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Un homme est mort en Guadeloupe. Le gouvernement a eu tort de jouer le pourrissement

Publié le 19 février 2009 par Gezale
Le gouvernement a eu tort de jouer le pourrissement. Yves Jego, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, a eu tort de rentrer en France sans que le conflit en cours en Guadeloupe et en Martinique soit terminé. François Fillon, Premier ministre, a eu tort de ne pas prendre toute la mesure des revendications des Antillais. Et enfin, Nicolas Sarkozy a eu tort de ne pas avoir prononcé, depuis quatre semaines de grève générale, un seul mot pour les Guadeloupéens victimes d'un système néocolonial (les blancs aux manettes et les autres…) et de la vie chère.
L'autre nuit, un homme est mort à un barrage improvisé dans des conditions qu'une enquête de police déterminera. C'est dire le niveau insurrectionnel atteint par le conflit. Et quand on entend le discours viril et répressif de Mme Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, on se pose des questions sur le sens politique de cette soi-disante responsable qui vient de trouver la réponse aux problèmes en envoyant quatre escadrons supplémentaires de gendarmes mobiles à Pointe-à-Pitre ! Que cherche le gouvernement ? Une provocation encore plus humiliante ? Yves Jego a fait des promesses qui n'ont pas été tenues (voir le Canard enchaîné). Et il a quitté l'île. Un drame de l'impuissance politique.
Hier soir, Nicolas Sarkozy a été très bref sur la Guadeloupe et la Martinique. Il a annoncé sa rencontre avec les élus des îles…mais il aurait tort, fidèle à la « Karchérisation » des problèmes, de mettre de l'huile sur le feu ou de jouer les matamores. Son rôle de président le contraint à rechercher l'unité entre les îles et la métropole (et non « la France » comme l'a maladroitement dit M. Jego sur la 5) et surtout à comprendre la réalité du malheur et du mal-être qui frappent les Antillais, surtout les jeunes au chômage pour 50 % d'entre eux. Ce qu'ils veulent ? L'égalité et la dignité. Si le président n'indique pas qu'il va tout faire pour éteindre le feu, mettre fin au chaos, satisfaire des revendications jugées essentielles par les responsables syndicaux, alors on aura compris que Nicolas Sarkozy n'est pas un homme d'Etat mais seulement un chef de clan. Celui des békés et des bellicistes.

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