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Barrage contre le Pacifique. Sortie Belge 11/2

Par Michcine

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Indochine 1931. Dans le golfe du Siam, une mère survit tant bien que mal avec ses deux enfants, Joseph (20 ans) et Suzanne (16 ans), qu'elle voit grandir et dont elle sait le départ inéluctable.
Abusée par l'administration coloniale, elle a investi toutes ses économies dans une terre régulièrement inondée, donc incultivable. Se battant contre les bureaucrates corrompus qui l'ont escroquée, et qui menacent à présent de l'expulser, elle met toute son énergie dans un projet fou: construire un barrage contre la mer avec l'aide des paysans du village. Ruinée et obsédée par son entreprise, elle laisse à Joseph et Suzanne une liberté quasi-totale. C'est alors que M. Jo, fils d'un riche homme d'affaires chinois tombe sous le charme de Suzanne. La famille va tenter d'en tirer profit…

Date de sortie :  11-02-2009

Durée : 115 minGenre : Drame

Réalisé par :
Rithy Panh
Avec entre autres :
Isabelle Huppert, Gaspard Ulliel, Astrid Bergès-Frisbey, Randal Douc, Duong Vanthon

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MARGUERITE DURAS
DE L’INDOCHINE FRANÇAISE AU QUARTIER LATIN (1914-1939)
La jeunesse indochinoise (1914-1932)
Marguerite Donnadieu naît en 1914 en Cochinchine, à Gia-Dinh, près de Saigon. Son père, Henri, professeur de mathématiques originaire du Lot-et-Garonne, et sa mère, Marie, institutrice originaire du Nord, ont quitté la France pour les colonies au début du siècle. Marguerite a deux frères aînés, Pierre et Paul. Jusqu’au départ du père en France en 1918 pour des raisons de santé, la famille Donnadieu a su progresser dans la hiérarchie, le père ayant été nommé directeur de l’enseignement en Cochinchine.
Mais sa mort en France en 1922 change la situation. Marie revient en métropole avec ses trois enfants, elle cherche à récupérer la maison familiale de son mari, échoue, puis repart en Indochine en 1924 comme le lui impose son statut de fonctionnaire coloniale. La famille revient donc à Phnom Penh, puis, grâce à l’insistance de la mère auprès des autorités coloniales, à Vinh Long, poste de brousse de la Cochinchine.
De ces deux années passées en France, Marguerite gardera peu de souvenirs. Ce sont les années qui suivent qui sont déterminantes pour son oeuvre, passées d’abord dans la ville de Vinh Long puis dans celle de Sadec ; elle y fait la découverte de la campagne indochinoise.
En 1928, la mère achète une concession au bord du Pacifique, dans laquelle elle met tout son argent. Elle s’y installe avec Paulo et Marguerite, qui vivent alors dans la nature en contact permanent avec la population indigène, parlant le vietnamien. C’est dans ce cadre-là que Marguerite placera l’histoire d’Un barrage contre le Pacifique. Les terres sont incultivables. Ruinée, la mère décide de quitter la concession. Depuis 1929, Marguerite va au lycée français de Saigon et loge dans la pension de Mlle C. À Saigon, elle rencontre Léo, celui qui deviendra dans la fiction l’amant chinois, elle rencontre aussi Anne-Marie Stretter, jeune élève comme elle du lycée français et que la fiction transformera en un personnage récurrent du cycle de l’Inde (du Ravissement de Lol. V. Stein à India Song). À l’été 1931, les Donnadieu reviennent en France d’abord au Platier dans la famille du père, puis à Paris. Ce furent quelques mois difficiles, marqués par le manque d’argent, par la violence de l’aîné qui venait voler la mère.
Durant cette période, la jeune Marguerite commence à écrire pour elle, des nouvelles, des poèmes, dont il ne nous reste que quelques lignes. En 1932, la famille retourne en Indochine, Marguerite retrouve le lycée pour passer son second baccalauréat. Ses résultats scolaires sont excellents. En septembre 1933, elle quitte définitivement l’Indochine, la mère et le « petit frère », pour Paris où elle vient faire ses études. Toute cette période constituera l’un des terreaux de l’oeuvre de Duras: la mère, les frères, la violence, la nature, l’Indochine, le monde des colonies… autant de motifs qui parcourent ses livres.
Les débuts de l’indépendance (1932-1940)
