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L heredite et l'alcoolisme (genetique)

Publié le 20 février 2009 par Mouze
alcool et heredite
Un excellent article à savoir si l'alcoolisme est héréditaire (génétique), voici un texte du Dr Benichou:
L'hérédité et L'alcoolisme (l'alcool un produit étrange et étranger)
Il n'y a point de réunions publiques sur le sujet de l'alcoolisme et il n'y a point, dans les établissements de soins, de groupes de paroles auxquels participent des alcooliques en traitement, sans que surgisse parmi les participants, à un moment ou à un autre la question angoissée : " Est-ce que c'est héréditaire? "
Il est impossible de répondre par oui ou non. D'abord le mot alcoolisme recouvre un ensemble de faits très complexes qui me font, personnellement , de plus en plus éviter d'utiliser le terme de "maladie alcoolique" ou de "malade alcoolique" au singulier. Ceux qu'on nomme alcoolique sont des êtres en souffrance qui constituent une population très diverses. On utilise de plus en plus le terme, prudent, de "personnes en difficultés avec l'alcool". De quoi s'agit-il ?
Les boissons alcoolisées sont proposées comme "lubrifiant sociaux" et briseurs de soucis ( Freud ). La sollicitation socioculturelle est tellement intense que ceux qui ne boivent pas de boissons alcooliques sont regardées avec, au minimum, commisération, au pire suspicion, voire hostilité.. On peut donc considérer ce que nous nommerons la pression sociale, comme un facteur de risque à part entière. Les boissons alcooliques contiennent un produit psychoactif (modificateur des états de conscience) l'alcool, qui influence la psychologie des consommateurs, c'est à dire modifie la façon d'être au monde et la signification du monde en général.
Ne cherchons pas à préciser les doses nécessaire pour obtenir un effet, elle sont très variable. DE plus, elles se modifient avec le temps et l'entraînement mais aussi avec l'état de la personne au moment ou elle boit. En dépit de ce qu'il déclare, la maîtrise de cet effet échappe donc, en réalité, à la volonté de l'utilisateur. Nul doute que ces effets psychoactifs, au départ de la matière vivante, soient produits par l'ingérence chimique de l'alcool dans les laboratoires des cellules dont nous sommes composés. Ainsi, l'alcool contenu dans les boissons va être "brûlé" dans le foie et transformé en eau ( !!!) et en gaz carbonique( co2 ). Cette combustion nécessite des outils-à-oxyder qui sont des enzymes dont tous les individus ne sont pas pourvus de la même façon et c'est là que l'hérédité pointe le bout de l'oreille....
Quand on sait que les étapes intermédiaires de la combustion organique de l'alcool produisent des corps toxiques dont la neutralisation rapide dépend de l'équipement en enzymes (soumis à des variations héréditaires..) on peut conclure que les individus sont rigoureusement inégaux devant le "risque alcool"...Et ce n'est pas le seul facteur d'inégalité.. Il y a des gens qui souffrent de diverses formes de peurs sans raisons justifiées (ce que l'on appelle anxiété) et qui peuvent découvrir l'effet "bénéfique" de l'alcoolisation en tant que "produit à gommer les angoisses".. Ces personnes sont en risques de devenir malades de l'alcool.
Il y a d'autres personnes qui ne se sentent vraiment exister que dans des situations dites de "stress" : lorsqu'elles éprouvent des sensations fortes. Ces personnes-là ont aussi un risque d'utilisation abusive de l'alcool. Probablement, chez tous ces sujets que l'on dit "à risque", des facteurs héréditaires entrent en cause dans leur personnalité mais pas directement à propos du risque alcool.
On sait que le premier acte des conduites d'abus d'alcool se joue sur un phénomène qui va installer les condition de dépendance : l'augmentation de la tolérance à l'alcool. Cette augmentation de tolérance s'installe plus ou moins rapidement et plus ou moins facilement selon l'équipement génétique, donc augmenter plus facilement sa tolérance à l'alcool représente un facteur de risque. Au Départ, cette augmentation rapide de tolérance à l'alcool s'installe chez les sujets qui, n'en ayant jamais bu, présentent une moindre réaction à l'absorption d'alcool. L 'expérience a été rapportée par le Pr Marc Schuckit de San Diego sur une population de 454 personnes dans des conditions de rigueur scientifique parfaite. Schuckit a constaté que 40% des enfants d'alcooliques contre 5% des sujets contrôlés, ont une moindre intensité des réactions à l'absorption d'alcool avec une diminution des réactions dans le temps. On peut donc affirmer que "l'alcoolisme est héréditaire" mais que l'hérédité représente un facteur de risque, une vulnérabilité augmentée qui vient compléter les autres facteurs que sont la psychologie et l'environnement socioculturel.
" La dépendance à l'alcool apparaît comme un trouble influencé génétiquement. Les facteurs biologiques qui interagissent avec l'environnement pour développer le niveau final de constituer des problèmes sévères d'alcool, opèrent vraisemblablement à travers des mécanismes polygéniques et/ou dominants, avec une pénétrance incomplète." (1) Pr Schuckit Symposium de l'ISBRA, Bordeaux 1992
L'usage des alcools tel que nous l'entendons est relativement tardif dans l'histoire de l'humanité. Nous ne sommes dons pas génétiquement équipés pour "digérer" plus que de très petites quantités d'alcool ; celles produites par certains microbes dans l'intestin. Il ne peut exister de gène de l'alcoolisme comme il existe un caractère héréditaire du diabète car il y a belle lurette que les êtres humains consomment des aliments sucrés. Pour nous, l'alcool est un produit étrange et étranger.
Docteur Benichou
Moi je pense dans mon cas que j'avais une prédisposition génétique, un facteur de risque parce que dans la famille de mon père il y avait consommation excessive d'alcool. Mais ce n'est qu'un facteur de risque parce que n'y avoir jamais touché à cette alcool je ne serais pas alcoolique aujourd'hui.
Il y a aussi le fait de ma phobie sociale et de mon anxiété qui en prenant ce verre atténuais les effets de ces maladies si je peux dire, alors tout ça n'a fait qu'augmenter ma probabilité de devenir alcoolique.
Loin de moi l'idée de m'apitoyer sur mon sort parce qu'après deux ans d'abstinence je suis heureux aujourd'hui et content de moi, mon estime s'en trouve grandi.
Mouze Alcoolique

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