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Article : La faune du désert de Gobi

Publié le 19 janvier 2009 par Julien Peltier

La faune du désert de Gobi
Fragiles habitants du grand désert d’Asie

Le Gobi, qui signifie « désert » en mongol, est enclavé en Mongolie entre la taïga sibérienne, les monts de l’Altaï, l’Himalaya et la grande muraille de Chine. C’est le plus vaste désert d’Asie, par ailleurs l’un des plus grands au monde, avec une superficie de 1,3 millions de km2. Le Gobi est également le plus froid , puisque ses températures présentent d’importantes variations, de 45° à - 40°C. Les hivers y sont glacials, mais suivis par une hausse rapide des températures au printemps. Ce n’est pas un désert fait de sable, mais plutôt de type rocheux. Le paysage est une mosaïque de roches, vallées, dunes et plaines arides.


Le Gobi est très peu peuplé, voire totalement vide d’habitants dans la partie australe. Cette immensité désertique aux apparences hostiles présente toutefois une faune diversifiée, des animaux adaptés à une condition de vie extrême, capables de vivre dans les endroits les plus secs du monde, là où l’humidité est rare. De nombreuses menaces pèsent sur les derniers grands mammifères du désert de Gobi, dont beaucoup sont uniques au monde. «Mouflons, antilopes, ours ou panthères des neiges sont en voie de disparition. Principaux responsables : le braconnage et le trafic, qui se développent en toute impunité.»
Voici une présentation de quelques spécimens qui forment l’écosystème du désert.
« La grand-route qui part de la capitale mongole vers l’ouest du pays est bordée de panneaux proposant marmottes, renards et autres animaux sauvages à côté des piles de peaux entreposées bien en vue. Dans les marchés, les revendeurs se livrent à un commerce lucratif, en grande partie illégal, de fourrures et de cuir, qui fleurit dans tout le pays et en particulier près de la frontière chinoise.
Un nouveau rapport de la Wildlife Conservation Society sur la faune sauvage de Mongolie révèle une forte régression des populations de plusieurs espèces, en particulier au cours des quinze dernières années. Le nombre d’espèce aurait diminué de 50 à 70 %. »

John Noble Wilford, Courrier International n° 790-791, janvier 2006.

Article : La faune du désert de Gobi

© Nicole – Picasa
Le chameau de Bactriane
Avant toute chose, rappelons que le chameau a deux bosses, alors que le dromadaire n'en a qu'une. Ils sont cousins. Le chameau vit en Asie, le dromadaire en Afrique. À l’état sauvage, le chameau résiste à des températures de -29° à + 38°C. Il mange des herbes, des feuilles et des buissons. Au sommet de sa bosse, le chameau peut atteindre une hauteur de 2m.
On le reconnaît à ses petites oreilles, ses deux grosses bosses qui contiennent de la graisse, un long cou recourbé, des pieds ronds et mous qui lui facilitent la marche sur le sable, et un épais pelage d’hiver.
Les Mongols élèvent des moutons, des chèvres, des vaches et des chameaux. Le chameau est domestiqué pour sa laine, son lait et sa viande, c’est en outre un animal de bât. Son foyer d’origine serait situé en Iran. Le chameau de Bactriane est en voie de disparition en raison de la diminution constante de son habitat due à l’augmentation de la population humaine.
Il vit encore à l'état sauvage au nord-ouest de la Chine et en Mongolie. Sa population est estimée à moins de 1000 spécimens dans le désert de Gobi. Quelques petits groupes subsistent en Iran, en Afghanistan et en Russie. On retrouve cet animal dans le film "L'Histoire du chameau qui pleure".
Article : La faune du désert de Gobi

© D.R.
Le yak
Le yak est le mammifère qui vit le plus haut ; dans les montagnes d’Asie centrale, il grimpe à plus de 6000 mètres d’altitude. Il est surtout connu pour vivre dans l’Himalaya, mais on le retrouve dans les hautes montagnes voisines de Mongolie. Il résiste à des températures glaciales grâce à son pelage formé de deux couches de poils, si longs qu’ils forment une jupe. Le yak est doté de gros sabots à chaque patte. C’est un bovidé qui se nourrit d’herbe, de mousse et de lichens.
Son signe caractéristique est qu’il est muet. Domestiqué pour son lait, sa chair et sa laine, il sert aussi pour transporter de lourdes charges ou aider pour les travaux des champs. Il a une importance vitale pour les peuples nomades. À l’état sauvage, il est en voie de disparition, recherché par les chinois pour sa peau et sa chair. De surcroît, il est victime du déboisement, du surpâturage, du braconnage et de la pollution.

