Afrique de l’Ouest ne parvient pas ŕ une entente sur les Accords de partenariat économique (Ape) d’ici la fin juin, date fixée pour leur signature définitive, la Cedeao va se retrouver avec plusieurs régimes commerciaux, avec tous les désagréments que cela va entraîner. En conférence de presse hier ŕ Dakar, la Plateforme des organisations de la société civile d’Afrique de l’Ouest sur l’accord de Cotonou (Poscao-Ac), qui se réunit ŕ Dakar depuis hier, a organisé une conférence de presse, pour informer l’opinion sur les positions de chacune des parties, montrer les points de consensus, ceux oů les divergences sont nettes, et montrer les enjeux de la négociation des Ape. A cet effet, Enda Tiers monde, qui préside la Plateforme, a publié un document qui résume la situation en début de janvier.
Intitulée, «Nager en eaux troubles», la brochure juge que la Commission européenne ne reculera devant rien pour obtenir la signature de son Ape. Elle l’illustre en disant : «Contrairement ŕ son discours sur son engagement ŕ promouvoir l’intégration régionale, les actes qu’elle pose sont presque tous de nature ŕ compromettre les efforts de l’Afrique de l’Ouest vers l’intégration et le développement.» A la suite de la signature par la Côte d’Ivoire de l’Ape avec l’Europe, il y a lieu de craindre que le Ghana, qui est l’autre pays ouest-africain ŕ avoir paraphé un Ape, en vienne ŕ signer le sien également.
Plusieurs points de divergence
Cela a poussé Cheikh Tidiane Dičye, le coordonnateur du Programme Commerce ŕ Enda Syspro de noter que, si les Ape de Côte d’Ivoire et du Ghana n’étaient pas identiques, il y aura en Afrique de l’Ouest, en cas de non signature par la majorité des pays de la zone en juin, des pays bénéficiant du régime Tout sauf les Armes (Tsa), qui sont l’ensemble des Pays les moins avancés (Pma), du Nigeria, qui a été reversé dans le Systčme généralisé des préférences (Sgp), en plus des deux Ape signés. «Comment pourrait-on avancer vers l’intégration dans ces conditions», s’interroge-t-il. Et ce scénario est ŕ envisager, au regard des nombreux points de divergences qui subsistent, dans un laps de temps aussi court pour les négociations.
Les points de désaccord portent, entre autres, sur les prélčvements communautaires de l’Uemoa et de la Cedeao sur les droits de Douane, qui permettent de financer ces institutions. L’Europe voudrait les voir arrętés. Elle voudrait aussi faire éliminer le recours obligatoire aux concessionnaires en douane et aux inspections avant embarquement. La Clause de révision, qui permettrait de revoir le calendrier de libéralisation en cas de difficultés économiques, la Commission européenne n’en veut pas non plus.
De son côté, l’Afrique de l’Ouest ne souhaite pas inclure dans l’Ape, le secteur des services, tant qu’elle n’en a pas encore maîtrisé les enjeux. Or, l’Europe veut la contraindre ŕ inclure rapidement ce secteur dans les négociations. Incidemment, la Commission européenne organise, ŕ partir de jeudi prochain, un séminaire sur les services et l’investissement. Le Directeur du Commerce, M. Peter Thompson, qui vient de ratifier l’Ape du Cameroun avec le ministre de l’Economie de ce pays, va présider la cérémonie d’ouverture, en compagnie du ministre Mamadou Diop Decroix.
Appelant les dirigeants de la sous-région ŕ la prudence et ŕ la vigilance, M. Taoufik Ben Abdallah, le chef de programme, souligne que personne ne peut vraiment mesurer actuellement l’impact de la crise économique actuelle. Au moment oů les principes capitalistiques qui semblaient les plus intangibles sont remis en cause, il serait imprudent pour l’Afrique de l’Ouest de s’engager dans un accord de libre échange de modčle libéral, qui a la force de s’ouvrir largement, alors que ses partenaires en sont ŕ mettre en œuvre des modčles de gestion dirigiste pour leurs propres économies. Pour preuve, les milliards de dollars et d’euros injectés chaque jour qui passe, dans les systčmes bancaires et industriels occidentaux, pour empęcher un effondrement économique ŕ grande échelle. Une fois de plus, le cadre d’Enda en appelle ŕ un leadership africain fort, qui saura porter les intéręts des peuples africains.


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