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Changement climatique : des modèles plus fiables pour prévoir le futur

Publié le 08 février 2009 par Benjamin Tolman
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France - Reconstruire les climats passés pour mieux comprendre le présent et prévoir le futur, tel est l'objectif principal du projet Margo. Une équipe internationale a en effet reconstitué les températures de l'océan au cours du dernier maximum glaciaire, survenu il y a environ 20 000 ans. Les chercheurs ont pu identifier certaines faiblesses des modèles climatiques actuels, qu'ils espèrent parfaire pour mieux anticiper les changements à venir.

Témoin direct des changements climatiques actuels, l'océan s'avère également un excellent révélateur des climats passés, notamment grâce à l'étude de carottes de sédiments marins. Ces données sont indispensables pour mieux comprendre notre système climatique et en prévoir l'évolution future.

Il s'agit également de l'un des rares moyens pour évaluer les performances des modèles climatiques utilisés actuellement par le Giec. Pour cela, les scientifiques confrontent les simulations numériques fournies par ces modèles à des reconstructions de la température de surface de l'océan lors de périodes passées relativement stables. Tel est le cas du dernier maximum glaciaire, il y a 21 000 ans, une époque où les conditions climatiques étaient radicalement différentes d'aujourd'hui.
A la fin des années 70, une première reconstitution des températures au cours du dernier maximum glaciaire, appelée Climap, a été établie. Version actualisée de ce travail, le projet Margo (Multiproxy approach for the reconstruction of the glacial ocean surface), a réuni des chercheurs allemands, espagnols, français, norvégiens, américains, canadiens et australiens.

Première découverte de Margo : la couche de glace qui recouvrait les mers nordiques et le nord de l'océan Atlantique Nord lors du dernier maximum glaciaire ne se maintenait pas tout au long de l'année, comme le supposait Climap. Au contraire, elle fondait partiellement en été, fournissant ainsi la vapeur d'eau nécessaire à la croissance et au maintien des grandes calottes polaires en Europe.

En outre, Margo a souligné la présence, dans tous les bassins océaniques, d'importants gradients de température est-ouest. Or, ceux-ci ne sont pas reproduits par les simulations du climat du dernier maximum glaciaire (obtenues avec les modèles du Giec). Par exemple, Margo révèle un refroidissement plus important le long des côtes européennes que le long de la côte ouest du bassin Nord-Atlantique, alors que les modèles prédisent l'inverse.

En offrant la possibilité de tester ces modèles, Margo devrait permettre d'améliorer la prédiction des changements climatiques et de leurs conséquences.


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