Article : La faune du désert de Gobi

© Jean Chiasson - pbase.com
Le loup gris
Ce prédateur a quasiment disparu du territoire mongol. Cependant « les spécialistes affirment que le seul animal, avec le cheval sauvage, à échapper au déclin, est le loup, dont la population serait en augmentation. Cela n’est d’ailleurs pas sans préoccuper les éleveurs. » Le loup fut l'animal totem de nombreux peuples des steppes d'Asie centrale.
« Les hordes de loups règnent encore sur la steppe. Les cavaliers nomades, héritiers de Gengis Khan, craignent et vénèrent cet animal qu’ils ont choisi pour emblème ».
Le Totem du Loup,
Jiang Rong
« Lorsque tu seras dans l’Autre monde,
Prends un loup comme ami
Car lui connaît l’ordre de la forêt »

Conseil yakoute
L’ours de Gobi
Espèce rarissime, son existence a longtemps été mise en doute. On sait très peu de chose sur cet ours. L’ours de Gobi est un petit animal de la famille de l’ours brun, et il est très certainement condamné.
Article : La faune du désert de Gobi

© scienceblogs.com
La saïga
Animal très méconnu, c’est la seule antilope européenne, qui peuple les plaines de l’Europe de l’Est. Depuis 1994, le WWF s’est fortement engagé dans la conservation et la gestion de cet animal. Lors d’une convention de la CITES* en juin 2007, des projets de mesures ont été mis en place à l’adresse de la Fédération de Russie, du Kazakhstan, de la Mongolie, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan, notamment un contrôle du commerce aux frontières. Le terme « saïga » signifie « antilope » en russe. Cette dernière est dotée d’un épais museau avec deux narines orientées vers le bas, qui fait penser à une trompe. Son pelage épais est laineux, seuls les mâles sont coiffés de cornes. Réparties en Asie centrale, les saïgas vivent dans les steppes et les déserts d’Ukraine, Russie, Kazakhstan, et Mongolie.
Elle est inscrite sur la Liste Rouge Internationale pour la Convention de la Nature, en voie d’extinction. La destruction de son habitat et d’autres facteurs font obstacle à sa migration. Kim Murray Berger, de la Wildlife Conservation Society, constate que l’explosion de la vente de motos et de voitures provoque un encombrement des routes le long d’une des voies de migration majeure. Des femelles équipées de colliers GPS sont suivies afin de mieux comprendre leurs déplacements. La saïga est en outre victime du braconnage : sa corne, qui aurait des vertus aphrodisiaques, atteint des prix astronomiques au marché noir. « L’avenir s’annonce sombre pour ces antilopes. La population est passée de plus de 5000 individus à moins de 800. La corne de saïga est très prisée en Chine, où elle est un médicament traditionnel. »
L’hémione
On l’appelle "Khulan" en mongol. Les populations d’ânes sauvages d’Asie ont décliné de façon dramatique au cours des dix dernières années. D'après les témoignages recueillis au cours des recherches qui furent conduites au cours de l'année 2008, les principales menaces pesant actuellement sur la survie du Khulan sont une fragmentation de leur habitat (installation massive d’exploitation minière), le braconnage et le trafic illégal pour la médecine traditionnelle chinoise.
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© www.chrishiggins.com / www.dinosoria.com
Le pika
Le pika appartient à la famille des lagomorphes, comme le lapin et le lièvre. Il fait partie des animaux les plus chassés au monde : on le tue pour sa chair, pour sa fourrure, pour le plaisir, ou encore il est la proie des carnivores et des oiseaux. Ce petit animal passe beaucoup de temps à manger. Son dos est brun cendré, son ventre blanchâtre, une tache rousse se distingue derrière l’oreille. Il creuse des réseaux de galeries et s’abrite sous des tas de pierres.
Ces animaux ne sont pas les seuls à peupler le désert. La faune locale compte également des rapaces (aigle royal, busard, autour), serpents, geckos, renards, onces, gerboises à longues oreilles… Beaucoup sont en voie de disparition ou en danger.
« L’émancipation du pays de la tutelle soviétique, en 1990, a signifié « la ruine des efforts accomplis pendant un siècle par la Mongolie pour réglementer le commerce de la faune sauvage. ». Une fois le pays livré à lui-même, son économie s’est effondrée. Les habitants ont cherché un moyen de sortir de cette soudaine pauvreté, et pour beaucoup d’entre eux, les animaux qui n’étaient plus protégés ont été la solution. Un nombre croissant de gens se sont mis à chasser pour vivre et gagner de l’argent, et le commerce illégal de viande et d’autres produits issus des animaux s’est développé. Les pays voisins, en particulier la Chine, ont été les heureux bénéficiaires de cette nouvelle manne. »
« Si l’on parvient à contrôler le commerce d’animaux, la Mongolie n’aura rien à envier à l’Afrique ou à l’Asie pour ce qui est de la vie sauvage. »

John Noble Wilford
Chauve-souris
Autre source : Le Règne animal : Encyclopédie universelle. Gallimard
Lire également l’article consacré au cheval de Przewalski
* Pour plus d’informations, se reporter à l'article sur la CITES

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Article mis en ligne le 19/01/2009



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LES COMMENTAIRES (1)

Par Anne-Camille SOURIS
posté le 28 novembre à 21:19
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Il fait mention pour l'hémione sauvage de Mongolie ou "Khulan", de recherches qui furent conduites en 2008. Ces recherches furent conduites par moi-même, Anne-Camille SOURIS, éthologiste, et présidente de l'association GOVIIN KHULAN. Pour plus d'informations concernant les recherches et actions conduites sur cette espèce, rendez-vous sur le site de notre association: www.goviinkhulan.com

Anne-Camille SOURIS

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