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Médias d'Outre-mer: la métropole devrait suivre leur exemple !

Publié le 19 février 2009 par Forrestgump54
Dès le début de la crise en Outre-mer, les médias locaux se sont efforcés d'ouvrir leurs antennes, relayant les revendications sociales, multipliant les émissions de débats, de décryptages, ouvrant des forums de discussions sur Internet, assumant même une forme d'engagement politique aux côtés des grévistes. Une effervescence qui tranche avec les pratiques compassées des médias métropolitains. Alors que la crise sociale a connu un nouveau tournant cette nuit, en Guadeloupe, avec la mort d’un syndicaliste, vraisemblablement « tué par une balle tirée depuis un barrage tenu par des jeunes », les médias sont en pleine effervescence.En première ligne à RFO, Luc Laventure, directeur des antennes de la station l’expliquait à sa manière « nous sommes des peuples d’oralité donc la parole complexe de l’outre-mer est au centre de nos préoccupations ». Pour les métropolitains, seul le visionnage des débats quotidiens sur les antennes de RFO permet d’ailleurs de se faire une idée de l’ampleur des enjeux.
Des médias porte-voix des revendications sociales
Forts de ce constat, la plupart des médias d’Outre-mer ont mis en place des émissions de débat spéciales, des forums, des espaces de libre expression. Selon l’Agence France Presse, depuis le début de la grève France O ou encore Radio Tropiques FM, constatent une forte augmentation de la fréquentation des sites internet, « les standards explosent et les programmes spécial crise connaissent un grand succès ». C’est en toute conscience que ces médias ouvrent leurs antennes à une parole critique et se sont largement faits les porte-voix des revendications des grévistes, venant ainsi contre balancer le retard à l’allumage des médias de la métropole.
Les journaux « téléguidés » de la métropole
Au sein de ses deux tranches d'info quotidiennes, France O consacre entre cinq et sept sujets à la grève. Les séances de négociation avec le LKP ont été diffusées en direct. Et depuis lundi, une émission décrypte la crise, tous les soirs de 19h30 à 20h30. En contre-point, sur les forums de France O, revient souvent le thème des médias téléguidés de la métropole : « M. Domota n’a pas les faveurs des médias, difficile de l’apercevoir au Journal Téléguidé de 20 heures, dans ce pays les journalistes ont une telle tradition de soumission que pas un n’a osé poser à M. Sarkozy la moindre question sur le conflit en Guadeloupe », peut-on y lire.Les médias antillais reprochent largement au président sa discrétion. Son absence, interprétée comme une crainte de ne pouvoir maîtriser son image, est perçue comme une véritable marque de mépris.
Des éditorialistes légitimant des méthodes quasi-insurrectionnelles
Les journalistes, eux aussi, ont d’emblée adopté un ton très militant tranchant avec les habitudes métropolitaines. Luc Laventure, toujours lui, constatait aujourd'hui même sur RFO que le début de la grève coïncidait avec le jour de l’investiture d’Obama « et l’élection d’un nègre, non pas d’un métis comme on le dit, a agi comme un puissant stimulant. Le compromis savamment organisé jusqu’ici en Martinique et en Guadeloupe s’est subitement rompu et va déboucher sur des violences. On peut le regretter mais on peut aussi dire en étant démocrate et républicain que cela va déboucher sur des progrès considérables ».Imaginez un Duhamel — ou l'un de ses clones médiatiques — légitimant des méthodes quasi-insurrectionnelles sur des antennes nationales! On peut toujours rêver…
Perestroïka médiatique
Les verrous sautent un à un. Ainsi, sur France O (station du groupe RFO) on a pu voir un journaliste demander à son directeur d’antenne, en direct : « RFO, dans cette crise organise les espaces de paroles, mais quelle est la ligne de la station ? ». Pure folie dans nos contrées métropolitaines.Et le directeur, nullement gêné, de répliquer du tac au tac : « on a joué notre rôle de miroir des réalités locales, le dialogue était bloqué, on a fait circuler les paroles, on a fait notre boulot et nous en sommes fiers », assumant ainsi d’avoir ouvert ses antennes à la diaspora très largement solidaire du mouvement, autant que la propre solidarité de ses équipes avec les grévistes. Un vrai souffle d’air frais que d’entendre parler d’une grève en échappant aux aberrations coutumières sur « les prises d’otages des usagers ». Peut-être pourrait-on en prendre de la graine ?Philippe MARX - Agir ! Réagir !

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