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Une société de confiance dans un monde liquide : application des médias sociaux aux règles politiques et économiques ?

Publié le 18 janvier 2009 par Lilzeon

Citoyens !

La confiance de nos sociétés dans l’économie semble avoir quelque peu disparu. Le politique tente de nous rassurer, mais les licenciements secs et les manques de dividende donnent à l’hiver sortant une impression d’été faussement indien. Un extrait du NY Times et de David Brooks auquel j’adhère, à propos de l’ère dans laquelle nous sommes entrés grâce / à cause de la crise :

“Dans ce nouveau corps de pensées, on obtient une image très différente de la nature humaine. La raison n’est pas comme un cavalier sur un cheval. A la place, l’esprt d’un individu contient une panoplie d’instincts, stratégies, intuitions, mémoires et habitude qui rivalisent pour la suprématie. Un processus largement inconscient,  irrégulier, idiosyncratique détermine lequel de ces joueurs internes prend le contrôle de notre comportement à n’importe quel moment. Le contexte - qui déclenche des manettes conduisant à des réponses- joue un rôle prépondérant (…) Mais une économie est une société de confiance et de fois (…) L’esprit économique des gens ne peut pas être manipulé de façon aussi simpliste que les mécanistes keynésiens ne l’imaginent. A l’heure actuelle, les niveaux de confiance économiques et politiques vont dans des directions opposées. Politiquement, la mode est à l’optimisme, mais en dépit des milliards dépensés et des milliards à venir, et bien l’esprit économique se recroquville. Les penseurs “mécanistes” de droit et de gauche se posent comme des empiristes rigoureux. Mais l’empirisme basé sur une vision inexacte de la nature humaine n’est qu’une prison.”

Si on découpe cette réflexion, plusieurs pistes ressemblent étrangement à ce qui se passe dans les médias sociaux :

  • consécration de la modernité liquide : les citoyens/consommateurs ont de moins en moins de temps pour résoudre, prioriser et choisir quelles solutions/produits sélectionner pour résoudre une myriade de problèmes. L’esprit humain a donc trouvé en ligne un formidable outil : aller au plus vite, identifier quels sont les carrefours de confiance leur permettant d’allouer un temps plus efficace à la réduction de leurs problèmes
  • Dieu n’est plus idéologique mais pragmatique : seul compte l’efficience. La confiance n’est donc plus un élément d’attachement à une entité physique reconnue, mais bien plutôt un construit fait de plusieurs influences, consacrées par l’expérience des citoyens, qui, en la partageant, font circuler la réputation comme nouvelle monnaie d’échange. L’empirisme n’est plus déductif d’un courant de pensée (en clair : c’est bien beau d’observer les agents d’une société, encore faut-il se libérer d’un prisme d’analyse), d’une utopie, d’un canevas préétabli, mais bien inductif, faisant remonter l’ensemble des conversations vers la construction de grandes lignes, de catégorisations. On est là aussi proche de l’idée de démocratie de la réputation présente dans les médias sociaux
  • Appel à la sagesse des foules ( The Wisdom of Crowds ) : il s’agit donc de s’appuyer sur ceux qui sont les entités réelles de l’économie, à savoir les individus, et sur la somme de leurs expertises, intuitions, et même contradictions. Je ne crois pas à une autorégulation magique hors de tout contrôle institutionnel; par contre je crois que ces leviers de contrôle ne doivent plus se faire au niveau vertical mais bien au niveau horizontal, au milieu des flux de réputation, par des instances élues. Je n’ai pas la science infuse, si j’en lis plus, je l’écrirai par ici…

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