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Les plans de relance : une démarche condamnée d'avance
Publié le 06 février 2009 par Loïc Abadie1) Avec la crise, les ménages auront tendance à se remettre à épargner, vu qu'ils seront moins confiants dans l'avenir.
Le passage d'un taux d'épargne de 0% (situation d'avant-crise aux USA) à un taux d'épargne normal de 8% (moyenne historique) retirerait 800 milliards à la consommation.
2) Il y a environ 35000 milliards de dettes en excès dans le système US (en faisant l'hypothèse d'un retour à des ratios d'endettement normaux de 100% du PIB). Si cet excès était résorbé sur 15 ans (sous forme de remboursement et de faillites), cela représenterait environ 2300 milliards de $ annuels.
3) La croissance artificielle d'avant-crise était basée sur un flux annuel d'accroissement de la dette de 4000 milliards de $ par an (valeurs moyennes observées en 2006 et 2007).
Si l'état veut compenser par ses interventions les effets de la crise, il devra à la fois :
- compenser le retour des ménages à un taux d'épagne normal.
- compenser la réduction de la dette en excès (faillites et remboursements de crédits).
- rétablir l'accroissement de la dette à son niveau précédent, puis l'amplifier (vu qu'une croissance basée sur une fuite en avant dans le crédit nécessite une hausse exponentielle de la dette, chaque $ de dette en plus ayant de moins en moins d'effet, de même qu'un drogué a besoin de doses toujours plus fortes).
Au total, il faudrait pour commencer injecter 7100 milliards (800 + 2300 + 4000) dans l'économie chaque année. Soit l'équivalent de 8 plans Obama par an.
Ces montants impliqueraient :
- Un déficit public égal à 45-50% du PIB.
- Une doublement de la dette publique nette US en moins d'un an.
Inutile de dire qu'un état qui se lancerait dans ce type de solutions ne trouverait plus de financeurs très rapidement et serait mis en situation de faillite. Aucune politique économique au monde, même proposée par un prix Nobel d'économie, ne peut permettre la poursuite éternelle d'un schéma de Ponzi.
Certains répondront « un coup d'inflation et tout repart comme avant »...Ont-ils simplement une idée de la gravité de la crise au Zimbabwe ?
Parce qu'il faut bien être conscient que ce n'est pas une inflation "gentille" à 7-10 % / an qui règlerait les problèmes actuels : il faudrait à ce rythme plus de 10 ans pour résorber l'excès de dette, et entre temps, la hausse des taux aura achevé le peu de résistance qui reste à nos économies...Sans compter que résorber l'excès de dette ne permettrait même pas à la machine de repartir (si on vise le rétablissement du système précédent), vu que notre système avait besoin d'une hausse exponentielle de la masse de crédit pour rester à flot.
Donc :
- Les plans type Obama, Paulson ou autres échoueront aussi rapidement que les précédents, et ne réussiront qu'à dégrader la situation financière des états qui les mettent en place. Si ils persistent dans leur impasse keynésienne, les dirigeants vont se trouver de plus en plus dépassés par la situation à chaque mois qui passe (ils le sont d'ailleurs déjà) :
Les états devront devenir à la fois :
- Banquiers.
- Constructeurs automobiles.
- Promoteurs immobiliers.
- Assureurs
- Transporteurs aériens
- Employeur universel
(...etc)
Au final, nous aurions des états qui récupèreront toutes les dettes en excès du système, mettraient en place une véritable « Union des Républiques socialistes des Etats-Unis et d'Europe »...République qui ferait bien vite faillite comme ses prédécesseurs parce que les pays émergents et les producteurs de matières premières n'auront aucun intérêt à continuer à fournir un groupe de pays dont les états sont devenus insolvables et produisent une monnaie de singe sous le prétexte de « relancer leur économie ».
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