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Jour 13 - Odeurs d'Espagne

Par Maxime Jobin
Distance parcourue : 21 km
Trajet : De Najera à Santo Domingo de la Calzada

Aujourd’hui fut une journée magnifique. Terminée la déception d’hier. De Najera à Santo Domingo de la Calzada, les paysages de champs, vignes et villages étaient à couper le souffle. Les verts, les jaunes, les bleus et les rouges étaient… comment dire… tellement vifs, tellement coloriés! Et puis je suis passé à travers deux villes, ce qui aide à la motivation, car marcher 20 kilomètres dans les champs donne une impression de longueur assez prononcée. L’une des villes, Cirueña, m’a toutefois déçue : des blocs de condos et d’appartements tous modernes mais surtout tous identiques! Sinon, je me suis perdu dans mes pensées davantage que les jours précédents, car j’ai osé quitter la beauté de mon environnement de marche pour les tréfonds de mon crâne. À mon arrivée à Santo Domingo de la Calzada, j’ai reconnu l’odeur des villes d’Espagne, une odeur si particulière, ressemblant à celle du pain, mais pourtant indescriptible dans son ensemble.

Aux portes de la ville, première auberge, personne. À la deuxième, je retrouve Méli. Sourire de se retrouver. Après de tumultueux- et oui, tumultueux - problèmes pour se retrouver dans le même dortoir, nous réussissons finalement à avoir deux lits côte à côte. Douche, lavage, jeux de cartes. Nous allons à l’épicerie ensemble, ce qui est miraculeux. Nous y retournerons plus tard pour acheter du pain, une baguette bien sûr. Nous passons de bons moments ensemble en parlant. Elle me dit avoir apprit beaucoup sur elle-même durant ce voyage, surtout sur ses faiblesses. J’ai beaucoup appris sur des forces que je ne croyais pas avoir. Je peux avoir plus de volonté que je ne l’aurais cru. Je découvre aussi que physiquement, je peux si seulement cela m’intéresse un tant soit peu et s’il y a un but intelligent derrière. Et puis, je me rends compte que je me débrouille beaucoup mieux en anglais que je ne l’aurais cru.

Maintenant, il est 8h20 et tout le monde mange. Évidemment, car les européens mangent beaucoup plus tard que nous. Hier soir, j’ai terminé Les Coloriés. J’ai adoré ce livre. J’en garde deux leçons fondamentales que j’essaierai de maîtriser :

1° Ne jamais refouler ses sentiments. Donc pleurer, chialer, sourire si l’on en a envie.
2° Dire la vérité, être honnête, peu importe les conséquences.

Si j’étais professeur de philosophie, Les Coloriés ferait très certainement parti des livres que mes étudiants auraient à lire!

J’ai proposé à Méli de s’écrire mutuellement une lettre à la fin du voyage pour se dire ce que l’on a appris de l’autre. Elle a accepté.

Il ne reste que 3 étapes. Demain, destination Belorado, 23 kilomètres.

En photos

Dans l'ordre de présentation :
(1) Sur le chemin, on voit au loin d'autres pèlerins.
(2) L'une des églises de Santo Domingo de la Calzada.
(3) Méli, qui ne s'attendait pas du tout à ce que je la prenne en photo.

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