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Carte postale pour un 4ème anniversaire, avec tours et sans Grand-Paris

Publié le 18 janvier 2009 par Jean-Paul Chapon

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Je l’avais presque oublié, hier Paris est sa banlieue soufflait sa 4ème bougie. Voilà donc 4 ans qu’à travers ce blogue j’essaie de militer pour la création d’un Grand-Paris, qu’il soit Paris-Métropole, Grand-Paris ou Paris tout court, mais surtout qu’il réunifie la Ville, ce Paris intra-muros séparé du Paris extra-muros par tant d’obstacles, au-delà de la simple symbolique du périphérique. Par ces cassures administratives et institutionnelles, que personne ne semble vouloir vraiment faire disparaître, expliquant toujours fort doctement que le problème est ailleurs, sans jamais aborder d’un millionième de millimètre l’esquisse d’une solution. Ces cassures idéologiques, qui font qu’il ne faut pas avoir des idées préconçues, vouloir reproduire des solutions passées ou adapter celles venues d’ailleurs, s’abriter derrière la peur de reproduire les frontières un peu plus loin, comme si ce n’était pas déjà le cas, arguant des fausses bonnes idées, mais n’en proposant aucune. Ces cassures politiques, qui font que pour rien au monde on ne voudrait perdre un iota de son petit pouvoir local égoïste, que l’on n’est pas capable de raisonner au-delà de la prochaine campagne électorale, et que l’on suspecte toute initiative de l’autre comme étant un piège qu’il faut absolument éviter. Ces cassures culturelles et psychologiques, qui font que l’on regarde l’autre comme différent, inférieur, et surtout à éloigner, que l’on est tellement mieux et qu’il ne faudrait pas se mélanger, créant ghettos sociaux, culturels et ethniques, et transformant la ville en un apartheid qui n’ose dire son nom. Pourtant dira-t-on la question du Grand-Paris avance, on en parle, il y a la Conférence Métropolitaine, le syndicat Paris-Métropole, la vision du Président de la République et son coucours d’urbanistes, et même un secrétariat d’Etat au développement de la région-capitale. Que vouloir de plus ? Peut-être justement un peu moins, et à côté de cette course de projets sur des lignes parallèles, dont on sait bien qu’elles ne se rejoignent jamais ou peut-être à l’infini en changeant de dimension, une volonté et un courage politique, qui comme le disait récemment Pierre Mauroy fasse qu’on ne rate pas le train de l’Histoire

4 ans de Paris est sa banlieue et beaucoup d’amertume. D’abord parce qu’un blogue montre toujours ses limites. Denis Baupin m’avait présenté un jour comme « le blogueur fou », moi je me présenterais volontiers ce soir comme « le blogueur vain ». Vain, malgré de petits succès qui font toujours plaisir, surtout à l’égo (sinon on ne serait pas blogueur ;-), comme de se voir cité dans le dernier livre paru sur la question du Grand-Paris*. Le plaisir de rencontrer les acteurs du débat du Grand-Paris, élus, chercheurs, architectes, urbanistes, journalistes, de pouvoir partager avec eux des idées, des pistes pour faire avancer ce projet. Oui, sans doute.

Mais blogueur vain, avec tant d’amertume, de lassitude et de frustration devant ce travail qui prend du temps, de l’énergie, de la passion, qui est difficile à mener en parallèle d’une vie professionnelle qui à son tour prend parfois tout ce temps et cette énergie, sans parler de la vie personnelle et familiale qui n’est pas toujours facile, les lecteurs fidèles de Paris est sa banlieue le savent et je veux les remercier une fois de plus de leur sympathie. Et de la frustration aussi, oui, parce que la stagnation de la fréquentation ou des commentaires font que l’on se demande s’il faut continuer à essayer d’apporter sa petite pierre à un débat, qui finalement n’intéresse peut-être personne ? Un goût amer, pas loin d’un sentiment d’échec… Bien sûr, à côté du grand-public, il y a les visites « qualifiées » qui font plaisir, on sait que l’on touche sa cible, les mairies, les universités et les centres de recherche, les ministères, les services, la RATP ou la SNCF, et les médias, chez ces derniers, certains aident, d’autres pillent, c’est la vie ;-) Et puis, il y a aussi les désagréables, les malveillants et les méchants, qui lisent de travers, trop vite, ou pas du tout et qui viennent sur les blogues pour se défouler de leur misère, c’est si facile d’injurier dans la lâcheté de l’anonymat. Enfin il y a les difficultés matérielles, les supports qui loin de vous aider vous enfoncent, comme celui du Monde.fr (va-t-on encore me faire payer cette phrase par 6 mois de mise à l’index de la sélection du Monde.fr ?), mais comment réagir quand depuis deux mois malgré mes demandes d’aide répétées, Paris est sa banlieue n’apparaît plus dans la liste des sites mis à jour, et que l’on me répond que c’est normal, que je n’y comprends rien, ou comme au printemps et à l’été où pendant plusieurs mois, l’affichage des vidéos a connu des problèmes, mais là encore, c’était ma faute et je n’y comprenais rien, mais pour autant les lecteurs de Paris est sa banlieue constataient aussi le problème. Et que dire des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent, comme les avances de l’équipe sympathique de 20minutes.fr, sympathique, mais voilà… Bref, Paris est sa banlieue entame une 5ème année de publication, en tout cas le premier mois de la 5ème année…

à suivre ?

* Paris, Métropole hors les murs – Aménager et gouverner un Grand-Paris
Frédéric Gilli, Jean-Marc Offner, Collection Nouveaux Débats, Presses de Sciences-Po

Jean-Paul Chapon, le blogueur vain


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