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Ça va mal… Et bien…

Publié le 16 février 2009 par [email protected]

Mauvaise nouvelle : le 5 février, Le Triomphant et l’HMS Vanguard, deus sous-marins nucléaires lanceurs d’engins respectivement de la Marine Nationale Française et de la Royal Navy se sont heurtés alors qu’ils étaient en immersion dans l’océan Atlantique. Les deux bâtiments ont été endommagés dans l’accident mais il n’est pas fait état d’avaries sur les installations nucléaires. Les navires ont rejoint, escortés, leurs bases respectives de l’île Longue et de Faslane. Un paradoxe : des sous-marins à propulsion nucléaire de très grande taille, équipés de missiles balistiques stratégiques à charge nucléaire, ainsi que torpilles et de missiles aérodynamiques à changement de milieu de très longue portée et d’armes anti-navires pour leur auto-défense (le genre d’engin capable d’irradier la Terre quelques dizaines de fois en éradiquant toute forme de vie du globe) ne sont pas capables de détecter un autre objet à quelques mètres d’eux. Pourtant ce n’est pas faute de posséder des sonars de dernière génération…

SNLE

Autre mauvaise nouvelle, dans l’espace maintenant. Le 10 février (à 4h55 TU), deux satellites, le commercial Motorola / Iridium-33 (560 kg) et un appareil cosmique militaire russe Cosmos-2251 (900 kg), se sont percutés à environ 800 km au dessus de la Sibérie. La première collision entre deux satellites intacts de l’Histoire. Espérons la dernière puisqu’une partie des débris sont retombés sur les État-Unis, l’autre est toujours en orbite et menace à présent plusieurs satellites de télécommunication ainsi que la Station Spatiale Internationale et le télescope spatial Hubble, même si les risques sont assez faibles. Ces risques sont cependant plus élevés pour des satellites d’observation de la Terre se trouvant sur une orbite plus proche du lieu de l’impact. Cette nouvelle n’arrange d’ailleurs pas les affaires d’Arianespace qui a du différé le lancement de plusieurs satellites de télécommunications par une fusée Ariane 5 à cette semaine.

Finissons donc par une bonne nouvelle : le satellite CoRoT a fait la découverte le 7 février de la plus petite planète tellurique. Avec un diamètre d’à peine deux fois celui de la Terre, cette planète, baptisée COROT-exo-7b, ressemble de très près à la nôtre puisqu’elle est rocheuse et peut-être recouverte d’océans. Étant très proche de son soleil (période de révolution : vingt heures), la température moyenne à la surface doit avoisiner les 1000° C. La technique qui a permis de détecter cette planète est celle du transit, c’est-à-dire que lorsque la planète passe devant l’étoile, elle masque une certaine quantité des rayons lumineux, rendant ainsi la luminosité un peu plus faible. Une fois la planète passée, la luminosité retrouve tout son éclat. C’est donc cette faible diminution de luminosité qui a permis au satellite CoRoT de déceler cette exoplanète. Cette découverte majeure va surement permettre de débloquer les fonds pour lancer d’autres satellites du genre au cours de l’année, dans le cadre de l’année mondiale de l’astronomie. Les scientifiques sont très optimistes : il y a de grandes chances que cette planète abrite la vie, même si à une telle température, seule l’existence de microorganismes paraît envisageable. L’étoile hôte de COROT-exo-7b se situe à plus de 140 parsecs de la Terre, entre Sirius dans la constellation du Grand Chien et Betelgeuse dans Orion ; nous la voyons donc telle qu’elle était en 1553. Dans l’état actuel des technologies humaines, un voyage habité ne serait donc pas envisageable ; cependant cette découverte qui suscite beaucoup d’enthousiasme au sein des scientifiques leur laisse imaginer l’éventualité d’envoi d’une sonde intersidérale, telles les Pioneer et Voyager, premiers engins de l’Humanité à avoir quitté l’héliosphère (délimitée par l’héliopause : limite de l’influence magnétique du Soleil).

Ci-dessous, vue d’artiste d’une planète-océan, variété hypothétique de planète intégralement recouverte d’un océan d’eau (sous tous ses états) d’une profondeur d’une centaine de kilomètres, ainsi qu’éventuellement de lave par endroits. Voici donc à quoi pourrait ressembler COROT-exo-7b, une planète presque jumelle de la Terre donc, et à l’heure actuelle la planète qui ressemble le plus à la nôtre.

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