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Le rock ce n'est pas simple

Publié le 19 février 2009 par Corboland78

Il y a encore une trentaine d'année le rock était une musique relativement marginale et pour être informé sur le sujet il fallait acheter des journaux spécialisés anglo-saxons comme le Melody Maker ou le New Musical Express pour les Anglais et Rolling Stone ou Creem pour les Américains. Pour les disques, qui n'étaient pas distribués en France ou bien avec retard, nous allions chez des disquaires « pointus » comme Lido Music sur les Champs-Elysées, Givaudan rue du Bac, Music Action à l'Odéon et parfois Le Discobole à la Gare Saint-Lazare, acquérir nos précieux vinyles en Import qui nous coûtaient la peau des fesses. Quand les premiers disques pirates arrivèrent c'est l'Open Market rue du Roule qui devint notre fournisseur. Le son était souvent pourri mais nos oreilles encore vierges s'émerveillaient d'un rien. Des concerts enregistrés sur des minicassettes (je ne sais pas si vous avez connu ces magnétophones rudimentaires ?) convertis en 33 tours qui construire la légende, je me souviens de mon premier pirate des Stones « The Greatest Group on Earth » au son encore acceptable ou d'un Cream totalement inaudible à la pochette cuivrée qui me faisaient entrer dans la confrérie des mecs initiés, aujourd'hui on dirait « branchés ». A la radio quelques émissions diffusaient notre musique chérie, Salut les Copains l'historique du temps des yéyés, puis plus tard sur France Inter quelques dizaines de minutes pendant le Pop Club de José Arthur. Et puis basta ! C'était tout. Mais c'était aussi la grande époque bénie du rock qui a vu naître tous les courants musicaux et tous les plus grands musiciens du genre.

Aujourd'hui vous désirez un disque vous passez une commande chez Amazon et il arrive dans votre boîte aux lettres 48h après. Ce week-end Eric Clapton et Jeff Beck vont donner des concerts communs au Japon, la semaine prochaine ils seront téléchargeables via Internet ! Et avec les technologies modernes, un minuscule magnétophone numérique permet des enregistrements d'exception. On a même des vidéos de concerts piratés, parfois excellentes elles aussi. C'est extraordinaire autant que décevant, car tout le plaisir de la traque, de la recherche de l'objet rare disparaît. Tout le monde peut tout avoir tout de suite. Les « bons plans » sont connus de tous ce qui en réduit leur intérêt. La musique rock est entrée dans la vie de tous et plus sa propagation s'est étendue, plus sa qualité s'est dégradée. De l'artisanat nous sommes passés à la production de masse et qui dit production de masse dit aseptisation. Bien sur il reste encore un deux bidouilleurs de génie dans un coin, mais si peu qu'ils sont l'exception qui confirme la règle.   


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