À Paris, elle s’inscrit à la faculté de droit et suit parallèlement des cours de mathématiques spéciales. Elle mène une vie agitée, se crée un premier groupe d’amis, pour la plupart militants antifascistes. Mais Marguerite reste à l’écart de l’agitation politique. En 1935, sans prévenir, elle déserte l’université et entre pour six mois à l’Armée du Salut s’occuper des déshérités. Elle rencontre à la fin de cette année-là Jean Lagrolet. Ils partagent leur passion pour la littérature, désireux l’un et l’autre de devenir écrivains. Le jeune homme lui fait découvrir la littérature américaine et notamment Faulkner, mais aussi les anglais T. S. Eliot et Joseph Conrad. Il l’initie aussi au théâtre. Marguerite s’inscrit à l’École des sciences politiques. Ses résultats sont excellents et sa capacité de travail énorme. Elle lit et étudie.
Contrairement à bon nombre de jeunes étudiants de l’époque, elle ne s’engage ni dans les rangs d’une droite aux sympathies fascistes, celle de l’Action française, ni dans ceux de la gauche qui accède au pouvoir en 1936 avec le Front populaire. Jean Lagrolet lui présente deux de ses amis, Georges Beauchamp et Robert Antelme, eux aussi étudiants. C’est la première bande d’amis de Marguerite Duras. Elle quitte Jean Lagrolet pour Robert Antelme qui deviendra son mari en 1939. En 1938, elle entre au ministère des Colonies au service intercolonial d’information et de documentation.
Pour le ministère, elle écrit L’Empire français, ouvrage sur les vertus et les grandeurs de l’empire colonial, publié en 1940. En septembre 1939, c’est la déclaration de guerre contre l’Allemagne nazie. Le 6 juin 1940, c’est l’invasion allemande, puis l’armistice, le gouvernement de Vichy. Marguerite quitte d’abord Paris, puis démissionne du ministère et revient à Paris en septembre. Elle emménage avec Robert Antelme rue Saint-Benoît dans le quartier de Saint-Germain-des- Prés.
L’AFFIRMATION DE L’ÉCRITURE (1940-1964)
La guerre et la Libération : de l’engagement politique à l’écriture (1940-1950)
Rue Saint-Benoît, c’est le début de l’écriture avec la rédaction et la publication de deux romans, Les Impudents en 1943 et La Vie tranquille en 1944. Mais c’est aussi le début de l’engagement politique, d’abord comme membre actif de la Résistance, puis comme membre du Parti communiste français.
Certes, en1941 et 1942, Marguerite et Robert travaillent dans les ministères de la France collaboratrice, elle au Comité d’organisation du livre qui choisit les livres à publier en répartissant le papier entre les différentes maisons d’édition, lui au ministère de l’Information. Mais dès 1943, les ministères deviennent les lieux d’une résistance invisible à laquelle participent Marguerite et son mari, avant de devenir des résistants actifs. C’est dans ces années-là qu’elle rencontre Georges Beauchamp, résistant, Raymond Queneau, et surtout Dionys Mascolo, qui travaille depuis peu chez Gallimard, qui deviendra son amant, le père de son enfant et l’ami indéfectible de Robert. La rue Saint-Benoît devient un refuge, un foyer de résistance. Mais Marguerite ne rompt pas pour autant avec ses voisins Ramon et Betty Fernandez, collaborateurs affichés. Des années plus tard, elle fera même un magnifique portrait de Betty dans L’Amant. En 1944, Robert Antelme est arrêté, puis déporté. Il revient du camp de Buchenwald en mai 1945, plus mort que vif. Sur cette période, Duras écrira La Douleur (1985), roman qui en retranscrit les instants les plus douloureux et les plus ambigus. En 1944, Marguerite est entrée au Parti communiste. Elle devient une militante active. L’appartement de la rue Saint-Benoît devient un lieu d’intenses échanges, un lieu ouvert sur le monde. Mais l’esprit indépendant de Marguerite, qui divorce de Robert en 1946 et a un enfant de Dionys en 1947, Jean, se libère vite des diktats imposés par le Parti.
En 1949, elle quitte le Parti. En 1950, elle publie un troisième roman, un succès, Un barrage contre le Pacifique, qui rate de peu le prix Goncourt. Grâce aux droits perçus sur les ventes d’Un barrage contre le Pacifique, elle achète une maison à Neauphle-le- Château, puis un appartement à Trouville face à la mer. Ils deviendront des lieux phares de l’écriture durassienne

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