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Fabre (François-Xavier), Aspasie et Mustulle

Publié le 18 janvier 2009 par Marc Lenot

2008-01-france012.1232216918.JPGCe Fabre-là n’est pas tant connu pour ses tableaux de bon élève de David que pour sa donation qui permit de créer le Musée Fabre à Montpellier. Je n’y étais pas allé depuis sa réouverture et ce fut un vrai plaisir que d’errer dans son labyrinthe. L’exposition temporaire présente des vidéos du Centre Pompidou, et c’est l’occasion de les revoir posément, ou d’en découvrir certaines (Chris Marker sur Ceaucescu et la télévision - ‘Détour Ceaucescu’, Valie Export ‘Facing a Family’ dix ans avant la ‘Reverse Television’ de Bill Viola). Ci-dessus, de Tony Oursler, un ange noir suspendu au plafond, dont la caméra traque les visiteurs entrant dans la salle pour les apostropher :2008-01-france013.1232216932.JPG c’est terrifiant, comme un drone, gênant, dérangeant notre intimité (c’est une des pièces de sa série Switch). On s’émerveille devant les prouesses du logiciel de reconnaissance visuelle avant de comprendre, deux salles plus loin, la supercherie : c’est l’équivalent du Turc mécanique de Kempelen. 

Das le musée même, on admire les Courbet, la collection Bruyas, le magnifique accrochage des Soulages, suspendus au plafond et éclairés par un mur de verre dépoli, 

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et les Delacroix, dont voici le Portrait d’Aspasie. Cette jeune mûlatresse, lippue, sauvage, sensuelle, fut la maîtresse du peintre : c’est sans doute un des premiers vrais portraits d’une femme de couleur (1824). A côté, une autre version des Femmes d’Alger, plus douce et anecdotique que celle du Louvre.

Mon tableau-découverte fut Sainte Mustulle (Jeune martyre morte) de Guido Cagnacci (photo moins floue en suivant le lien ci-dessus). Elle voisine avec l’austère Marie l’Egyptienne de Ribera, avec la tragique Descente de croix de Kempeneer et avec la sereine Sainte Agathe aux seins coupés de Zurbaran.

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Je ne sais rien de Sainte Mustulle (sans doute est-ce plutôt Sainte Mustiole), mais ce tableau  d’une femme pâmée, dénudée, les jambes négligemment pliées, une étoffe voluptueuse sur les cuisses serait un chef d’oeuvre d’érotisme baroque s’il n’y avait au premier plan les instruments de sa torture. Certes, ni sang, ni blessure, malgré la brutalité de cette masse pointue, mais une véritable tension entre sensualité et foi.

Photos de l’auteur, excepté Delacroix. Pierre Soulages étant représenté par l’ADAGP, la photo de ses toiles sera ôtée du blog au bout d’un mois.


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