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Secret bancaire suisse : délicieuse agonie

Publié le 19 février 2009 par Kalvin Whiteoak

C’est vrai que la FINMA a de nouveau fait n’importe quoi, faisant appel aux articles 25 et 26 de la LFB pour justifier une intervention urgente injustifiable au travers de ces dispositions, même en les tordant à 180 degrés.

A croire qu’elle se prend pour le Conseil fédéral appliquant des dispositions constitutionnelles sur l’urgence  avec de fortes lunettes noires … alors qu’en réalité elle ne fait, in extremis,  que protéger Kurer d’un séjour forcé de longue durée aux USA, et pas à l’ombre des cocotiers de Key West.

ange gardien du secret bancaire défunt

Mais bref, elle l’a fait, on ne pourra donc pas revenir là-dessus et finalement c’est tant mieux. Car le fond du problème se situe dans la nécessaire explosion du secret bancaire dans sa forme actuelle.

Depuis hier, et singulièrement encore ce matin sur les ondes de la RSR on a pu entendre les jérémiades des banquiers et autres représentants de la droite et cupides thuriféraires du secret bancaire. Leur discours était navrant, et surtout ils ont démontré que pour eux, le business passe par la nécessité de ce fameux secret. Donc par la nécessité de tricher quelque part.

Car qui ne triche pas n’a pas besoin de s’abriter derrière un risque de voir son nom divulgué aux autorités fiscales. Et c’est bien là tout le problème.

La fameuse place financière suisse n’a jamais rien inventé de génial, sinon le fait d’ériger en industrie l’occultation de sommes aux fiscs étrangers .. et au fisc suisse. Ce business n’est ni moral, ni éthique ni souhaitable, et tant pis finalement si les banquiers perdent un paquet de plumes dans cette affaire, ils l’ont tellement bien cherché que cela leur revient en plein poire comme un boomerang bien lancé.

Il n’y a aucune justification éthique au secret bancaire en matière fiscale. Il n’y en a jamais eu d’ailleurs. Il n’y a pas plus de justification éthique à une industrie qui ne repose que sur l’exploitation de cette situation.

En plus, sur le plan technique, il y a bien longtemps que les fiscalistes un peu avisés (les vrais donc, pas les avocats qui croient y avoir compris quelque chose)  ne travaillent plus sur des paradis fiscaux, mais sur des structures beaucoup plus fines et redoutables, que même le fisc US mettra passablement de temps à démonter, si seulement il y parvient un jour. Et on ne parle même pas ici du fisc suisse, qui en ignore totalement les formes, les tenants et les aboutissants.

Et ces structures ont ceci de particulier qu’elles ne nécessitent pas de cacher quelque chose, qu’elles ne requièrent aucun pays particulier pour abriter quelque chose, mais qu’elles permettent aux grands groupes industriels et commerciaux internationaux de régler le débit de leur taux d’imposition globale comme ils l’entendent.

Les banquiers suisses sont les seuls au monde à faire semblant de croire encore que le secret bancaire sert à quelque chose. Leur discours sent la fin du 19e siècle et l’absence totale d’adaptation au monde actuel, la cupidité aussi, puisque en ouvrant une bréche béante dans des conditions pour le moins discutables, la FINMA leur enlève le pain blanc de la bouche.

Enfin.

Billet du blog ouVertures.info, une autre lecture de l'info. Reproduction selon conditions.

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