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Les gestionnaires gesticulants

Publié le 20 février 2009 par Christinacarrucci
L'avez-vous remarqué ?
J'avoue n'y avoir jusqu'à présent prêté qu'une attention distraite. Mais ce matin, allez savoir pourquoi, l'évidence de "la chose" a chassé toutes les autres idées pour faire le siège de mon esprit abasourdi.
Je ne vais pas vous faire lanterner plus longtemps. Je viens juste de réaliser à quel point la gestion a phagocyté la vie. Celle de la société tout comme les nôtres, nous, petits rouages de cette machine infernale dont nous avons aujourd'hui perdu le contrôle.
Quel détestable paradoxe de reconnaître ne plus maîtriser notre économie et de s'obstiner à vouloir la "gérer" à tout prix selon des critères très souvent contradictoires voire incompatibles. L'homme a perdu ses bésicles. Sa myopie le condamne à la courte vue. Foin du regard porté vers l'horizon de notre condition humaine. Continuons donc à baisser nos nez de boeufs et à avancer à tâtons dans notre nuit spirituelle en suivant les lumières factices mais scintillantes des vi(ll)es mirages.
On est paumés, on le sait et on se tue à croire que la seule solution consiste à "gérer" cette grosse turbulence. Alors gérons. La crise ou plutôt les crises, la détresse, la peur, l'anxiété, le manque. Continuons à faire appel à nos spécialistes ! La technicité a été portée au nues. Les experts en technologies et les experts en gestion ont cru détenir les clés du monde dit moderne. L'omnipotence a été érigée en qualité suprême. Mais nous voilà pourtant plantés. Et méchamment.
Notre course hors de nous-mêmes nous a conduit dans un monde de pacotilles et de valeurs en trompe-l'oeil. Nous nous sommes égarés en massacrant notre maison avec nos jeux interdits. "Allô maman, bobo !"
La nature nous prépare la facture. Elle sera douloureuse. La machine à rêve s'est mutée en fabrique de cauchemars. Et nous sommes là à persister vouloir trouver une solution sortant de nos cartables de pitoyables gestionnaires. Notre raisonnement est bloqué sur le mode économique. Hors de l'économie point de salut, crient les gestionnaires dont l'affolement leur est de moins en moins dissimulable.
Mais qui sont ces gestionnaires ? La question est plutôt : qui n'est pas gestionnaire ? La classe politique avoue de facto son impuissance en gesticulant autour de ridicules marges de manoeuvre. La classe financière est empêtrée dans des scandales et un laxisme sans bornes. Les entrepreneurs ont les yeux rivés sur des tableaux de bord qu'ils n'ont de cesse de réviser de plus en plus fréquemment. Bref, tous les dirigeants sont des gestionnaires qui ne parviennent plus à gérer grand chose. C'est la panique. Une grosse perte de confiance dans toutes les composantes de notre magnifique système à exploiter, produire et consommer.
La faute à qui ? A la crise ? Quelle bonne blague ! Et d'où vient cette crise, à votre avis ?
De notre inconséquence. De notre incapacité à être des visionnaires portés par des valeurs humaines et spirituelles. De notre répugnance à partager. De notre peur à ouvrir nos bras. De notre fatigue à n'être que des consommateurs frustrés dans une société en perte de sens.
Les gestionnaires ont failli. Le soubresaut qui ne fait que commencer nous appelle à une réflexion individuelle et collective. Nul n'y échappera. La société est à réinventer. En privilégiant des valeurs collectives qui rejailliront sur notre bien-être individuel.
Oui, cette crise est une magnifique opportunité. Sachons la saisir pour ne pas tomber sur des lendemains sans nom.

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